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Zimbabwe: un homme assassiné, des opposants arrêtés et torturés

Le gouvernement du Zimbabwe, acculé par une vague montante de contestations, a violemment réagi la semaine dernière en réprimant brutalement une réunion de prières organisée par une coalition d’associations incluant l’opposition. Cette funeste réunion de prières, prévue la semaine dernière par la coalition « Sauver le Zimbabwe », dans le quartier hautement symbolique de Highfields dans la banlieue de la capitale Harare, n’a même pas pu avoir lieu. Dans un pays aux lois sur les médias très répressives, ce sont les blogueurs et les sites d’informations en ligne qui ont informé le monde de ce qui se passait au Zimbabwe.

Les médias du Zimbabwe, propriété de l’Etat, se sont contentés de mentionner brièvement la violence et la brutalité policière, en en faisant porter la responsabilité au Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC). Frustré, Kutana Blogs [En] s’interroge :

« Les médias au Zimbabwe sont possédés et gérés par le régime de Mugabe. Donc, les conséquences de dimanche dernier, c’est-à-dire la couverture médiatique des événements , sont dans les mains de l’Etat. Les Zimbabwéens, depuis la nuit dernière, ont droit à un lavage de cerveau sur le banditisme du parti MDC, sur son absentéisme [au parlement] et sur la violence de l’opposition en général. Je me demande quand le mouvement pro-démocratie prendra son sort en main, en créant son propre réseau d’information et de médias. La majorité des Zimbabwéens n’ont pas accès à la TV par satellite, la couverture importante consacrée par la BBC au Zimbabwe hier soir n’est donc pas accessible à ceux qui veulent connaître la vérité”.

Cet homme (photo) Gift Tandare, a été assassiné par la police du Zimbabwe durant des affrontements qui ont eu lieu avant la réunion. De plus, on a tiré sur les personnes qui assistaient à ses funérailles, quelques jours plus tard. Maintenant, des informations circulent selon lesquelles la famille de Gift a été obligée d’exhumer son corps et de le livrer à la police, qui l’a emporté. Dans son hommage à Gift, mis en ligne sur le blog Black Looks [En], Isabella Matambanadzo écrit :

« Il se rendait à la réunion de prières. Il s’était engagé pour se joindre à d’autres chrétiens dans une prière collective pour demander une trêve des problèmes politiques et économiques que son pays affronte. Son crime : être un activiste du mouvement d’opposition Mouvement pour le Changement Démocratique. Repose en paix, Gift Tandare. Zorora Murugare ».

Pour la première fois depuis la formation du MDC, il y a sept ans, Morgan Tsvangirai, le fondateur du parti, a été victime d’une tentative d’attentat. Zimpundit[En] citant un témoin oculaire de l’agression de Tsvangirai, relate ainsi les faits .

« Un commando de choc basé à la caserne militaire de Cranborne à Harare est responsable d’actes de torture sur Morgan Tsvangirai et d’autres leaders d’opposition dimanche, selon un officier de police qui a été témoin de l’agression.

L’officier de police, qui est basé au commissariat de Machipisa, dans la banlieue de Highfield, affirme que Tsvangirai et d’autre leaders de l’opposition ont été torturés pendant deux heures par des soldats drogués, déguisés en officiers de police.

Durant un interview avec Zim Online, mardi, l’officier de police, qui ne peut être nommé pour des raisons de sécurité, a déclaré:

« Je fais partie de la police depuis trois ans, et j’ai pris part à des attaques contre des suspects. Mais ce que j’ai vu dimanche n’était pas un assaut. C’était une tentative de meurtre, surtout envers Tsvangirai, Madhuku et Kwinjeh (Grace, le secrétaire aux affaires internationales du parti MDC). Tsvangirai a perdu connaissance trois fois durant l'agression meurtrière ».

Presque une semaine plus tard, un Tsvangirai affaibli est sorti de l’hôpital pour effectuer sa convalescence chez lui. Une autre première a eu lieu, après l’arrestation et les tortures sur des dirigeants du parti MDC : les dirigeants des deux factions du parti ont été vus en train d’opposer un front uni au régime de Mugabe, pour la première fois depuis le schisme interne de 2005.

“Il semble que la plupart des supporters de l’opposition espèrent que l’unité et la solidarité affichées par les dirigeants du parti dans le prétoire puissent se poursuivre en dehors des murs du tribunal ou de la prison. Il semblent penser que les deux factions feraient du bien au pays si elles pouvaient forger une alliance transférable en dehors du tribunal, en s’assurant qu’il n’y ait qu’un parti MDC, unifié.

Deux fois, Tsvangirai n’a pas pu se lever.Deux fois, Mutambara, qui ne paraît pas avoir sérieusement été blessé, l’a aidé, en lui tapotant l’épaule pour l’encourager.

Plus de deux fois, les deux ont conversé à voix basse et ont fini par sourire et se serrer la main.

Si cela pouvait être plus qu’un geste au tribunal, semblaient suggérer les sourires des personnes présentes ».

Dans le débat parallèle qui s’est depuis engagé sur la blogosphère, Mugabe n’a pas seulement été condamné pour son traitement inhumain de ses sujets, mais des questions légitimes sur la place de Mugabe dans l’Histoire, et la légitimité de l’Afrique post-coloniale, ont été posées, dans des billets comme celui-ci, de Chippla[en]

« Le Zimbabwe peut être vu comme un cas d’école de tout ce qui peut dégénérer quand un combattant de la liberté se transforme en despote. Cet article de Wilipedia indique que l’économie du Zimbabwe a perdu 4.7% en 2007 ; un reportage sur la chaîne Al Jazeera en anglais indique, lui, que l’économie du Zimbabwe chutera d’environ 7.7% cette année. Dans la tourmente économique et politique, Robert Mugabe siège toujours tranquillement à Harare, et se dédouane de toute responsabilité dans les événements actuels.

On dirait que Mugabe ne se préoccupe absolument pas des Zimbabwéens. Il ne s’intéresse qu’au pouvoir. Autrefois un héros, il semble certain qu’il passera à l’Histoire dans les pages des tyrans et des dictateurs maléfiques. Mais la vraie tragédie est celle-ci : Pourquoi Mugabe, en tombant de l’état de grâce dans le désespoir, y entraîne-t-il avec lui toute la nation zimbabwéenne. Pourquoi ?”

Pour plus d’informations sur les brutalités policières au Zimbabwe, voir le site This is Zimbabwe [en], Kubatana Blogs [En] et SW Radio Africa[En].

Zimpundit

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