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Les projets Rising Voices et le “journalisme citoyen”

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On entend beaucoup parler du terme “journalisme citoyen”. Mais pour être plus précis, qu'est-ce que c'est? Jay Rosen, célèbre “gourou” américain des médias, le définit ainsi :

Quand les gens que l'on appelait le public commencent à utiliser les outils de publication de la presse, auxquels ils ont maintenant accès pour s’informer les uns les autres, ça ,c'est du “journalisme citoyen”.

Selon lui, ‘les gens que l’on appelait le public’ :

… sont ceux qui se trouvaient en bout de ligne de réception d'un système médiatique qui avait sa propre dynamique,  un modèle de radiodiffusion ayant des droits d'entrée élevés, composé d’un petit nombre d'entreprises qui se font concurrence pour se faire entendre, tandis que le reste de la population, composé d’individus isolés les uns des autres, écoutait – ce qui n’est plus du tout la situation actuelle.

Le public s’est maintenant transformé en producteurs de médias indépendants. Nous avons maintenant notre imprimerie, le blog ; notre propre station de radio, le podcasting ; notre propre station de télévision, le vlog (vidéo-blog); notre propre galerie de photos, les photoblogs ; notre outil de transmission d’alertes, les flux RSS comme Twitter, et ainsi de suite.

On peut se demander si cela pose un problème. Qui sera “le public” lorsqu'un trop grand nombre de personnes s’exprimeront ? Les temps ont bien changés. Nous n'avons plus besoin de nous abonner à des guides-télé car nous avons des contenus en ligne distribués à la demande, des moteurs de recherche et des flux RSS pour nous faciliter la sélection de ce dont nous avons besoin. Tom Curley, PDG de l'Associated Press observe :

Ce sont les utilisateurs qui décident quelle sera leur modalité d’utilisation et de participation – le choix du logiciel, du dispositif, du moment et du lieu.

Oui, nous ne faisons plus référence à eux, ou à nous-mêmes, en tant que public. Aujourd'hui, on parle plutôt d’”utilisateurs” dans cette ère de médias participatifs. Maintenant, les utilisateurs participent également aux débats, font parvenir leurs observations à l'auteur en utilisant des formulaires mis à leur disposition ou expriment leurs réactions à travers l'espace réservé aux commentaires sur les blogs.

La frontière est floue entre les “citizen media” (ou “médias personnels”, tels que blogs, podcasts, photos et vidéos en ligne, flux RSS) et  “journalisme citoyen”. “Le journalisme citoyen est un aspect distinct du média citoyen … et contient aussi un contenu élaboré par le citoyen-utilisateur” ( cf. Wikipedia) [en français] qui transmet un message, une information, une rhétorique, et non plus seulement quelques notes d’un journal personnel.

Ensuite, pourquoi éprouve-t-on le besoin de partager notre rhétorique avec d'autres [internautes] ? Éprouvons-nous le besoin de promouvoir nos idées ? De réagir à ce qui se passe dans notre communauté ou dans le monde ? Avons-nous besoin de cet activisme ? Ressentons-nous le besoin d'être proactif dans l'expression de nos opinions ? Si la réponse est oui, si nous croyons en la démocratie et à la liberté d'expression, alors tout cela est légitime et nécessaire.

L’émergence de ce type de rhétorique a pu être observé à Athènes au 5ème siècle avant Jésus-Christ. Une idée de gouvernance démocratique faisait son apparition, basée sur l’égalité des droits pour tous les citoyens et sur le devoir qu'a tout citoyen de participer aux affaires de la Cité.

Pour le faire efficacement, ils devaient être en mesure de prendre la parole en public. En régime démocratique, les décisions sur les politiques publiques étaient prises durant des assemblées, organisées de façon régulière, rassemblant les citoyens adultes de sexe masculin ; et, comme lors des réunions communales qui se tenaient dans l'état de Nouvelle-Angleterre, toute personne qui le souhaitait, pouvait y prendre la parole : (Sur la rhétorique: Une théorie du discours civique, de George A. Kennedy d’après l’œuvre d'Aristote)

Cela reste toujours vrai de nos jours. Nous ressentons régulièrement le besoin de partager avec notre prochain les succès, les situations désespérées, les menaces, les défis que nous vivons en tant que membre d’une collectivité. La plupart d'entre nous ressentons souvent le besoin de persuader quelqu'un de quelque chose, de défendre nos actions, et d'organiser nos pensées afin que les autres comprennent notre point de vue. Il est probable que nous ne nous engagerons jamais dans les affaires publiques, que nous ne prendrons jamais la parole devant un large public, mais avec les “médias citoyens” (ou médias personnels), nous sommes libres de nous exprimer auprès de ceux qui veulent bien nous entendre.

La rhétorique et le discours sur la chose publique sont non seulement nécessaires, afin de s'engager dans un processus démocratique, mais ils sont aussi indispensables si l’on veut apporter des changements concrets dans sa propre communauté.

Les exemples qui suivent illustrent comment nos différents projets Rising Voices appliquent les principes du  “journalisme citoyen” et de l'activisme en ligne.

* Le projet The Neighborhood Diaries à Kolkata, en Inde, a pour but d’enseigner à des jeunes marginalisés de la ville à être des journalistes-citoyens de leur quotidien, un statut dont ils sont très fiers quand ils interviewent quelqu'un dans la rue et qu’ils partagent leur expérience en ligne avec le reste du monde.

* Quelques-uns des participants du projet Hiperbarrio en Colombie ont écrit des articles d'information réellement utiles comme Xady a écrit sur le service médical de la Colombie ; et nous avons pu voir comment la communauté s’est ralliée pour donner un coup de main quand quelques-un des participants ont écrit un article sur le triste sort de Suso.

*Le projet FOKO à Madagascar a produit quelques exceptionnelles enquêtes de “journalisme citoyen” et de “cyber-activisme” : Diana a blogué [en français] sur une initiative personnelle qui a ensuite permis de  faire suivre médicalement et d'opérer un bébé, appelé Kamba. Avylavitra a fait la chronique [en malgache] des ravages provoqués par le cyclone Ivan qui a dévasté Madagascar, une actualité bien mal couverte par les médias internationaux.

* Cristina Quisbert [en espagnol], membre du projet Voces Bolivianas,  est un parfait exemple, grâce à son travail fantastique, de comment le journalisme citoyen, mis en oeuvre par une minorité ethnique laissée pour compte, peut avoir un impact international.

* Les femmes qui sont formées aux blogs dans le cadre du projet de Nari Jibon au Bangladesh utilisent maintenant la vidéo pour présenter en ligne comment l’ethnie bengali célèbre ses fêtes du Nouvel An. C’est le genre de célébration qu’une chaîne de télévision internationale diffuse rarement.

* Pablo Flores du projet Ceibal décrit comment l’utilisation des ordinateurs portables du programme OLPC (One Laptop Per Child)  peuvent avoir un impact dans les zones les plus défavorisées de l'Uruguay. Un élève de sixième critique la performance des ordinateurs portables du programme et nous en parle dans le blog de sa classe – c’est l'une des possibilités qu’offrent les médias citoyens.

Voici donc à travers quelques exemples les objectifs que poursuivent les projets Rising Voices en matière de “journalisme-citoyen”.

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