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Myanmar (Birmanie) : En attendant les secours

Tout d'abord, une mise à jour de la situation au Myamar, après le passage du cyclone Nargis. Le nombre de victimes continue à augmenter. Les chiffres officiels sont bien au dessous des estimations internationales. Le gouvernement annonce toujours que les victimes sont au nombre d'environ 23 000, tandis que de leur côté les centrales humanitaires avancent que le chiffre pourrait maintenant atteindre 100 000 morts.

Le blog Golden Colour Revolution (en birman) avance que le bilan pourrait être encore plus élevé :

“Selon un entretien off avec un officiel du gouvernement, le bilan atteindrait 600 000 victimes et on reste dans le doute pour les 100 000 disparus supplémentaires. Selon son estimation, 180 000 personnes auraient succombé dans la seule ville de Lutbutta. 90 000 dans la ville de Phyar Pone, 80 000 à Bogalay ; 50 000 dans chacune des villes de  KywanGanKone, DayDaYae et MawKyane. L'armée et ses hommes de main jettent les cadavres dans la rivière. Même dans le cimetière de Ye Way à Rangoon, les morts sont incinérés collectivement, sans être identifiés individuellement. A Phyar Pone, les autorités ont instauré l'état d'urgence.”

Bangkok Dazed (anglais) a reçu un e-mail d'un ami expatrié vivant à Rangoon. Voici ci-dessous une brève description des conditions de vie dans la zone résidentielle.

“Nous sommes restés prisonniers dans notre maison quand les arbres alentours sont tombés après onze heures de rafales de vent atteignant de 200 à 240 noeuds. Les dégâts sont terribles partout, il n'y a plus d'électricité et pas d'eau depuis des jours. Les lignes téléphoniques de notre maison/bureau sont détruites, de même que le réseau électrique. Je suis aujourd'hui au café Internet. Ce quartier de la rue Mahabandoola est à nouveau connecté car les câbles électriques et Internet étaient enterrés. Tous ceux qui vivent dans les quartiers résidentiels et dans le centre ville sont sans électricité. Il faudra entre trois et six mois, ou peut-être un an pour que les installations électriques soient remises en état.  Pour ne rien arranger, les prix de l'eau et des aliments ont triplé. Chaque jour, les groupes électrogènes augmentent. Nous avons payé 2 000 dollars pour un groupe électrogène qui coûte habituellement entre 900 et 1 200 dollars. La situation est vraiment terrible. Nous ne sommes pas blessés, mais il nous faut faire face à cette situation”.  

A propos des secours au Myamar: la junte restreint toujours les déplacements des ONG internationales. Soe Moe enumère sur son blog (anglais) les biens et les services dont le Myanmar a besoin aujourd'hui : 

“Six jours se sont écoulés depuis le cyclone Nargis et la situation empire chaque jour à cause des humains et des animaux en décomposition qui jonchent les zones touchées. Ces jours-ci, nous avons été témoins de la générosité du monde, avec des millions de dollars offerts en aide humanitaire mais il est très triste de constater que le gouvernement birman hésite à donner un visa aux personnels de l'ONU et des ONG au nom de la politique. Le temps n'est plus à la politique durant une crise humanitaire.  Et il est très triste d'entendre, aux informations, que les nations occidentales sont prêtes à donner de l'aide, tandis que le gouvernement refuse de l'accepter. Ajourd'hui, le premier avion de l'ONU a atterri à l'aéroport international de Rangoon après deux jours d'attente, dûs aux problèmes de visas. D'autres avions attendent l'autorisation du gouvernement birman d'atterrir à Rangoon. L'Italie, la Thaïlande, l'Inde et l'Indonésie ont été autorisés à venir. Nous avons vu le nombre de morts augmenter de façon dramatique ces derniers jours. Ce dont nous avons désespérement besoin, c'est d'expérience, d'équipes de secours pour aider les survivants, pour s'occuper des cadavres et tenir sous contrôle les maladies. Nous avons besoin d'hélicoptères pour atteindre les zones très reculées où l'aide doit arriver de toute urgence.Dans l'armée de l'air birmane, nous n'avons que peu d'hélicoptères et ils ne pouront pas aider ceux qui sont isolés. L'armée américaine se propose pour des missions de secours. La base américaine en Thaïlande est prête à envoyer ses hélicoptères et ses navires en Birmanie pour aider aux recherches et aux secours. Et une fois de plus les généraux birmans refuseront, parce que ce sont des Américains. Le temps n'est plus aux “j'aime”‘, “je n'aime pas”. C'est le moment de sauver autant de personnes que possible”. 

Le blogueur est également horrifié de voir les cadavres  jetés à la rivière.

“J'étais tellement stupéfait de voir que les gens morts sont jetés dans les rivières. Je me demande comment ils ont pu décider ça. Cela ne résoudra rien de jeter des morts dans la rivière. Cela ne conduira qu'à provoquer des maladies chez les gens qui vivent sur les rives de la rivière. Avec les jours qui passent, le nombre de victimes va encore augmenter. Cette fois-ci, ce ne sera pas la faute du cyclone Nargis, mais celle du manque de soins et du refus des généraux d'accepter l'aide internationale. Le gouvernement sera encore une fois responsable de la mort de dizaines de milliers de Birmans en Birmanie. Leur ignorance des signes avant-courreurs du cyclone et leur refus d'accepter les secours du monde entier sont les raisons pour lesquelles les gens meurrent dans notre pays.  Et nous n'oublierons jamais comment les gens ont été tués en 1988, puis en septembre 2007, puis en mai 2008.”

Bangkok Dazed (anglais) insiste pour que l'aide offerte ne soit pas politisée :

“Que les USA, ou n'importe quel pays, veuille offrir de l'aide humanitaire, c'est très bien. Mais cette aide ne devrait pas se faire sous conditions, ou être accompagnée de leçons de morale. Aidez juste les personnes qui en ont besoin et gardez pour vous vos idées politiques ou religieuses.  Mais cela semble être impossible à la clique des “purs”. On aurait pu croire que ces idiots du gouvernement Bush auraient compris la leçon, de nos jours. Mais non, ils continuent avec leur diplomatie emphatique et dérisoire à critiquer et ridiculiser les autres pays, au lieu d'essayer sincèrement d'établir un dialogue constructif. Cela implique de s'asseoir pour parler avec un autre pays, non de faire la morale et de les insulter.”

Beyond SG (anglais ) conseille à la junte de prendre exemple sur le gouvernement chinois :  

“L'aide déferle de tous les pays du monde. L'entonoir est l'infrastructure détruite, et elle n'était pas dans un état fameux avant. Tout d'abord méfiant devant les propositions d'aide de l'étranger,  le gouvernement birman ouvre prudement la porte à l'aide extérieure.  C'est un test très important pour la junte militaire. Si elle accepte le défi, son image s'améliorera. La façon dont le pouvoir chinois a réagi à un hiver particulièrement froid, durant les vacances de la nouvelle année chinoise, lui a attiré beaucoup d'éloges”.    

Asia's Perfect 10 (anglais) attend l'intervention de l'ASEAN (l'association des nations du Sud Est asiatique) :

“Presque cinq jour après le cyclone, ASEAN ne s'est toujours pas mobilisé pour aider le Myanmar. La Thaïlande et l'Indonésie ont promis de donner quelque chose. Tant mieux, mais l'ASEAN met du temps à aider un de ses membres”.  

L’ épouvantable réputation de la junte militaire birmane est reconnue même par les agences gouvernementales internationales. Elles  promettent à leurs donateurs potentiels que l'aide ne transitera pas par le gouvernement du Myamar. Melody’s (anglais) cite un extrait d'une campagne d'appels de fonds :  

“Vous pouvez offrir une aide directe et immédiate aux victimes du cyclone en Birmanie. L'aide parviendra directement aux victimes. Elle ne sera pas détournée par les ministères, les politiciens, ou siphonée par l'administration”.  

Straight Talk (anglais) donne des information sur la campagne en cours en Malaysie pour collecter des fonds. Busy Days (anglais) participe à l'organisation d'une campagne de collecte de fonds à Singapour. Le blogueur écrit également :

“Un blogueur birman connu de la région, Nyi Lynn Seck, originaire de Yangon (Rangoon) au Myanmar, a proposé de se rendre dans le delta de l'Irrawady pour distribuer de la nourriture, des médicaments et du matériel de secours.”

Ko htike's prosaic collection  (birman) décrit les militaires birmans comme “sans honte”, après qu'ils aient été surpris à remplacer des étiquettes sur les colis humanitaires arrivant de Thaïlande. The Burmese Ruby Diary  (anglais) regrette que certains commentateurs décrivent le cyclone comme un châtiment pour le Myanmar. Little Myanmar (anglais) dresse une liste de l'aide en argent et services proposés par différents pays  au Myanmar pour  faire face. 

Note de la traductrice : Le témoignage suivant a été laissé en commentaire sous la version anglaise de ce billet  (commentaire n° 12):

 

 Des membres de ma famille vivent dans différentes régions du Myanmar, y compris dans la capitale Rangoon et à Loi Kaw. Je n'ai pas pu contacter ma famille à Rangoon puisque les lignes téléphoniques étaient détruites, mais, heureusement, j'ai pu parler à ma famille à Loi Kaw. Ma tante m'a dit que les miltaires sont à Loi Kaw aujourd'hui et qu'ils obligent les gens à voter pour le référendum. Il faut voter pour que, après, l'armée donne de la nourriture, de l'eau et d'autres produits de première nécessité. La junte du Myanmar affame son propre peuple pour que les électeurs votent pour eux.  C'est la raison pour laquelle l'armée birmane freine l'arrivée des secours aux victimes du cyclone. “Si les victimes du cyclone ne votent pas pour la junte au référendum, elles ne recevront aucune aide de l'armée”.

 

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