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Madagascar : Vivre à l'étranger vous change son homme

Dans un article publié en mars dernier [en anglais], les économistes William Easterly et Yaw Nyarko soulignaient que les transferts d'argent des migrants d'Afrique sub-saharienne vers leur pays natal s'élevaient en moyenne à 81 pour cent de l'investissement étranger [en anglais] de chaque pays.  

Le rôle de la diaspora dans le développement de Madagascar [en anglais] a déjà été abordé dans la blogosphère malgache. Dernièrement, les blogueurs ont abordé l'influence de l'expatriation sur le comportement des Malgaches, et comment leur relation à leurs amis et proches restés au pays en est changée. 

News2dago raconte comment une profonde amitié avec un ami d'école s'est lentement évaporée, car l'ami en question est parti vivre en France [en malgache] :

“Nisy ranamana izay niray dabilio tamiko ary tena akama be mihitsy izy io tany @ taona 1992 tany ho any izahay no nihaona farany rehefa azo moa ny Bacc dia nanam-bitana ranamana ka lasa tany frantsa nanohy ny fianarany. Ny tena moa dia teto @ tanana ihany safidy moa io tsy misy omena tsiny mihitsy. Nivadika teny ihany ny volana sy ny taona tsy dia henoheno intsony ranamana taty aorina fa misy inona ary olona sendra nahalala azy no niteny tamiko oe nanam-bady izy! Ny tena moa manoratra email ihany fa tsy misy valiny intsony e!”

J'avais un bon ami, tout au long des années de lycée. Nous partagions le même banc en classe. Je l'ai vu pour la dernière fois en 1992, après notre baccalauréat.  Mon ami a eu de la chance et a poursuivi ses études à l'université en France. J'ai choisi de rester au pays, c'était une décision personnelle, personne n'est à blâmer là dedans. Les années ont passé et mon ami a progressivement arrêté de donner de ses nouvelles, alors qu'il en envoyait fréquemment avant. Un jour, j'ai appris par une relation commune qu'il s'était en fait marié. Je n'ai pas arrêté de lui envoyer des e-mails mais sans résultats.

News2dago ajoute qu'il a lui aussi eu la possibilité de partir en France en 2005 mais qu'après mûre réflexion, il avait décidé de rester à Madagascar. Il cite quelques unes de ses raisons : la camaraderie semble disparaître entre les Malgaches après leur installation en France, c'est chacun pour soi même, plus de parties de cartes. De plus, il a utilisé l'argent à sa disposition pour aller à l'étranger et lancer son propre projet personnel.  “C'est mieux que d'avoir affaires à ces types, à l'étranger, avec leurs diplômes d'enfer”.

Il ajoute [en malgache] ::

“Ny namana taloha ary ity toa mody fanina izany satria niantso azy efa in-3 aho t@ izany fotoana izany dia noraisiny t@ voalohany nandeha ny resaka ary natsidiko ny teny hoe “hibôsy kely any @ lisany any lesy aho raha sitram-po ny Tompo a”, “hay ve hoy ranamana”, “miantso anla ihany aho rehefa tena tapa-kevitra e”. Nanomboka teo dia lasa messagerie vocal foana ny finday-n'ilay ranamana”

Je l'ai appelé une fois pour bavarder et évoquer le passé. Je lui ai dit que, si Dieu voulait bien, il se pouvait que j'aille travailler là bas et que je devienne l'un d'entre eux.  “Ah bon ?” a-t-il répondu. Depuis cette conversation, chaque fois que je l'appelle, je tombe sur sa messagerie.

Autre histoire : news2dago écrit que sa nièce est revenue à Madagascar pour se marier avec un Malgache rencontré en France. Ils avaient tout organisé d'avance, y compris un photographe professionnel, qui est venu de France. Ils ont demandé à pouvoir utiliser sa connexion Internet pour organiser leur lune de miel à Mahajanga, après le mariage. Mais ils n'ont pas jugé nécessaire de le saluer avant de repartir en France. Vivre à l'étranger vous change son homme. 
Dans son commentaire sur ce témoignage Ravatorano argumente que feindre l'indifférence ou ignorer les anciens amis n'est pas l'apanage des compatriotes qui vivent à l'étranger. Il admet cependant que respecter les personnes qui vous ont aidé est un minimum.  Simp plaisante : ” Pardonnez leur, ils ne sont que des humains…Les bonnes actions sont les graines de la chance et les mauvaises actions sont des épées de Damoclès karmiques”.  

lehilahytsyresy tente de comprendre comment les amitiés virent aux amitiés intéressées [en malgache] :

“Rehefa voaporitra mafy ao anaty fiaraha-monina gejain'ny concurrence ady-saritaka isan'andro isan’ andro izy, dia normal raha toa ka raiki-tapisaka ao an-tsainy koa izay fomba fisainana “namana-raha-misy-patsa” izay, mba hahafahany mi-survivre. Rehefa avy eo koa anefa, dia tsy afaka intsony ilay toetra ka na dia ny havana koa aza, dia lasa anaovana “havako-raha-misy-patsa”.

“Quand les Malgaches de l'étranger sont sous la pression de la réalité de la vie à l'étranger, de la dure compétition et du stress de la vie quotidienne, il est normal que l'attitude “Ami avec qui peut m'être utile” s'impose, c'est une condition de survie. Cependant, cette attitude devient partie intégrante de leur personnalité, au point de toucher aussi leurs proches, on en arrive à  “parents uniquement avec ceux qui sont pleins de fric”.

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