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Egypte: Victimes de harcèlement sexuel et tenues au silence

Le 1er novembre, les lecteurs de Al Masry Al Youm [en arabe] ont été scandalisés en lisant un article concernant deux jeunes filles qui s'étaient rendues au poste de police pour déclarer un cas de harcèlement sexuel, mais qui, au lieu d'être entendues par les policiers en fonction, ont été retenues en garde à vue pendant six heures et harcelées par ces derniers.

Amira Gamal, une blogueuse très active, administratrice du collectif Kolena Noha Group  (Nous sommes tous  Noha) sur Facebook, lance  un appel au secours et demande des idées aux membres du groupe, en écrivant [les liens sont en arabe]:

Avec ce lien et à l'aide des informations ci-dessus, l'identité du véritable harceleur a été révélée au grand jour. Le temps est un élément déterminant depuis que Noha  a déclaré [en anglais] “Non! Je déclarerai à la guerre au harcèlement. Je ne renoncerai pas à mes droits. Je me débarrasserai de mon sentiment de honte car il n'est pas justifié: les harceleurs devraient avoir honte de ce qu'ils font, pas nous.” Shaimaa, Heba et des milliers d'autres femmes ont suivi l'appel de Noha et décidé de combattre le harcèlement sexuel avec courage.

Non seulement les deux jeunes filles n'ont pas été entendues au poste de police mais surtout, elles ont été victimes de harcèlement, de menaces et des insultes les plus violentes. Tout Egyptien comprend les connotations négatives associées “aux postes de police”, car ce sont les humiliations ou plutôt la peur des humiliations, qui viennent immédiatement à l'esprit. Dans ce cas, alors que Shaimaa et Heba étaient venues chercher de l'aide contre le chauffeur de bus qui les avaient agressées, elles se sont retrouvées confrontées à une centaine de mâles, pleins de rancoeur après la condamnation que Noha a récemment obtenue contre son agresseur. Leur but était de faire amèrement regretter à toute jeune femme ne serait ce que l'idée de faire comme Noha et de se rebeller.

Alors que les deux jeunes filles ont abandonné leur droit de porter plainte et ont même supplié la police de les laisser rentrer chez elles, le  policier même qui les a malmenées insiste pour les poursuivre en justice pour agression. Si Shaimaa et Heba ont eu peur, c'est à cause d'un sentiment d'isolement et de solitude ; ceci est donc un appel à toutes les femmes fortes et hommes dignes de ce nom en Egypte . Montrons-leur qu'elles ne sont pas seules, et que des milliers d'Egyptiens et d'Egyptiennes sont prêts à les soutenir contre leurs agresseurs, que ce soit le chauffeur ou les policiers ! J'attends impatiemment vos suggestions.

Ahmed Ali Eid, un jeune activiste a publié un billet  [en arabe] sur Facebook, qui interroge jusqu'à la valeur de la citoyenneté égyptienne:

Shaimaa: Heba a demandé une chaise pour s'assoir à cause de ses rhumatismes articulaires mais l'officier Mohamed Waguih l'a insultée avant de finalement la frapper. Un autre officier a tiré Heba par les cheveux, a actionné son arme de service et a menacé de nous tuer toutes deux, parce qu'elle s'est défendue contre les coups. 

Heba: J'ai été blessée jusqu'au sang durant ma garde à vue pour avoir “agressé un officier de police”; ils ont refusé de me soigner ou de m'envoyer à l'hôpital.

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