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Maldives: La police accusée de tortures et du meurtre d'un jeune homme

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La torture dans les prisons des Maldives fait à nouveau parler d’elle, avec la découverte dans l’eau d’un cadavre portant les traces de sévices brutaux, dans la capitale Malé, au matin du 15 avril dernier. Le jeune homme, Hussain Solah, avait été placé en détention par la police quelques jours avant sa mort. Même si la police affirme qu’il a été libéré le 13 avril, aucun témoin ne l’a vu depuis ce jour. Il n’a pas pris contact avec sa famille ou ses amis après sa supposée libération.

Des milliers de personnes se sont rassemblées pour protester contre ce qu’elles estiment être le dernier en date d’une série de meurtres commis par la police. Les manifestants ont à leur tour été victimes de la brutalité policière et ont été battus par l’escadron d’élite de la police, qui a été critiqué récemment dans un rapport de l’ ex-surintendant de la police, un Britannique [En, PDF]

Mohamed Nasheed, le président du parti démocrate madivien, a été également brutalement battu par la police et arrêté. Il a été libéré plus tard et a demandé à être soigné à l’étranger.

La famille de la victime a demandé une autopsie pour clarifier les causes du décès, mais la police a essayé d’enterrer le corps. La police a ensuite proposé qu’une autopsie soit réalisée aux Maldives, par un médecin légiste sri-lankais. Il n’existe pas aux Maldives d’installations pour pratiquer des autopsies légales. La famille a refusé que l’autopsie soit pratiquée aux Maldives aux conditions posées par la police. Le gouvernement a finalement cédé à la demande de la famille et a permis que le corps soit autopsié à l’étranger.

Dans un premier temps, la police a affirmé qu’il n’y avait aucune trace de sévices sur le cadavre, ce que les centaines de personnes qui l’ont vu peuvent démentir. Un médecin inquiet écrit sur le blog Maldives Health [En] que le médecin qui a examiné le cadavre en premier a d’abord refusé de signer le permis d’inhumer, et qu’il a insisté pour que la dépouille soit transportée dans un hôpital afin effectuer des examens plus approfondis.

“Le fait est que le médecin qui a en premier examiné le corps a refusé de signer le permis d’inhumer, et insisté pour qu’il soit transporté à l’IGMH [hôpital général] et que des examens plus approfondis soient effectués pour déterminer l’étendue des blessures. Ceci est en effet une décision qu’il faut saluer, surtout dans une situation aussi tendue. C’était la chose à faire.

Nos médecins n’ont pas effectué un examen post-mortem car ceci n’est pas autorisé. L’autre problème est que n’avons pas de praticiens avec les qualifications nécessaires pour effectuer cette procédure (vous ne vous feriez pas enlever l’appendice par un dentiste, n’est-ce pas?)”.

Maldives Today [En] déplore la réaction tiède de la population face au meurtre de Solah, surtout si on la compare aux émeutes de septembre 2003, provoquées par le meurtre d’un détenu par les forces de sécurité.

Nihan Zafar

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