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Les Blogueurs Rebelles, de La Syrie à la Tunisie

Avez-vous déjà entendu parler des blogueurs rebelles? C’est ainsi que certains blogueurs du Moyen Orient se définissent eux-mêmes, car ils échappent à la norme en écrivant ce qu’ils pensent sur des blogs, sans se censurer,et en payant le prix de leur liberté d’expression plus tard.

Le blogueur tunisien Sami Ben Gharbia [Arabe] qui est aussi le coordinateur des actions pour la liberté d’expression de Global Voice, est un de ces blogueurs. Sami Ben Gharbia vit en exil en Hollande et a été invité à Dubaï pour participer à une émission de télévision sur les blogueurs arabes, un sujet qui soulève beaucoup d’intérêt depuis la condamnation du blogueur égyptien Kareem Nabeel Sulaiman à quatre ans de prison, pour ses écrits sur son blog personnel.

Sami Ben Gharbia, qui est intervenu durant cette émission, avec la blogueuse syrienne Roukana Hamour [arabe]et le blogueur égyptien Rami Seyyam [Arabe] nous donne son opinion dans cet interview.

Le blogueur avoue avoir été plus heureux de rencontrer deux autres blogueurs que d’apparaître sur le petit écran et de défendre devant les téléspectateurs l’importance des blogs et du journalisme citoyen.

و قد كانت حقا مناسبة رائعة أتاحت لي فرصة التعرف على إنسانين لطيفين، لكل منهما تجربته مع التدوين، و محنته مع الملاحقات الأمنية التي تجيدها أنظمتنا العربية التي، على اختلافها و فرقتها، إتفقت على مصادرة الكلمة الحرة حماية لدويلات الفساد الإداري و السياسي و المالي التي شيدتها.

فالسيدة ركانة حمّور تم اختطافها من منزلها خلال شهر رمضان الفارط و سيقت بملابس النوم في الشارع مكبلة بعد أن شهر في وجهها و وجه أبنائها الصغار السلاح الذي كان يحمله عناصر الأمن لجن

 

“C’était une formidable opportunité de rencontrer deux personnes de grande qualité, chacune avec son expérience propre des blogs et du stress engendré par les persécutions des forces de sécurité – un jeu que nos régimes arabe connaissent trop bien. En dépit de leurs différences, tous les gouvernements arabes semblent être d’accord pour confisquer la liberté d’expression afin de protéger les états de corruption administrative, politique, et financière qu’ils ont construits. Roukana Hamour, par exemple, a été kidnappée chez elle durant le dernier Ramadan et traînée dans la rue , en chemise de nuit, après avoir été tenue à bout portant d’une arme, devant ses jeunes enfants, par des membres des forces de sécurité », écrit-il

Sami Ben Gharbia nous amène en Syrie et nous explique pourquoi Hamour a été traitée de cette manière:

عملية اختطاف السيدة ركانة، في 15 أكتوبر 2006، و التي تمت دون أي أمر قضائي، كانت على خلفية التجائها إلى التدوين، بعد أن عجزت عن متابعة حقها عدليا، لفضح عدد من رموز الفساد الإداري و البنكي و القضائي الذين سلبوا منها حقها في وراثة أبيها الذي كان يُعد من أكبر وأشهر أصحاب رؤساء الأموال في الجمهورية السورية. فنظرا لوجود خلاف عائلي بينها و بين إخوتها تم حرمان ركانة من نصيبها الشرعي و الذي يبلغ الخمسمائة ألف دولار أمريكي, و تمت عملية سلبها من حقها بتواطئ مسؤولين كبار في الدولة السورية كوزير العدل السوري. و قد تعرضت السيدة ركانة لمضايقات عديدة من جهات مرتبطة بملف الفساد القضائي، .“

“L’enlèvement de Roukana, qui s’est déroulé le 15 octobre 2006, sans mandat d’arrêt judiciaire, a été la conséquence directe de ses activités de blogueuse. Quand Roukana n’a pas réussi à faire respecter ses droits par la voie judiciaire, elle a commencé à bloguer sur son expérience avec la loi et elle a révélé la corruption de l’administration, des banques, et de la justice, qui l’empêchait de prendre possession de l’héritage de son père. Son père était un homme d’affaires très important en Syrie. A la suite d’un différend entre ses frères et elle, Roukana s’est vue privée de sa part d’héritage, soit 500 000 dollars. Elle n’a pas réussi à se faire entendre devant la justice car le Ministre syrien de la Justice s’est impliqué dans ce dossier. Roukana a subi beaucoup de harcèlement moral pour avoir révélé la corruption du monde judiciaire », explique-t-il.

 

Sami Ben Gharbia relève que les persécutions dont Roukana Hamour a été victime n’ont reçu aucun écho dans les médias internationaux, ni de soutien des autres blogs et agrégateurs de blogs, qui font d’habitude campagne pour soutenir des blogueurs plus célèbres.

 

الشجاعة التي تسلحت بها ركانة في مواجهة آلة الفساد المالي و الجبروت الأمني السوري تعد من ألمع نماذج ملحمة التدوين العربية. هذا على الرغم من أن ركانة حمّور لم تلق أي دعم معنوي من وسائل الإعلام الغربية المُدمنة على تغطية “المدونين النجوم” و لا حتى من وسائل الإعلام البديلة التي لم تكتب عنها ولو حرفا واحدا، على عكس قناة الجزيرة التي أذاعت خبر اعتقالها. بل أن المنظمات العالمية للدفاع عن حقوق الإنسان و حرية التعبير لم تلتفت لحادث اختطاف المدونة السورية ركانة و باتت كالإعلام مولعة بالدفاع عن “المشهورين” أو “المؤهلين للشهرة” من بين المدونين من مصر و البحرين و السعوية و إيران الذين نجحوا إلى حد كبير في اختطاف الأضواء و التربع على عرش “التدوين الشرق أوسطي” إلى درجة أستحال معها الحديث عن ظاهرة التدوين في بلدان المشرق و المغرب دون الحديث عنهم.

“La détermination avec laquelle Roukana a affronté la brutalité de la corruption financière syrienne et de l’appareil national de sécurité est considéré comme l’un des exemples les plus frappants de résistance à travers les blogs dans le monde arabe. Malgré cela, Roukana Hamour n’a obtenu aucun soutien moral des médias occidentaux qui couvrent habituellement les activités d’autres « blogueurs stars ». Elle n’a pas n’ont plus attiré l’attention des médias indépendants , qui n’ont pas écrit une seule lettre à son sujet. Bien au contraire, Al Jazeera a annoncé son arrestation. Les organisations internationales de défense des droits de l’Homme n’ont pas accordé un seul regard à son enlèvement, trop occupés qu’ils étaient à protéger les droits des cyberdissidents célèbres d’Egypte, de Bahrain, d’Arabie Saoudite et de d’Iran, qui ont subtilisé l’attention et règnent en maitres sur le trône des blogueurs du Moyen Orient. Il est maintenant devenu impossible de parler des blogs du Moyen Orient et d’Afrique du Nord sans parler d’eux », déplore-t-il.

En dehors de la Syrie, Sami Ben Gharbia évoque aussi le sort de Seyyam, qui a fait un séjour derrière les barreaux.

أما المدون المصري رامي صيام، فإنك لن تجده على مدونات “نجوم التدوين المصرية” على الرغم من الصداقة التي تربطه بهم و على الرغم من انخراطه معهم في أهم محطات الحراك السياسي التي مرت بها المدونة المصرية، كتنظيم المظاهرات و المشاركة فيها و تنظيم أول حفل غنائي “غني يا بهية” تضامنا مع المدونين الذين تم اعتقالهم خلال مظاهرات مناصرة القضاة سنة 2006. فرامي الذي لم يدوّن منذ حادثة اعتقاله السنة الفارطة، أي منذ تدوينة “يوميات ايوب … سجينا”، لا يؤمن بتدوين مقطوع عن الشارع فهو ناشط سياسي أكثر من كونه مدون

“Vous ne trouverez par le blogueur égyptien Rami Seyyam parmi les stars de la blogosphère égyptienne malgré l’amitié qu’il partage avec la plupart d’entre eux et son implication à leurs cotés dans tous les mouvements politiques auxquels ils ont participé, comme l’organisation de manifestations et de concert (Sing O baheya) pour défendre la cause des blogueurs arrêtés pour avoir pris fait et cause avec les juges [égyptiens dissidents], en 2006. Rami n’a pas blogué depuis son séjour en prison. Il ne croit plus à l’utilité de bloguer loin de la rue et se voit plus comme un activiste qu’un blogueur ». explique-t-il.

 

Son entretien avec Seyyam a donné à Sami Ben Gharbia des idées, comme celle de rentrer dans son pays natal et de se battre sur le terrain.

 

إلى جانب أن رامي أقنعني بضرورة إرتباط المدون بالشارع إلى حد أنني صرت أفكر جديا في العودة إلى تونس و مواجهة مصيري هناك مهما كان الثمن،

“Seyyam m’a convaincu de l’importance de l’attachement du blogueur à la rue, au point que je songe sérieusement à rentrer en Tunisie et à affronter mon destin là bas, quel qu’il soit », écrit-il.

Sami Ben Gharbia partage aussi avec nous son histoire, celle d’un cyberdissident qui a quitté son pays pour vivre à l’étranger, d'où il mène une guerre virtuelle pour obtenir une meilleure patrie, plus de liberté et de respect des droits de l’Homme pour ceux qu’il a laissé derrière lui.

 

 

لقد كانت زيارتي لدبي هي الأولى التي أقوم بها لبلد عربي منذ لجوئي إلى هولندا سنة 1998. فبعد هروبي من تونس على إثر إيقافي من طرف أعوان أمن الدولة و التحقيق معي، ثم استدعائي للمثول أمام محققي وزارة الداخلية سيئي الذكر، هربت إلى ليبيا و مررت ببعض الدول العربية منها السعودية و سوريا. وقد كانت رحلتي التي قصصت أطوارها تفصيلا في كتابي الإلكتروني “برج الرومي إكس ال (XL)” مريرة زرت خلالها زنزانات الأمن العسكري الليبي حيث خضعت لتحقيق دام خمسة أيام بسبب ظنون أمنية أثارها سفري عبر الصحراء الكبرى قاصدا النيجر. أما العربية السعودية فقد أرادت ترحيلي لتونس لولا ألطافا إلاهية أنقذتني من أيادي حرس حدود المملكة و سفرتني إلى سوريا حيث حـُجز جواز سفري و أخضعت لتحقيق داخل مخافر المخابرات السورية بمنطقة المزة.

“Mon séjour à Dubaï a été mon premier voyage dans un pays arabe depuis que j’ai demandé l’asile politique en Hollande, en 1998, après avoir fui la Tunisie. J’avais de sérieuses craintes quand la police [tunisienne]qui enquêtait sur moi, m’a convoqué au tristement célèbre Ministère de l’Intérieur. Je me suis enfui en Lybie, j’ai traversé des pays arabes dont l’Arabie Saoudite et la Syrie. Ce fut un voyage misérable, que j’ai décrit en détails dans un livre électronique que l’on peut lire ici. Durant ce voyage, j’ai été arrêté en Libye, où j’ai été interrogé pendant cinq jours, à cause des soupçons provoqués par ma fuite à travers le Sahara jusqu’au Niger. Quant à l’Arabie Saoudite, elle voulait m’extrader en Tunisie, et ceci a seulement été empêché par l’intervention divine qui m’a protégé au poste frontière d’Arabie Saoudite d’où ils m’ont renvoyé en Syrie. La Syrie m’a alors confisqué mon passeport et m’a interrogé à Al Maza », raconte-t-il.

Malheureusement, son expérience dans les pays arabes le laisse amer et en colère.

خلاصة القول أن تجربتي مع الدول العربية لم تكن ممتعة و لا سياحية على الإطلاق. فكان دخولي لـدُبي بجواز سفر هولندي دون تأشيرة و لا مسائلة و لا تحقيق و لا حتى نظرة جانبية مزدرئة من شرطة الحدود التي عودتنا، نحن حاملي الجواز التونسي ،على إطالة التدقيق و التحرّي و التجنّي، كافيا لإقناعي بأن عدوّ العرب الأول هم العرب و أني لست بحاجة إلى استرجاع جواز سفري التونسي الذي لن يزيدنى إلا عناءا. فدخول الدول العربية يكون أسهل لنا، نحن العرب، عندما لا نحمل جوازا عربيا

 

“Pour résumer, mon expérience des pays arabes n’a été ni intéressante ni touristique. Entrer à Dubai avec un passeport hollandais me garantit de ne pas avoir besoin de visa, de ne pas être interrogé, que l’on n’ enquêtera pas sur moi, et que je n’ai pas eu droit au regard de dégoût que les douaniers réservent aux Tunisiens en les toisant d’un air soupçonneux.. Tout ceci m’a convaincu que les plus grands ennemis des arabes sont les arabes eux-mêmes. Cela me prouve aussi que je n’ai pas besoin de récupérer mon passeport tunisien, qui ne m’a rien donné sauf des ennuis. Entrer dans des pays arabes est plus facile pour nous, arabes, si nous ne détenons pas de passeports arabes ! » conclut Sami Ben Gharbia.

 

C’est tout pour aujourd’hui. A lundi, avec une nouvelle livraison de blogs arabes.

Samira al Husseini

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