Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Egypte : Militants et blogueurs face à la torture

Les blogueurs égyptiens, les cyberactivistes et militants sur le terrain continuent à payer le prix fort pour avoir dénoncé la hausse du coût de la vie et exigé des salaires plus élevés et une vie meilleure. Ce qui avait débuté comme un simple appel à la grève le 6 avril dernier, s’est rapidement emballé, allant jusqu’à la confrontation entre émeutiers, manifestants et la police. Voici un compte-rendu de ce qui se passe encore pour certains des militants qui ont utilisé le Web afin de diffuser des informations sur  leur pays.

Pendant les troubles, le 6 et 7 avril dernier, les blogueurs égyptiens ont travaillé en permanence pour informer la blogosphère sur la révolte des travailleurs qui secouait leur pays, alors que des milliers d’entre eux manifestaient devant une usine de textile à Al Mahalla. Ils ont aussi été parmi les premières victimes de cette agitation qui a fait quelques morts, des dizaines de blessés et laissé un nombre indéterminé de militants, d’organisateurs, ainsi que de simples spectateurs, derrière les barreaux. Leurs reportages ont pris la forme de blogs, de vidéos sur YouTube, de fils d’infos sur Twitter, de photos sur Flickr, de messages sur Facebook, et sur tout support en ligne sur lequel ils réussissaient à publier.

Ces événements semblent se poursuivre : certains militants sont toujours détenus six semaines après leur arrestation, ce qui a provoqué la réaction de leurs compagnons, exigeant leur libération immédiate. D'autres militants, qui auraient été harcelés, physiquement maltraités et relâchés par la suite par la police, continuent à utiliser les médias personnels en ligne pour tenir le monde extérieur au courant.

Ahmed Maher

Ceci est l’une des nombreuses photos du dos de l’utilisateur égyptien de Facebook Ahmed Maher, prises par Wael Abbas,  deux blogueurs reconnus et distingués par des prix , que l’on peut voir  ici sous le titre: la Méthode Égyptienne la Plus Récente pour Pour Connaître le Mot de Passe de Votre Compte Facebook.

أحمد ماهر هو المؤسس الحقيقي لجروب الإضراب على الفيس بوك وليست إسراء عبد الفتاح كما زعموا والسبب في وجود إسمها وحدها على الجروب الآن هو أن فيس بوك أوقفت حساب أحمد ماهر لأنه كان يرسل عدد ضخم من الرسائل يوميا ليضم أعضاء للجروب وكان هذا المجهود هو سبب إنضمام أكثر من سبعون ألف عضو للجروب فإعتبره سبامر واوقفوا حسابه بينما كان كل دور إسراء هو المساعدة في الإدارة وحذف التعليقات المسيئة فقط لكن بعض وسائل الإعلام كانت تبحث عن قصة شيقة وبالونة لنفخها ولم يكن همهم أبدا الدقة في المعلومة أو البحث عن الحقيقة والقصة السليمة مما أضر بالحركة الوطنية من اجل التغيير ككل وبمصداقية نشطاء الإنترنت خصوصا وهو أمر لا يمكن التسامح ف

Ahmed Maher est le véritable fondateur du groupe Facebook Strike et non Esraa Abdulfattah, comme on le croit. La raison pour laquelle seul ce nom apparaît dans le groupe Facebook, jusqu'à présent, est que Facebook a suspendu le compte de Ahmed Maher ; il avait l'habitude d'envoyer un grand nombre de messages chaque jour pour inviter des nouveaux membres à rejoindre le groupe. C'est à la suite de cette campagne en ligne que plus de 70,000 membres se sont joints au groupe. Facebook l’a considéré comme un spammeur et a fermé son compte.  Esraa aidait à l'administration du site et à la modération des commentaires. Certains groupes de médias, à la recherche d'une histoire croustillante et d’un ballon médiatique à gonfler, ne se sont pas donné la peine de vérifier les informations. Cela a eu un effet négatif sur le mouvement national pour le changement et sur la crédibilité des cyberactivistes, en particulier. Ceci est un problême que nous ne pouvons pas ignorer.

Elijah Zarwan nous apprend ce qui est arrivé à Maher:

Je viens d'apprendre d’un ami qu’Ahmed Maher, un ingénieur de 27 ans cité dans la presse occidentale comme étant un activiste du groupe 4 Mai de Facebook, allègue qu'il a été battu alors qu’il était en détention à la Sûreté d'État. Les détails sont encore fragmentaires, mais il semble que le département de la Sûreté d'État l’a invité à prendre un café « amical » au début de la semaine. Il ne s'est pas rendu au rendez-vous , et mon ami m’a dit que des agents de la Sûreté d'État l’ont arrêté à son domicile au milieu de la nuit, l’ont frappé, puis relâché avec l'avertissement qu'ils lui avaient “juste tiré l'oreille”, et que la prochaine fois, ce serait pire. Il serait maintenant à l'hôpital.

 Abbas publie cette vidéo qui prouve les tortures auxquelles Maher a été soumis:

Dans cette vidéo [en Arabe], Maher explique que ses vêtements ont été arrachés par la police, puis montre ses cicatrices, expliquant qu’elles ont été causées par des policiers qui l’ont frappé au dos avec leurs mains nues.

Le blogueur Hossam Hossam El Hamalawy propose un lien vers un article de presse faisant état de ce qui s'est passé pour cet utilisateur de Facebook et comment il a été arrêté et torturé par la police locale.

Hamalawy attire également notre attention sur le sort du blogueur et militant Kareem Al Beheiri qui est derrière les barreaux depuis le 7 avril dernier. Il écrit:

Dans une entrevue avec El-Badeel, Ahmad Amin Ahmad Eid, le militant relâché du Parti Karama , a déclaré :

“Kareem el-Beheiri a été torturé pendant plus de 18 heures dans le bureau de police de la Sûreté d'État de Mahalla. Il m'a dit que son tortionnaire écoutait le Coran tout en le torturant. J'ai vu dans la 2ème station de Police de Mahalla des enfants de guère plus de 13 ans, blessés aux yeux et sur le corps par des balles en caoutchouc. Ils ont dit que des policiers les ont enlevés de l'hôpital où ils étaient soignés et les ont accusé d’avoir participé à la grève”.

Hamalawy signale également que Mohamed Maree, un traducteur qui a été arrêté en même temps que le photo-journaliste américain James Buck, tandis qu’il interviewait les familles des personnes arrêtées à Mahalla, a été torturé. Alors que Buck a été libéré et obligé à quitter le pays, Maree continue à languir en prison malgré le tollé des militants en faveur de sa libération. Hamalawy écrit:

Les dernières informations dont nous disposons sur Mohamed proviennent des avocats des droits civiques qui ont visité la prison de Bourg el-Arab le samedi:

Nous avons réussi à visiter la prison de Bourg el-Arab aujourd'hui. Il s'est avéré que le traducteur Mohamed Saleh Maree est détenu à titre de “criminel” après avoir été pris en compagnie du journaliste américain James Buck. Ce dernier a été libéré par la police de Mahalla suite aux pressions de son ambassade, mais Mohamed Saleh est toujours en détention en dépit d'une ordonnance de mise en liberté émise par le procureur. À l’époque, nous n'avons pas pu trouver où il était détenu. Aujourd'hui, nous lui avons rendu visite, et il nous a dit avoir été torturé,  avoir reçu coups et chocs électriques alors qu’il était dans les bureaux de la Sûreté d'État de Mahalla. L'administration pénitentiaire a également empêché Mohamed de passer un examen à l'université.

James Buck continue à se battre pour la liberté de son collègue et a pris la tête d’une campagne destinée à attirer l'attention sur le sort de son ami. Il a également lancé une pétition sur son blog pour revendiquer la libération de Maree.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
Non merci, je veux accéder au site