Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Pirates somaliens : que faire ?

La semaine dernière, un superpétrolier saoudien a été arraisonné par des pirates somaliens au large du Kenya, ce qui en fait le plus gros navire jamais capturé de cette façon. Le problème de la piraterie somalienne prend de l'ampleur ; dans ce billet, nous prenons connaissance des réactions des blogueurs à travers le Moyen-Orient.

Le blogueur saoudien Ahmed Ba Aboud  [en arabe] veut que les pays arabes et les institutions internationales fassent quelque chose contre les causes de l'accroissement de la piraterie :

 

أعتقد أن الغالبية سمعوا عن ناقلة النفط السعودية العملاقة نجم الشعرى و التي خُطفت على يد مجموعة من القراصنة الصوماليين. لا أعرف كيف يمكن أن تنتهي هذه القضية، و لكنني أتسأل كيف يمكن لنا كبشر و مسلمين أن ننام ملئ جفوننا بينما تسوء أوضاع الصوماليين لدرجة تصبح القرصنة مهنة مفضلة لدى بعض الصوماليين. هذا السؤال بالطبع ليس محصور بالمسلمين الذين يعانون من سوء أوضاعهم على جميع الأصعدة، بل الأولى بالسؤال هو ما يسمى بالمجتمع الدولي و الأمم المتحدة و مجلس الأمن الموقر. كل هذه الأطر الدولية تظهر و تتفاعل مع القضايا حال كون المتضرر أو المستفيد منها هو أحد القوى الدولية المهمة، بينما يغض العالم الطرف عن مأسي الصوماليين كل هذه السنوات الطويلة جداً منذ سقوط نظام زياد بري، و لا يتذكرهم إلا في حالات الإستياء الأمريكي مما يزعم عن قواعد لتنظيم القاعدة هناك أو من خلال إرسال بعض الأطعمة للجوعى هناك.
من المؤسف بالنسبة لي أن تجتمع الدول العربية المطلة على البحر الأحمر من أجل مناقشة سبل حماية الملاحة في البحر الأحمر و يتم تناسي الأسباب الجذرية للمشاكل الصومالية و الدور الإنساني و الديني و المنطقي المفترض تحمله تجاه الصومال و اهله.
Je crois que presque tout le monde a entendu parler du superpétrolier saoudien, le Sirius Star, qui a été capturé par un groupe de pirates somaliens. Je ne sais pas comment cette affaire peut être réglée, et je me demande comment, en tant qu'êtres humains et musulmans, nous pouvons dormir la nuit alors que la situation des Somaliens se détériore au point que la piraterie est devenue le métier choisi par certains d'entre eux. Cette question n'englobe évidemment pas seulement les musulmans, qui subissent une situation difficile à tous les niveaux ; elle s'adresse naturellement surtout à la soi-disant communauté internationale, aux Nations Unies et au Conseil de Sécurité. Toutes ces structures internationales apparaissent et interviennent lorsque la partie qui en bénéficie est l'une des puissances internationales importantes, tandis que le monde a fermé les yeux sur les souffrances des Somaliens depuis de longues années, depuis la chute du régime de Siad Barre. On ne se souvient d'eux que dans les cas où les Etats-Unis expriment leur mécontentement face aux présumées bases d'Al Qaïda  là-bas, ou  par l'envoi d'aide alimentaire aux affamés de la région. C'est une honte, à mon avis, que les pays arabes autour de la mer Rouge se rencontrent pour discuter des moyens de protéger la navigation en mer Rouge, en oubliant les racines des problèmes somaliens et le rôle humanitaire, religieux et évident qu'ils sont supposés jouer à l'égard de la Somalie et de son peuple.

Le blogueur syrien Maysaloon pense qu'il faut aller au-delà des apparences dans cette histoire (en anglais) :

Apparemment, cette affaire de piraterie somalienne n'est devenue un problème qu'en 2005, à peu près au moment où quelqu'un a commencé à fournir à ces hommes des vedettes rapides blanches. Il y a probablement une part de vérité là-dedans, et quelqu'un gagne probablement beaucoup d'argent avec ça, de sorte que les vrais pirates ne gardent qu'une fraction de leurs prises. Pourtant, il y a d'énormes sommes d'argent payées en rançons, des quantités de marchandises volées et je ne vois pas très bien comment ces biens peuvent être vendus dans un pays pratiquement sans infrastructure. Récemment, ils se sont aussi emparés d'une cargaison de tanks russes. La Somalie n'a été «libérée» que récemment par les troupes éthiopiennes, avec la bénédiction des Etats-Unis : intéressant, non ?

Le blogueur irakien Roads to Iraq a aussi sa théorie du complot, traduisant certaines opinions trouvées sur les sites d'information arabes (en anglais)

Il y a une part de vérité derrière les accusations du Yémen contre les pays occidentaux d'ignorer la piraterie pour internationaliser la mer Rouge. … Voici aussi ce qu’Al-Akhbar a rapporté aujourd'hui en ces termes :

“Les flottes occidentales soulèvent des doutes quant à la nature de leur mission… Le ministre des Ports du Puntland, Nur Saïd, la flotte occidentale conduite par les [Etats] Unis près de la côte somalienne impliquée dans l'accroissement des opérations de piraterie… Le président de la Compagnie de navigation de la Mer Rouge, Abdul Majeed Matar, a rappelé comment le commandant d'un navire de guerre britannique a téléphoné à la compagnie pour leur raconter les détails de l'arraisonnement de leur navire (Al-Mansoura) au lieu d'intervenir militairement pour empêcher l'opération [de piraterie]”.

Le dernier indice est apporté par Al-Sharq Al-Awsat interrogeant un des pirates, qui révèle :

“Certains pays fournissent aux pirates des informations sur les routes des bateaux dans la zone”.

John Burgess, qui écrit sur l'Arabie saoudite sur le blog Crossroads Arabia, décrit (en anglais) les projets du royaume saoudien pour s'impliquer davantage dans les tentatives de contrôle de la piraterie :

L'Arabie saoudite a compris qu'elle doit prendre toute sa place dans la lutte contre la piraterie internationale, surtout après la capture du Sirius Star, le superpétrolier saoudien arraisonné pendant le week-end. Le tanker, qui contient ¼ de la production journalière de pétrole saoudien, est retenu au large des côtes somaliennes. La marine de l'Arabie saoudite est réduite, elle n'a pas de capacités de haute mer. Elle peut participer à des patrouilles anti-pirates et est suffisamment armée pour couler n'importe quel vaisseau pirate, depuis les bateaux d'attaque jusqu'aux «bateaux-mères» qui leur serve de bases. La marine saoudienne n'est probablement pas assez importante pour des missions d'escorte de port à port, pas même pour le plus géant des superpétroliers, mais elle pourrait assurer des escortes plus courtes, dans des eaux particulièrement dangereuses. […] La nouvelle attitude saoudienne est enflammée. Arab News, dans un éditorial, appelle réellement à des attaques sur les villes portuaires de Somalie qui abritent les flottes pirates. Et certes, les «dommages collatéraux» sont toujours possibles quand on entreprend une action militaire. C'est incontournable. Mais peut-être que si les armées arabes étaient contraintes de regarder cette réalité en face, cela changerait un peu la rhétorique ampoulée sur d'autres victimes involontaires dans d'autres guerres.

Dans son billet, John Burgess mentionne que la Marine indienne a coulé un «bateau-mère» pirate au début de la semaine, sur quoi le commentateur ratherdashing a ironisé :

Apparemment la défense des routes maritimes a été délocalisée en Inde, comme tout le reste.

Le blogueur israélien d'origine américaine Yisrael Medad voit la situation sous un autre angle

Si ces pays [arabes] ne peuvent pas s'occuper d'une douzaine de pirates, à quoi s'attendre contre l'Iran nucléarisé ?

Le blogueur jordanien Hareega veut offrir aux pirates un petit encouragement – au moyen d'un lien vers une version en dessins animés japonais de l'Ile au Trésor qu'il regardait enfant :

الطاقم الفني والإداري والمهني في مدونة هاريغا يتمنى للاخوة الصوماليين كل التوفيق في إحكام سيطرتهم على سفينة النفط التابعة للاخوة السعوديين ويتمنى لهم كل التوفيق في قرصنة كل ما تبقى من هذه السفن، ولتشجيع الاخوة القراصنة نقوم بتقديم هذه الأغنية الهادفة من مسلسل جزيرة الكنز، المسلسل الوحيد المعروض على شاشة تلفزيون مقديشو منذ عشرين سنة وهو ما ألهم الاخوة القراصنة في تنفيذ عملهم التاريخي ….
L'équipe technique, administrative et professionnelle du blog Hareega souhaite aux frères somaliens plein succès pour resserrer leur contrôle sur le pétrolier appartenant aux frères saoudiens, et leur souhaite plein succès pour pirater tous les navires restants. Pour encourager nos frères pirates, nous proposons cette chanson de la série L'Ile au Trésor, la seule série diffusée sur les écrans de télévision de Mogadiscio au cours des 20 dernières années, qui a donné aux frères pirates l'inspiration pour entreprendre leur mission historique…

Pour regarder le clip vidéo, cliquez ici.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
* = required field
Non merci, je veux accéder au site