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Blogueuse de la semaine : Hanako Tokita

Pour notre portrait de la semaine, nous partons au Japon, chez Hanako Tokita, l'éditrice du site Global Voices en japonais, qui est aussi correspondante pour le Japon du site Global Voices en anglais. Durant le Sommet 2008 de Global Voices à Budapest, en juin dernier, nous avons pu l'interroger à loisirs sur la blogosphère japonaise, sur son implication dans Global Voices et sur les clichés que les étrangers conservent sur la culture japonaise, entre autres sujets. Nous avons aussi découvert sa passion pour le jardinage et pu goûter des spécialités japonaises – dont certaines faites à la maison – qu'elle avait apportées avec elle, mais ceci est une autre histoire… 

- Quand avez-vous commencé à écrire pour Global Voices?

J'ai rejoint Global Voices en avril 2007, après avoir rencontré Boris Anthony [le premier designer du site Global Voices] à Tokyo. Il m'a dit que le site avait besoin de correspondants pour couvrir la blogosphère japonaise et j'ai commencé à écrire. Deux mois plus tard, j'ai décidé de traduire aussi les articles de Global Voices en japonais. Nous sommes maintenant une équipe de quatre traducteurs, qui ont rendu possible le lancement du site Global Voices en japonais. L'année et demie qui vient de s'écouler a été complètement follechez Global Voices. Les choses n'arrêtent pas d'arriver. J'ai débarqué au Sommet de Global Voices à Budapest sans savoir à quoi m'attendre et tout à coup, je me suis retrouvée au milieu de ces gens complètement fous. C'est l'expérience la plus étrange que j'ai vécue, dans un sens très positif. Par exemple, je n'avais jamais rencontré des Macédoniens, ou des gens du Kazakhstan, et de beaucoup d'autres pays. J'ai encore beaucoup de choses à digérer après cette expérience. 

 - Quelle est votre expérience la plus mémorable depuis que vous participez à Global Voices ?

Il y a un an, j'ai écrit un article sur la Gay Pride de Tokyo, et quelques uns des blogueurs que je citais dans l'article ont fait connaissance grâce à mon article. Un Chinois homosexuel a laissé un commentaire sur un des blogs que je citais. Il était content de voir qu'il y avait une Gay Pride à Tokyo, en Chine, ce serait impossible. J'ai été heureuse que ces deux personnes de deux pays différents avaient pu se connecter grâce à un article sur Global Voices.  Plus tard, j'ai aussi reçu un e-mail d'un blogueur cité. Il m'annonçait qu'il allait publier un livre intitulé Coming out letters, un recueil de lettres échangées par de jeunes homosexuels avec leurs parents, leurs professeurs. Et j'en ai parlé sur Global Voices.  

- Comment décririez-vous la blogosphère japonais ?

Elle se compose de petites blogosphères indépendantes. Par exemple, celle de la communauté des gays et lesbiennes, qui est très organisée et organise même des rencontres dans la vraie vie. Ou celle de la communauté des technophiles. Celle de la communauté qui s'intéresse à la politique, etc. Mais ces sous-blogosphères ne sont pas connectées entre elles. La blogosphère japonaise est immense, c'est probablement la plus importante du monde, mais en fin de compte, c'est une constellation de petites blogosphères. Le   Washington Post a publié un article sur le Web il y a quelques mois intitulé “Humbles giants on the Web” , dans lequel on pouvait lire que même si la blogosphère japonais est la plus grande du monde selon le moteur de recherche Technorati, ses blogs sont pour la plus part des journaux personnels – ce que le blogueur à mange, avec qui il ou elle est sorti, etc – Mais ce n'est pas exactement ça. Si vous parlez japonais et faites une recherche sur n'importe quel sujet, vous constaterez que c'est une blogosphère vraiment active. Le stéréotype des Japonais indifférents à la politique, indifférents à tout, n'est pas vrai dans cette blogosphère. Je pense que les Japonais ont du mal à s'exprimer verbalement, mais ils savent bien s'exprimer par écrit. Notre culture est une culture de journaux intîme, et elle se marrie très bien avec la culture du blog. 

- Et votre propre blog , de quoi parle-t-il ?

J'ai un blog en anglais et un en japonais, ils s'appellent tous deux Mamachari, mais je n'ai pas beaucoup publié dernièrement. Je me demande sur quoi écrire. Une des choses qui m'intéressent est la bicyclette. Je vais partout à vélo, je vis à Tokyo et je n'ai pas le permis de conduire. Je pourrais prendre le bus, mais je préfère le vélo. J'aime aussi beaucoup le jardinage, ou plutôt, jouer avec la terre et les plantes car je n'ai pas de jardin.  J'appelle ça niwa hacking (niwa signifie jardin en japonais). J'ai grandi à la campagne, entourée de champs, et je vis maintenant à Tokyo, où l'espace est très limité. Pour me consoler, j'investis tous les petits coins de terre que je peux trouver pour planter quelque chose. [Hanako a même inventé un système d'arrosage pour ses plantes quand elle est en déplacement !]. J'aime aussi prendre des photos de chats dans la rue, même si je suis allergique aux chats, et aussi des photos des lieux où se croisent trois routes  :) -

- Que faites-vous, quand vous ne travaillez pas pour Global Voices ?

Je suis traductrice professionnelle, je traduis toute la journée.

 – Que souhaitez-vous pour le site Global Voices en japonais et pour la couverture du Japon par Global Voices ?

J'ai vécu pendant 5 ans au Canada et j'étais vraiment frustrée par la façon dont les médias présentaient le Japon.. Les seules histoires qu'ils publient sur le Japon sont toujours des trucs bizarres ou pervers, ou alors, ils parlent des mangas et des gadgets électroniques.  Le Japon, ce n'est pas seulement des problèmes politiques ou des goûts sexuels particuliers. 125 millions de personnes vivent dans ce pays et elles ont toutes une vie à vivre, il y a donc beaucoup plus intéressant à dire sur le Japon. J'aimerais contribuer en racontant beaucoup d'histoires très différentes sur le Japon. 

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