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Caraïbes : Emancipez-vous!

 Aujourd’hui, 1er août 2008, est célébrée l’abolition de l'esclavage dans plusieurs pays et territoires anglophones des Caraïbes. C'est le jour où est réellement commémorée la fin de l’esclavage, lorsque tous les esclaves furent déclarés légalement libres. Quelques cent soixante-dix ans plus tard, des blogueurs des Caraïbes rendent hommage à leurs ancêtres, dont le sacrifice leur a permis d'accéder à la liberté.
Montego Bay Day By Day  [en anglais] cite un extrait de The Road to Freedom  de Tanesha Ramdanie, qui décrit comment la proclamation historique avait été accueillie :

Des larmes de joie coulaient sans cesse, tandis que des cris de liberté retentissaient des sommets des montagnes et des plaines, des hommes, des femmes et des enfants qui venaient d’apprendre qu’ils étaient finalement libres des systèmes sociaux et économique oppressifs qui les traitaient comme des moins que rien. 

 Gallimaufry [en anglais], pour sa part, cite une chanson populaire traditionnelle de la Barbade, qui a poussé des milliers d’anciens esclaves à arpenter les rues en reprenant son refrain, lorsque le système d'”apprentissage” a été aboli en 1838 et lorsque la véritable liberté a pris place. En voici les paroles :

Finis la soumission  et l’emprisonnement,
Vive Jin-Jin !
Finis la soumission  et l’emprisonnement,
Vive Jin-Jin!
Que Dieu bénisse la Reine de nous avoir libérés
Vive Jin-Jin !
Plus jamais de soumission  et d’emprisonnement,
Vive Jin-Jin! 

« Jin-Jin » était un surnom de la Reine Victoria. Les paroles de cette chanson sont gravées sur le flanc de la statue de l'abolition de l’esclavage, érigée en l’honneur de Bussa – un esclave qui a pris la tête de la plus grande révolte contre les planteurs de la Barbade et qui est mort à la bataille en héros.
Un autre blogueur de la Barbade, Dennis Jones [en anglais] , décrit le tourbillon d'activités qui a saisi Bridgetown (la capitale) pour préparer l'événement:
 

L'Esplanade était déjà aménagée et décorée, prête à accueillir les festivités plus tard dans la journée. Parmi ceux qui se pressaient autour, j’ai vu beaucoup de Rastas, ou du moins des gens avec des tresses et les cheveux attachés, et autant de gens vêtus dans le style de l'Afrique de l'Ouest. Chaque groupe était dépassé en nombre par des vendeurs qui, à cette heure précoce, étaient déjà installés et commençaient à cuisiner : l’odeur des beignets de poisson était vraiment irrésistible…

Mais il rajoute :

Je serai très surpris d’entendre beaucoup parler de l'abolition de l’esclavage aujourd’hui, excepté pendant les émissions de radio ou de télévision sur les commémorations de la journée, et cela me désole. Pour la majorité d’entre nous, cette journée n’a rien de prestigieux, rien de majestueux, de digne ou de grandiose. C’est une journée comme les autres. Peut-être que la liberté nous a rendus trop indulgents par rapport à ce que l'esclavage a réellement représenté. Beaucoup de noirs se focalisent uniquement sur l’héritage de l'esclavage imposé par les Européens à leurs ancêtres et ne voient de ce fait que le « crime » commis par un blanc sur un noir. Ils ne connaissent que peu ou rien de la longue histoire de l'esclavage…
Ainsi, tandis que nous pouvons d’un air suffisant  nous pavaner du haut de la liberté dont nous jouissons actuellement, n’oublions pas son absence dans de très nombreux lieux. Nous devons nous souvenir que l'esclavage est une injustice internationale, qui a des aspects raciaux et ethniques, qui sont loin d’être  effacés dans les relations entre les noirs et les blancs.

Pendant ce temps, Discover TnT blog  [en anglais] publie une liste d'événements qui ont été organisés à l'occasion du Jour de l'Abolition de l’esclavage à Trinité-et-Tobago. Abeni [en anglais] de Saint-Vincent-et-les-Grenadines cite Bob Marley et Maya Angelou pour expliquer pourquoi il demeure important de célébrer cette commémoration.

 

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