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Changement climatique : augmentation de la propagation des maladies ?

Cet article, publié sur Global Voices en anglais le 23 octobre 2008, a été traduit par Guillaume Falzon et Olivier Desautard, de la classe préparatoire ECS3 du Lycée Ozenne de Toulouse, sous la direction de leur professeur Audrey Lambert, dans le cadre du projet pédagogique “Initiation à la traduction d'actualités”.

La fonte de la calotte glacière, la hausse du niveau de la mer et des conditions météorologiques extrêmes ne sont pas les seules conséquences potentielles du changement climatique. Les scientifiques nous mettent en garde que les changements climatiques peuvent aussi menacer la santé publique en augmentant la propagation de maladies et d’autres problèmes de santé.

La question de l’impact du changement climatique sur la santé est actuellement très en vogue. Des experts de la santé partout dans le monde se sont consacrés à ce domaine [anglais], et le sujet a été évoqué dans des revues médicales [anglais] et lors de la Journée Mondiale de la Santé cette année. Les chercheurs craignent que les tendances actuelles de réchauffement, si elles ne sont pas maîtrisées, n'augmentent fortement les risques sur la santé. Ces risques sanitaires vont des décès liés à des températures extrêmement élevées et des désastres naturels à un changement de schéma des maladies qui sont sensibles à la température et aux précipitations, comme la malaria et la dengue. Les experts disent que nous avons déjà vu des exemples de cet impact, des épidémies de choléra au Bangladesh à la fièvre de la Vallée du Rift en Afrique.

Laura Grant, publiant sur Treevolution, ajoute [anglais, comme tous les blogs cités] que les effets du changement climatique ont été également observés au Kenya. 

Le Comité Intergouvernemental sur le Changement climatique nous a avertis que la gamme de maladies transmises par un vecteur, comme la malaria, se transformera probablement à cause du changement climatique. Le Kenya a déjà signalé des cas de cette maladie dans des régions où elle ne sévissait pas auparavant. 

Bien que le changement climatique soit un phénomène mondial, les experts avertissent que ses conséquences sur la santé seront les plus graves pour les populations et les pays les plus pauvres. Environ 600 000 morts ont été causées dans le monde entier par des désastres naturels liés aux conditions météorologiques dans les années 1990 et environ 95 pour cent de ces catastrophes se sont produites dans des pays pauvres. De plus, la diarrhée, la malaria, la malnutrition liée au manque de protéines, qui toutes sont sous l'influence du climat, ont provoqué plus de 3 millions de morts à l’échelle mondiale en 2002 ; plus d’un tiers de ces morts se sont produites en Afrique. Cette galerie de photos illustre d’autres conséquences du changement climatique sur la santé.

Cependant, le blog Globalisation and the Environment souligne qu’il est difficile de distinguer l'impact du changement climatique de celui de la pauvreté sur la santé.

Il y a un débat important à propos de l’effet du réchauffement de la planète sur la propagation des maladies. Tâchez de retenir qu’il existe un rapport étroit entre la pauvreté et la maladie tout autant qu’entre la maladie et le climat. Une fois cet aspect mis de côté, il est toujours intéressant pour un scientifique lugubre d’envisager d’autres manières de mourir.

C’est justement ce qu’ont fait les scientifiques de la Wildlife Conversation Society (WCS) – ils ont publié un rapport [anglais] au début du mois mentionnant 12 maladies animales et humaines qui pourraient s’étendre à de nouvelles régions du monde à cause des changements de température et de régime des pluies. Les « 12 tueuses » incluent la grippe aviaire, le choléra, le virus Ebola, la maladie de Lyme, la tuberculose et la fièvre jaune. Pour prévenir une pandémie majeure, le WCS recommande un meilleur contrôle de la santé de la faune afin de découvrir comment ces maladies évoluent. Trimurtulu, publiant sur MeDiCalGeek, développe leurs suggestions :

Les auteurs suggèrent que la meilleure façon de nous protéger contre les pires scénarios possibles est de suivre l’évolution des maladies chez les animaux en établissant un réseau de surveillance global basé sur un mélange de science occidentale et de connaissances des populations indigènes.

Le rapport a effrayé certains blogueurs, notamment sur ThinkingShift, en ce qui concerne le lien entre la maladie et le climat. Une blogeuse déclare :

En ce moment, nous sommes si absorbés par le vacarme financier que si nous pensons au changement climatique, nous ne pensons qu’au réchauffement des régions, à la montée du niveau de la mer, aux pauvres ours polaires incapables de trouver assez de banquise pour se reposer etc. Mais nous arrive t-il de penser aux maladies mortelles auxquelles nous pourrions faire face ? Eh bien, ce rapport m'a assurément aidée à y songer, surtout le fait que des agents pathogènes, qui constituent une menace pour l'humanité, ont déjà causé d’importants dégâts économiques. Le virus SRAS et la grippe aviaire, par exemple, ont déjà provoqué dans les 100 milliards de dollars de pertes pour l'économie mondiale.

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) affirme qu’à moins que des mesures d’adaptation ne soient prises, le changement climatique va certainement faire à peu près doubler d’ici les années 2050 le pourcentage de la population menacée par la faim et les effets sanitaires associés. Maina, qui blogue sur Baraza, propose de multiples solutions pour combattre ce problème.

Un, nous devons adopter un mode de vie durable en tant qu’êtres humains pour réduire la gravité du changement climatique et ses effets;  deux, maintenant plus que jamais, nous devons protéger notre faune car elle est notre système d’alerte précoce contre les épidémies de maladies mortelles. 

Pourtant, leg-iron accuse le rapport de la WCS (Wildlife Conservation Society – Société pour la Conservation de la faune) d'être alarmiste et sans fondement scientifique. Peri Urban, qui blogue sur urban blog, ajoute que très peu de recherches existent dans ce domaine et que le lien entre le changement climatique et la santé n'a pas encore été prouvé.

A notre connaissance, « il n'y a pas d'‘‘effets négatifs’’ dont l’OMS  devrait se sentir obligée de nous protéger. Il n'est pas non plus possible de sensibiliser le public à une question qui doit encore faire l’objet de recherches, à moins que votre objectif ne soit de générer d’avance la conviction qu’il y a un problème pour que puissiez obtenir un financement. Les scientifiques ont des emprunts à rembourser, tout comme le reste d'entre nous.

Photo de Fleurs de cerisiers en janvier par Night Heron sur Flickr.

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