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Rwanda: Les personnels de l'humanitaire qui vivent comme des rois

Les travailleurs de l’humanitaire étrangers en Afrique sont souvent critiqués pour vivre à l’écart de la population locale qu’ils sont supposés servir. Comment ces gens qui passent leur temps dans des 4×4 climatisés aux vitres teintées remontées pour s’isoler du bruit et la poussière peuvent-il être efficaces ? demande-t-on souvent .
Le blog Les aventures du Civiliste Guillaume écrit sur les légions d’organisations humanitaires postées au Rwanda, et trouve à la fois matière à critique et à défendre ceux qui sont venus porter secours.

Le Rwanda est le pays des ONG et des acronymes : WFP (World Food Program), UNDP (United Nations Developement Program), ONUSIDA (ça s’explique tout seul), Right to Play, Human Rights Watch, USAID (United States Agency for International Development), CARE, PRI (Penal Reform International) … ajoutons à cela les programmes d’aide au développement d’un nombre considérable de pays, toutes les associations rwandaises, etc., etc., etc., … Pour une liste (non-exhaustive), cliquez ici.

Les ONG, il y en a de tous styles. Des grandes, des petites, des internationales, des locales, des africaines, des européennes, des états-uniennes, sans doute quelques chinoises, des ONG où l’on trouve plus de rwandais, certaines où l’on trouve plus d’européens (quoi que, le gouvernement demande la parité).

Civiliste Guillaume partage les vues de deux de ses amis français:

Au Rwanda nous avons quelques amis qui travaillent dans des ONG ou aux Nations Unies. Il vivent plus ou moins comme des rois, loin de la population, la journée ils sont le plus souvent dans des bureaux… Mais comment peuvent-ils espérer comprendre la réalité que vivent les personnes qu’ils veulent aider en vivant eux-mêmes de cette manière ?!? Ce n’est tout simplement pas possible. Quand on discute avec eux nous voyons bien à quel point ils ont du mal à comprendre les gens qu’ils sont sensé aider. Ce n’est pas par mauvaise volonté, c’est parce qu’il ne sont pas dans un cadre qui le leur permet. Je ne dis pas que nous, on comprends tout, loin de là, mais c’est sûr qu’en vivant au quotidien avec des enfants qui sont considérer comme des moins que rien, on ressent, plutôt qu’on ne comprend, un certains nombre de choses, sur leurs “problèmes” mais aussi sur leurs “rêves, projets et envies” pour l’avenir.

Civiliste Guillaume partageait l’opinion de ses amis quand il est arrivé au Rwanda, mais il a depuis changé d’avis :

En Suisse, j’entends le même discours. L’impression que certains de ces gens sont déconnectés. Qu’ils ont la vie facile, un peu d’aventure et des salaires inconvenants.

En arrivant au Rwanda, j’ai eu le même genre de réaction. Ce que l’on voit en premier, c’est les grosses voitures, les beaux bâtiments, les bureaux. Des gens qui ont l’air d’être dans un monde à part.

Et puis j’ai rencontré “ces gens là”. Ceux qui travaillent pour l’ONU, ceux qui sont dans les bureaux plus que sur le terrain. J’ai appris à les connaître. J’ai découvert leur travail. J’ai passé des soirées avec eux, Des après quelques mois, j’ai changé d’avis.

Oui, l’ONU a une armée de grosses Toyota Prado, mais pas plus que les autres. L’EPR a les mêmes. Oui, certains travaillent dans des bureaux, et ne croisent que rarement les populations les plus nécessiteuses. Mais un job de bureau peut lui aussi être important. L’approvisionnement d’un camp de réfugiés ne se prépare pas seulement sur le terrain. Et surtout, aucun de ceux que j’ai rencontré ne reste dans son monde. Tous les expats que j’ai croisé ont des amis rwandais. Certains plus que d’autres.

Et surtout, tous sont touchés par ce qui se passe autour d’eux. Tous essaient de faire un petit quelque chose pour créer un monde meilleur.

Loin de moi de dire que la situation est idéale. Bien sûr, quelques “huiles” ont des salaires disproportionnés (mais à côté de cela, combien de stagiaires payés au lance-pierre). Bien sûr, on peut trouver de gros dysfonctionnement dans les grosses ONG. Bien sûr, la taille implique une certaine lourdeur et une certaine bureaucratie. Mais derrière tout cela, n’oublions pas qu’il y a aussi des gens. Et qu’eux aussi méritent un petit bout de respect.

Jennifer Brea

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