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Japon : Un ministère lance une étude sur les racines biologiques de l'isolement social et de la rage

A partir de l'année prochaine, une équipe de chercheurs recrutés par le Ministère japonais de l'Education va se consacrer à l'étude des rapports entre la structure cérébrale et la sociabilité. Leur objectif sera l'analyse des structures du cerveau qui contrôlent les mécanismes tels que le rythme du sommeil et la tolérance au stress, dans le but de prévenir – et éventuellement de guérir – les troubles qui affectent les relations sociales.

Selon un article (en japonais) publié par le Mainichi Shinbun le 19 août, le gouvernement soutient cette recherche, qui coûtera plus de 1,7 milliard de yens, en réponse à l'augmentation problématique des hikikomori [引きこもり] (c'est-à-dire, des individus qui s'isolent de leur famille et du reste du monde en s'enfermant dans leur chambre pendant des mois ou des années)  et des «jeunes enragés» [kireru wakamono/キレる若者].

Parmi les blogueurs qui ont commenté l'article du journaliste Taku Nishikawa [西川拓], beaucoup, par exemple Shigeru Kurokawa [黒川滋] dans son blog Kyō mo aruku [きょうも歩く] (en japonais) ont exprimé leur sentiment de déception vis-à-vis de la décision du gouvernement japonais, ce qui semble paradoxal. Kurokawa remarque que, tout en prétendant résoudre des problèmes sociologiques et culturels au moyen des neuro-sciences, il revient au Ministère de l'Education et non à celui de la Santé et du Bien-Etre de trouver les formules chimiques qui fourniront des réponses aux phénomènes des hikikomori et des «jeunes enragés».

Un autre blogueur, Kaze no hōsen [風のほーせん], écrit :

記事のような研究も必要なことかもしれないが、厚生労働省ならともかく、文部科学省にはこうした研究よりも、教育学的あるいは社会学的な観点からの考察が望まれる。文部科学省には「引きこもり」や「キレる」の原因は、現在社会における人間関係のあり方や、学校教育をはじめとした教育のあり方にこそ、求めてほしい。

Une recherche du type mentionné dans l'article est probablement nécessaire, mais on attendrait plutôt, si ce n'est de la part du Ministère  de la Santé et du Bien-Etre, du moins de celle du Ministère de l'Education,  une étude d'un point de vue pédagogique ou sociologique. Je souhaite que le  Ministère de l'Education recherche les causes des «hikikomori» et de la «rage» dans les relations humaines dans notre société, ou dans l'enseignement, à commencer par l'enseignement primaire.

[…]

こうした教育現場での「キレる」原因を、こどもたちの先天的な要因に求める研究をいの一番に取り組むような姿勢は、その教育の大元締めである文部科学省の責任放棄に近い態度だと言っていい。文部科学省は、薬物治療でもって、学校現場でのいじめや暴力を解決しようとでも思っているのだろうか。

L'attitude consistant à rechercher les causes de la rage dans les écoles, parmi des facteurs innés chez les enfants, a tout l'air, à mon sens, d'un renoncement à ses responsabilités par le Ministère de l'Education, le principal gestionnaire de l'éducation. Le Ministère de l'Education croit-il peut-être résoudre des problèmes comme les brutalités et la violence à l'école par la pharmacothérapie ?

D'autres blogueurs japonais sont d'avis que l'affirmation de l'article du Mainichi - soulignant que la recherche du Ministère visait à analyser les rapports entre mécanisme cérérébral et «rage» – était tendancieuse. En particulier, cette citation extraite d'un billet posté par un commentateur anonyme sur  un forum, 2ch :

3910: 大学院で脳科学を研究していますが
要は「脳が社会的な環境をどう構築して適合しているのか」についての
研究なんだが、この文を読む限り文科省がそれを無理やり「切れる」に
結び付けているように思える。
しかし実際は変体毎日が文科省の報道資料から一部文言を
ピックアップしての印象操作だと思われる。
ちゃんとした結果が得られるかどうかは別として、
研究自体は悪くないし、この研究に予算をつぎ込む事も問題ないと思う。
問題なのは変体新聞がのさばってる事。
さらに問題なのはこの脳科学委員会の委員に毎日の記者が居る事。
http://www.lifescience.mext.go.jp/files/pdf/6_111.pdf

3910 : Je suis étudiant en 3e cycle de neuro-sciences.

En ce qui concerne la recherche sur «l'adaptabilité et la formation du cerveau selon l'environnement social», si cette phrase est lue hors de son contexte, il semblerait que le Ministère de l'Education voudrait à tout prix lier cette recherche à la «rage».

Cependant, il semblerait que le Mainichi a manipulé les sources en extrayant cette phrase spécifique des documents du Mext [Ministère de l'Education].

Que des résultats appropriés soient atteints ou non, je pense qu'il n'y a rien de mal dans cette recherche en elle-même, ni dans le fait qu'un budget lui ait été attribué. Le problème, c'est qu'un journal malhonnête se comporte de façon aussi autoritaire.

Et, qui plus est, le problème est qu'un journaliste du Mainichi Shimbun est aussi membre du Comité d'Etude du Cerveau. (http://www.lifescience.mext.go.jp/files/pdf/6_111.pdf)

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