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Liban : Incendies de forêt et réchauffement climatique

Catégories: Liban, Catastrophe naturelle/attentat, Dernière Heure, Economie et entreprises, Environnement, Gouvernance

Voilà maintenant des années que des incendies de forêt se déclarent en été sur ce qu’il reste des étendues sauvages libanaises. Et chaque année, on s’amuse à se renvoyer la balle : les partis et les hommes politiques se reprochent d’abord mutuellement de ne pas y être préparés puis vont jusqu’à s’accuser d’avoir intentionnellement déclenché les incendies. Alors, qu’en pensent les blogueurs ?

Kadmous [1] [en arabe] évoque, la destruction par les incendies des espaces naturels libanais et il accuse les institutions de l’état de s’intéresser à des sujets moins importants et de négliger cette question pourtant si vitale.

تتوالى الحلقات السوداء في هذا المسلسل الدرامي الذي لا تبدو نهايته قريبة… وكلّ منطقةٍ من لبناننا نالت حصّةً من التصوير…
النار لا تميّز بين أخضرٍ ويابس… النار لا تفكّر، بل تحرق كلّ شيء لتموت في النهاية مع آخر شجرةٍ تقتلها…
من الذي أطلقها؟ الله أعلم!
كائناً ما كان السبب أو من كان خلفه وأمامه فإنّ ما تبقّى من مساحةٍ خضراء (كي لا نقول مساحات) ينتقل من الحياة إلى الذكرى…
والدولة المشغولة بهموم البيانات وتفسيرها، تخرج عن نطاق صلاحياتها إطفاء النيران… والمال المعطى لوزراء البيئة والزراعة والسياحة والداخلية والعدل والمواصلات والأشغال ولجان مجلس النواب كافةً (منذ الأستقلال وحتى اليوم( لا يكفي لتشغيل ورشةٍ تقطع الطريق على الأسباب التي تجعل كلّ حريقٍ صغيرٍ مدمّراً…

On a l’impression que les sombres épisodes de cet enchaînement dramatique n’en finissent jamais… Le moindre recoin du Liban a été pris en photo… Le feu ne fait aucune distinction entre la verdure et les zones arides… Le feu ne réfléchit pas, il brûle tout avant de s’éteindre avec le dernier arbre qu’il tue. Qui en est à l’origine ? Dieu seul le sait ! Quoi que ce soit ou qui que ce soit, cela n’a pas d’importance car ce qui reste de l’espace (et non des espaces) vert devient vite un souvenir… et l’Etat, tout affairé qu’il est à ses programmes et leurs interprétations, n’a pas le pouvoir d’éteindre les incendies… et l’argent versé aux ministères de l’agriculture, du tourisme, de l’intérieur, de la justice, des transports, de l'équipement et à tous les comités parlementaires (et ce, depuis l’indépendance) ne suffit pas à mettre en œuvre des actions préventives qui empêcheront les incendies naissants de faire des ravages…

Tears for Lebanon [2] [en anglais] évoque également les incendies et cite des représentants officiels qui, tout en signalant que des hélicoptères provenant de Chypre ont été utilisés pour éteindre les feux, déclarent par ailleurs que ces incendies sont criminels :

Un incendie gigantesque s’est déclaré mardi dans les forêts bordant quatre villages au sud-est de Beyrouth et a détruit des milliers d’arbres sur son passage. Darwish Hobeika, Directeur général de la défense civile, a indiqué que les incendies étaient prémédités, qu’ils s’étaient déclarés avant l’aube, ce qui est inhabituel pour des incendies spontanés qui, l’été, se déclenchent aux heures de grande chaleur.  Les équipes de la défense civile ainsi que des hélicoptères de l’armée libanaise et des hélicoptères chypriotes ont tenté de combattre l’incendie alors que des flammes léchaient le ciel et que de la fumée s’élevait des flancs des collines surplombant Beyrouth.

Pour changer de sujet, mais tout en restant dans le domaine de l’environnement, le blog the Inner Circle [3] [en anglais] explique comment le réchauffement climatique menace d’extinction le cèdre, symbole de l’état libanais :

Le plus grand défi à relever désormais pour les cèdres du Liban, c’est le changement climatique, a déclaré Nizar Hani. Le cèdre pousse aujourd’hui entre 1200 et 1800 mètres au-dessus du niveau de la mer, a-t-il déclaré. Un climat plus chaud impliquerait que les cèdres ne pourraient se développer que plus haut, là où il fait plus frais. Jadis, les cèdres recouvraient de vastes étendues en Turquie, en Syrie et au Liban mais leur bois et leur résine sont depuis longtemps très recherchés, comme le mentionnent l’Epopée de Gilgamesh, datant du second millénaire avant Jésus-Christ et le récit biblique du roi Salomon faisant venir du bois de cèdre du Liban pour son temple à Jérusalem.