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Singapour : Débat sur la légalisation du commerce d'organes

Un important débat [en anglais] fait rage à Singapour : le gouvernement doit-il légaliser le commerce d'organes ? Le débat a commencé le mois dernier (juin 2008) quand deux jeunes Indonésiens ont été arrêtés et emprisonnés [en anglais] pour avoir essayé de vendre leurs reins à un riche homme d'affaires de Singapour. La loi singapourienne sur la greffe d'organes humains “interdit de soumettre des organes ou du sang à une valorisation pécunière”.

Le blog mr wang says so développe [en anglais] la principale question éthique du débat :

The key ethical objection is that human organ trading may lead to the exploitation of the poor and of socially disadvantaged donors who are unable to make an informed choice.

L'objection éthique centrale est que le commerce d'organes humains peut mener à l'exploitation des donneurs pauvres et socialement défavorisés qui ne peuvent pas faire un choix informé.

Singapour compte le cinquième plus fort taux d'insuffisance rénale au monde. D'après un article de presse, pas moins de 3 500 personnes souffrent d'insuffisance rénale à Singapour et 600 personnes sont sur liste d'attente pour une greffe. Ils doivent parfois attendre jusqu'à neuf ans [en anglais] pour un don d'organe post-mortem.

Blinkymummy soutient [en anglais] la légalisation du commerce d'organe :

I personally believe that there is no good reason to prevent organ trading, provided the transaction is carried out within a well-defined framework. Why should anyone die on the waiting list because his family and friends are not equipped with a compatible kidney?

On top of willing buyer and seller, these two parties ought to be fully informed of the risks involved. And the best party to be playing referee is the state. Because it is highly efficient and good at rationalising the necessary.

Je pense personnellement qu'il n'y a aucune bonne raison pour interdire le commerce d'organes, tant que la transaction est menée dans un cadre bien défini. Pourquoi quiconque mourrait sur une liste d'attente parce que sa famille ou ses amis n'ont pas de rein compatible ?

Outre des acheteurs et vendeurs volontaires, ces deux parties devraient être complètement informées des risques encourus. Et l'État est le plus à même d'endosser ce rôle d'arbitre. Parce qu'il est extrêmement efficace et qu'il excelle à rationaliser la nécessité.

Un lecteur a une opinion différente :

Is the state truly a good party to be a referee? In an ideal country, yes. Since no country is ideal, I do not think letting the state act as referee is safe.

In a trade of organs, the poor will never have the chance for himself to enjoy a better life, only a chance to redeem his family from poverty. I do not think the state has the moral capacity to play this referee of fate.

Est-ce que l'État est vraiment un bon candidat au rôle d'arbitre ? Dans un pays idéal, oui. Dans la mesure où aucun pays n'est idéal, je ne pense pas qu'il soit sûr de laisser l'État arbitrer.

Dans le commerce d'organes, le pauvre n'aura jamais pour lui-même l'opportunité d'une vie meilleure, seulement celle de dégager sa famille de la pauvreté. Je ne pense pas que l'État ait la capacité morale de jouer ainsi l'arbitre des destins.

Singapore Law Watch met en ligne [en anglais] un article de Jennifer Yeo et Madan Mohan. Les auteurs estiment que le commerce d'organes est bénéfique :

Organ donation, even if it involves valuable consideration, may make life better for both parties who find no way out of problems of health or poverty. If the state – and the altruists – cannot help the poor in overcoming their problems, it ought not to raise more barriers for them.

Singapore can take the lead and set a good precedent for the international community by legalizing organ trade. The Republic has the infrastructure to facilitate such transactions.

One idea is to set up a kidney registry for registering and screening donors and recipients to find matches and ensure that there has been no coercion, duress or exploitation. A charitable foundation or independent administrative body could take care of this and related matters such as informed consent, protection of identities of donors and donees, requirements, medical bills, insurance, compensation and benefits for donors, their families and other post-transplant issues.

Le don d'organe, même quand il implique une valorisation pécunière, peut améliorer la vie des deux parties qui ne trouvent pas de solutions à leurs problèmes de santé et de pauvreté. Si l'État – et les altruistes – ne peuvent aider les pauvres à surmonter leurs problèmes, ils ne devraient pas leur ériger de nouvelles barrières.

Singapour peut prendre l'initiative et établir un précédent pour la communauté internationale en légalisant le commerce d'organes. La République de Singapour a l'infrastructure nécessaire pour faciliter de telles transactions.

Une idée est de mettre en place un registre rénal pour enregistrer et sélectionner des donneurs et des receveurs de façon à trouver des correspondances tout en s'assurant qu'il n'y ait pas de coercition, de contrainte ou d'exploitation. Une fondation caritative ou une institution gouvernementale indépendante pourrait prendre ceci en charge, ainsi que des sujets connexes comme le choix informé, la protection de l'identité des donneurs et receveurs, les conditions à remplir, les factures médicales, l'assurance, la compensation des donneurs, de leur famille et toute question qui apparaîtrait après la greffe.

Cette proposition trouve un écho chez des ministres qui ont récemment suggéré qu'une procédure autorisant le commerce d'organes serait mise en place dans le futur. Sur Carpe Diem – Seize the day, un autre blogueur pense également [en anglais] que :

Singapore can take the lead in studying and implementing a system which permits the sale of organs that would strike a balance between individual needs and societal principal.

Singapour peut prendre de l'avance [au niveau mondial] en étudiant et mettant en place un système permettant le commerce d'organes qui soit à l'équilibre entre besoins individuels et bien commun.

Cependant, l'Association Médicale de Singapour s'est prononcée contre [en anglais] le commerce d'organes. Le blogueur Angry Doctor  [en anglais] critique cette position :

Angry Doc feels that while doctors are individually entitled to their own

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