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Cuba : La blogueuse censurée Yoani Sànchez récompensée par un prix

Yoani Sánchez est probablement la blogueuse cubaine la plus célèbre de son pays, un pays où l'accès à Internet est limité et très contrôlé. Son blog  Generación Y [espagnol] est extrêmement populaire auprès de tous ceux qui s'intéressent à Cuba et a souvent été mentionné comme exemple de cyber-dissidence par les médias occidentaux tels que The International Herald Tribune, The New York Times, Público [espagnol] ou BBC Mundo. Depuis le départ de Fidel Castro  en février dernier, et avec l'attention internationale à nouveau tournée vers Cuba, le succès de Generación Y a encore grandi, pour atteindre 4 millions de visiteurs en mars, et 1 600 commentaires sur son dernier billet.  Pour cette raison, probablement, le blog de  Yoani a été censuré par les autorités cubaines, au grand dam des blogueurs cubains, de la diaspora et des lecteurs de son blog en général.  

Yoani Sanchez

Vendredi dernier, Yoani Sánchez s'est vue décerner un prix, le Prix Ortega et Gasset pour le  journalisme du quotidien espagnol  El País, la distinction la plus prestigieuse pour les journalistes hispanophones, l'équivalent du Prix Pulitzer pour les journalistes anglo-saxons. Le prix porte le nom du philosophe et journaliste  José Ortega y Gasset.  Selon Penúltimos Días [espagnol] , Yoani a reçu ce prix dans la catégorie journalisme en ligne pour les raisons suivantes :

… por la perspicacia con la que su trabajo ha sorteado las limitaciones a la libertad de expresión que existen en Cuba, su estilo de información vivaz y el ímpetu con el que se ha incorporado al espacio global de periodismo ciudadano.

… pour la perspicacité avec laquelle son travail a réussi à franchir les barrières imposées à la liberté d'”expression à Cuba, la vivacité de son style journalistique et l'ardeur avec laquelle elle s'est impliquée dans le journalisme citoyen en ligne.

Yoani a publié un billet intitulé  “Je n'arrive pas à y croire !” en apprenant la nouvelle :

Esa porción de filóloga que aún me queda –que conoce de literatos, filósofos y nombres académicos- está dando saltos de contenta por el Premio Ortega y Gasset de periodismo que me han otorgado. La blogger, por su parte, siente que tantos obstáculos para acceder a Internet, tanto memory flash llevado de aquí para allá, ha valido la pena. Sólo atino a recordar que era abril –ya Eliot había reparado en la crueldad de la primavera- y decidí exorcizar mis demonios en un Blog. Comencé por expulsar al más paralizante, ese que nos hace apelar a la máscara, el disfraz y el silencio. El segundo en la fila de los desalojados, fue la apatía del que sabe que no puede hacerse mucho. A mediados de agosto, la legión formada por la frustración, el desencanto y las dudas ya drenaban con cada post. Lo que parecía una terapia personal, para sacudirme todos esos achaques, se convirtió en un espacio para muchos que, curiosa coincidencia, también tenían sus propios demonios. Lectores, yo sólo soy el rostro en la barra lateral de este sitio. Ustedes, polemistas, incendiarios, censores y boicoteadores, son, en fin de cuentas, los que hacen el Blog.

La partie de moi qui reste un peu philologue – qui connait les gens de lettres, les philosophes et les noms de grands universitaires – saute de joie après avoir reçu le Prix Ortega y Gasset Prize pour le journalisme. La blogueuse, d'un autre côté, estime que tous les obstacles franchis pour accéder à Internet, toutes les clés USB que j'ai transportées ici et là, en valaient la peine.

Je me souviens simplement que c'était en avril – Eliot avait déjà remarqué la cruauté du printemps -que j'ai décidé d'exorciser mes démons sur un blog. J'ai commencé par expulser celui qui nous paralyse le plus, celui qui nous oblige à porter un masque, le silence et la dissimulation. Le second que j'ai abandonné est l'apathie  de celui qui sait que nous ne pouvons pas faire grand chose. A la mi-août, cette foule de frustrations, de désillusions et de doutes commençaient déjà à disparaître avec chaque nouveau billet publié. Ce qui semblait être une thérapie personnelle, pour se débarasser de ces plaies, est devenu un espace pour ceux qui, drôle de coïncidence, devaient lutter contre leurs propres démons.

Lecteur, je suis simplement le visage de ce site. Vous, ceux qui polémiquent, m'incendient, censurent ou me boycottent, êtes, quand tout est dit, ceux qui font ce blog.

De nombreux blogueurs et lecteurs se sont réjouis du prix reçu par Yoani Sànchez :  Enrisco [es] , Bitácora cubana [es], El blog de Tania Quintero [es], pour n'en citer que quelques uns. L'écrivain cubaine  Zoe Valdés, qui vit à Paris, exprime un souhait :

Ojalá el Premio Ortega y Gasset siga premiando a periodistas cubanos, notablemente a aquellos que se encuentran en celdas de castigo hoy en día, y que aún así siguen informando de la realidad de las cárceles cubanas. O a otros periodistas cubanos, que llevan años, en condiciones peores que la propia Yoani, ella misma lo ha dicho, intentando pasar la comunicación de la realidad, fuera de la isla, a través de llamadas de teléfonos, o a través de correos inseguros.

J'espère que le Prix Ortega y Gasset Prize continuera à honorer les journalistes cubains, surtout ceux qui sont aujourd'hui emprisonnés dans des cellules  d'isolement, et qui, malgré cela, continuent à nous informer sur la réalité des prisons cubaines.  Ou d'autres journalistes cubains qui depuis des années essaient de communiquer des informations sur la réalité de la vie dans l'île à travers des coups de téléphones ou des e-mails à risques,  dans des conditions pires que celles que connaît Yoani – elle l'a elle-même dit.

Elia Varela Serra

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