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Colombie: La visite aigre-douce d’Uribe à Washington

Le 2 mai, le Président Colombien Álvaro Uribe Vélez entreprit une visite de trois jours à Washington, cherchant du support pour Plan Colombie et l'approbation de l'Accord de Libre-Ėchange par le congrès américain. Cependant, il n'était pas vraiment le bienvenu. Le premier jour, Uribe a rencontré des douzaines de protestants devant le Centre Américain pour le Progrès. Il voulait “discuter” quelques questions avec eux… une attitude tout à fait différente de celle qu’il adopte envers l'opposition dans son propre pays. Le même homme, qui a dit qu’il serait “un homme de guérilla” et un “paramilitaire” avec une arme, pas n’importe laquelle, la même semaine, s'est fait appeler ‘assassin’ par les manifestants, l'accusant d'être responsable de la mort d'environ 400 chefs de syndicats en Colombie.

Tefiloca, écrivant dans un blog appelé Analisis de la interpretacion en RCN noticias [ES] dédié à critiquer la chaîne Colombienne RCN, (que quelques-uns appellent l’équivalent tropical de Fox News), raconte:

Lo “mejor de todo” es que la periodista si se puede llamar así, porque ultimamente solamente aparece como presentadora, Vicky Dávila hace el comentario de que aparentemente los exiliados colombianos tienen una mala informacion de nuestro país. Dando a entender que en Colombia vivimos en un paraiso y que aquí no sucede nada.

Le “meilleur de tous” est que la soi-disant journaliste, parce que récemment elle n’est apparue que comme présentatrice, Vicky Dávila déclare qu'apparemment les expatriés Colombiens ont de mauvaises informations sur notre pays ; on leur a dit que nous en Colombie vivons dans un paradis et que tout va à merveilles.

En revanche, un blogueur signant en tant que Editorial de Con Ojos de Estudiante [ES] reste favorable au président démocratiquement élu:

El duro día del Presidente Uribe también incluyó una débil manifestación que ofrecieron unos cuantos mojigatos afuera del Centro Americano para Progreso. Como se acostumbra, nuestro honorable Presidente Uribe decidió enfrentarlos para ver si sus críticas tenían algo de fundamento pues alegaban la muerte de centenares de sindicalistas desde principio de la década de 1991. Al preguntársele, los infames manifestantes no tenían la menor idea de lo que estaban hablando. Parece ser que una vez más la oposición internacional habla sin fundamento. Es el deber del gobierno y del país entero, hacer saber cuál es la realidad que vive nuestro país ensangrentado por la violencia de una minoría. No es la primera vez que pasa, sucedió la semana pasada también en el fallido encuentro con el cuasipolítico-actor de Gore. Lo mismo sucede con cientos de ONG internacionales que dicen apoyar la causa ‘revolucionaria’ de las FARC y mostrar un retrato del Ché, pensando que están de acuerdo con su filosofía por que se vieron “Motorcycle Diaries”.

Le terrible jour du président a également inclus une débile manifestation offerte par quelques prudes devant le Centre Américain pour le Progrès. Comme d'habitude, notre honorable Président a décidé de les affronter pour voir si leurs critiques avaient quelque fondement parce qu'ils lui rendaient responsable de la mort de centaines de syndicalistes depuis le début des années 90. Quand il (leur) a demandé, les infâmes manifestants n’avaient aucune idée de ce qu'ils parlaient. Il semble que encore l'opposition internationale attaque avec des allégations non fondées. Le gouvernement et le pays entier doivent les informer sur la réalité dans laquelle notre pays vit, taché de sang par la violence d'une minorité. Ce n'est pas la première fois que ceci se produit, il s’est produit la semaine dernière au cours de la réunion ratée avec le quasi-politicien-acteur [Al] Gore. Le même se produit avec des centaines d'ONGs internationales qui prétendent soutenir la cause ‘révolutionnaire’ du FARC et exhibent un portrait de Ché [Guevara], pensant qu’elles sont d'accord avec sa philosophie parce qu'elles ont regardé “Motorcycle Diaries”.

Le 3 mai, Uribe a rencontré La Présidente Nancy Pelosi et quelques autres parlementaires démocrates américains, essayant de discuter l’ALE. Au lieu de cela, Mme. Pelosi l’a questionné sur la poursuite des militaires prétendument impliqués dans les paramilitaires :

Il est essentiel que le gouvernement colombien enquête sur et poursuive de tels fonctionnaires, y compris ceux qui occupent des positions élevées. Ceux qui en Colombie réclament que la pleine lumière soit faite sur l'influence paramilitaire devraient être applaudis pour leurs efforts constructifs d’établir une démocratie plus forte.

Le journaliste et blogueur Felipe Zuleta écrit [ES] que “aux Etats-Unis l’impertinent ‘arriero’ n’est arrivé à aucun résultat, il s’est accommodé à leur façon vantarde de s’adresser à d’autres pays” et demande à ses lecteurs si les chefs paramilitaires vont être extradés (ils n'ont pas été extradés à cause de la Loi de Justice et de Paix).

En attendant, les principaux organes de presse de la Colombie semblent essayer de minimiser les résultats négatifs de la visite d'Uribe en publiant un sondage soutenant qu'Uribe est même plus populaire qu'avant (75%), et que l'image négative du sénateur Gustavo Petro d'opposition a grandi réellement. La polémique est servie. Zuleta s’en prend à la presse [ES] pour ‘masquer’ la visite ‘désastreuse’ de Uribe à Washington, dit le journaliste colombien. C’”est une honte” et il demande aux citoyens d'accéder aux blogs et de dénoncer. Dans un commentaire [ES], o-lu de Sociología Para novatos[ES], qui a traité la question du sondage, proclamant que les sondages de Gallup sont imprécis parce qu'ils sont conduits au téléphone dans un pays où seulement 54% des maisons ont une ligne téléphonique, indique :

El manejo de Jorge Londoño de esta encuesta confirma la impresion de que el hombre tiene un sesgo previo. En efecto, el encuestador hace coincidir la fecha de aparicion de sus resultados […] con el dia D para Uribe en el Congreso de USA, donde como bien sabemos -pese a que algunos medios de comunicacion NO informaron- le fue muy mal. Esto le da pretexto a los mismos medios para enredar la noticia de USA, que es la importante. Mientras la independencia politica de este encuestador en particular siga siendo tan cuestionable, sera dificil tomar esos resultados como datos fiables.

La manière dont Jorge Londoño (président d’enquête pour Invamer-Gallup) manipule ce sondage confirme l'impression que cet homme est biaisé. En fait, l’enquêteur fait en sorte que la date de parution des résultats s'assortisse […] avec le jour J d'Uribe au congrès américain, où comme nous le savons, en dépit de ce que les organes de presse N'ONT PAS rapporté, la visite ne s’est pas bien passée. Ceci donne aux média un prétexte pour embrouiller les nouvelles des États-Unis, qui sont les plus importantes. Aussi longtemps que l'indépendance politique de cet enquêteur demeure si douteuse, il sera difficile de considérer ces résultats comme données fiables.

Camilo Galán, du blog de gauche Colombia Hoy [ES], remarque que:

Nunca en la historia reciente de Colombia habíamos visto a un Presidente de la República presentarse ante un grupo de congresistas de una potencia extranjera para dar explicaciones. La reunión con Pelosi y sus compañeros de bancada, más que un dialogo constructivo, como se quiere presentar en Colombia, fue un interrogatorio al presidente colombiano sobre la parapolítica. […] Una cosa es el lobby y otra muy diferente es pisotear la dignidad presidencial. A ese tipo de situaciones no se puede prestar un presidente. […] Una vez más Uribe nos ha demostrado que la soberanía de Colombia hoy está en otro lugar. El presidente colombiano no le da explicaciones satisfactorias a los colombianos, pero sí se las da a los congresistas de los Estados Unidos. Uribe irrespeta a la prensa colombiana, pero es diligente con la de los Estados Unidos. Uribe irrespeta a la oposición legítima de Colombia, pero es “suavecito” y genuflexo con el partido de oposición de los Estados Unidos.

Jamais dans l'histoire récente de la Colombie avons-nous vu un président de la République se tourner vers le groupe parlementaire d’une puissance étrangère afin de leur donner des explications. La réunion avec Pelosi et son collègue parlementaire démocrate, qui était plus qu'un dialogue constructif, comme il est présenté en Colombie, était un interrogatoire pour le président colombien sur le scandale para-politique […] C'est une chose est de faire pression et c'est une chose complètement différente de piétiner la dignité présidentielle […] Uribe a prouvé de nouveau que la souveraineté de la Colombie est quelque part d'autre. Le président colombien ne donne aucune explication satisfaisante au peuple colombien, mais il en donne au congrès américain. Uribe est irrespectueux à la presse colombienne, mais est diligent avec la presse américaine. Uribe est irrespectueux à l'opposition légitime en Colombie, mais est “doux” et se courbe devant le parti d'opposition des États-Unis.

Julio Suárez Anturi titre son billet “Uribe [est revenu] avec les mains vides [ES]” et nous raconte une entrevue avec Ángela Patricia Janiot de CNN en Español qui a été finalement annulée. La citation est de Mme. Janiot, qui l’a dite dans le rapport sur la visite d'Uribe. Le chef de la Colombie avait dit [ES] aux journalistes qu'il parlerait avec “chacun des 535 parlementaires américains si nécessaire” afin de parvenir à l'approbation de l’ALE, et qu’il serait de retour en juin pour insister sur cela, en dépit du support de Bush .

Carlos Raúl van der Weyden Velásquez

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