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Thaïlande : Les aéroports sont rouverts mais la crise n'est pas finie

Les aéroports de Bangkok sont maintenant rouverts. Les opposants ont acceptés de mettre fin à leur occupation après que la Cour constitutionnelle thaïlandaise (tous les blogs cités sont en anglais) ait ordonné la dissolution du parti au pouvoir, forçant le premier ministre à démissionner. Les militaires gardent maintenant les aéroports. On conseille aux touristes de contacter leur compagnie aérienne et les offices de tourisme pour vérifier les horaires des vols.

La semaine dernière, des opposants de “l'Alliance du peuple pour la démocratie” (PAD) ont occupé les deux aéroports de Bangkok pour obtenir la démission du gouvernement, accusé de corruption. L'occupation de l'aéroport a bloqué plus de 300 000 passagers en Thaïlande.

En raison de la décision favorable de la Cour constitutionnelle, les opposants crient victoire. Cependant, il promettent de lancer des actions de protestation similaires dans le futur si des réformes ne sont pas mises en place. Un extrait de la déclaration du PAD :

« Le PAD demande au parti qui obtiendra le pouvoir, quel qu'il soit, de gouverner le pays, de trouver une solution aux problèmes actuels et de ne pas créer des conditions qui amèneraient une autre agitation politique dans le pays. Ne mettez pas des personnes du régime de Thaksin au pouvoir. Dénoncez les délits commis par le régime de Thaksin.

Unissez-vous au peuple pour faire de la nouvelle politique une réalité. »

Le PAD prend les engagements suivants :

1. Si un gouvernement par procuration du régime de Thaksin est à nouveau mis en place ou si il y a tentative de modification de la Constitution ou de la loi afin de camoufler les délits commis par des personnes du régime de Thaksin, au profit de politiciens ou pour diminuer le pouvoir du roi, le PAD reviendra.

2. A partir de maintenant, si un gouvernement, quel qu'il soit, vient au pouvoir sans être sincère dans ses efforts pour mettre en place une nouvelle politique avec le peuple, le PAD reviendra. »

Thaksin, ancien Premier Ministre de la Thaïlande, a été évincé par un coup d‘état il y a deux ans. Le PAD a accusé les deux derniers Premier Ministre d'être des marionettes manipulées par Thaksin.

Thai Politico interprète la déclaration du PAD :

« L'implication actuelle est que le PAD occupera à nouveau l'aéroport si le nouveau Premier Ministre ne lui convient pas. Les forces de l'ordre vont-elles enfin sécuriser totalement les aéroports de Thaïlande pour que ce qui s'est passé ne se reproduise plus ? Ou verrons nous l'armée se réfugier dans un coin comme des poules mouillées ? »

New Mandala pense que la victoire du PAD sera de courte durée :

« Les célébrations des chemises jaunes à Suvanabhumi seront de courte durée. Le parlement n'a pas été dissout et le gouvernement maintiendra très probablement sa majorité. Le parti démocrate (sauf lorsqu'il perd une élection) ne peut tout simplement pas rassembler les foules. Une intervention judiciaire ou militaire plus flagrante sera nécessaire pour renverser le gouvernement.

dessin politique de Sacravatoons

Caricature politique de Sacravatoons

Le PAD est populaire à Bangkok mais l'occupation de l'aéroport l'a rendu moins populaire aujourd'hui. Le PAD est accusé d'avoir des liens étroits avec la monarchie et l'aristocratie de Bangkok. D'autre part, la plupart des électeurs ruraux soutienne le parti de Thaksin. D'où la question : “Et si les fermiers  organisent leur propre manifestation contre le PAD et l'aristocratie urbaine en refusant de planter du riz ?”

Les touristes bloqués reviennent sur leur expérience en Thaïlande. Tuesdaynight raconte comment sa femme et lui ont pu quitter le pays par voie terrestre en passant par la Malaisie et Singapour. Il écrit :

« Enfin, je dois dire qu'après tout ça, je considère que nous avons eu de la chance. Nous avons trouvé un moyen pour sortir du pays et ça a marché. Je compatis vraiment avec les milliers de personnes dont le voyage a été marqué par ces incidents. Mais plus encore, je compatis avec le peuple thaïlandais qui doit maintenant trouver une forme de stabilité politique. »

En dépit du chaos à l'aéroport, la vie à Bangkok la semaine dernière semblait normale. Oneditorial écrit :

« Pendant la semaine, j'ai appelé ma famille pour avoir leur point de vue sur cet événement. Ils n'avaient pas l'air de beaucoup se préoccuper de ce qui se passait. Ils continuaient leurs activités quotidiennes comme à l'habitude. En fait, le jour où j'ai parlé à ma mère au téléphone, toute la famille était absorbée par une série télé thaïlandaise, sans s'inquiéter que le pays connaisse des troubles politiques. J'aurai simplement aimé pouvoir être aussi détaché qu'eux. »

Andrew Biggs se demande si la crise de l'aéroport aura des résultats positifs :

« Se peut-il que la douleur, la honte et la colère que nous avons tous ressenti à la fermeture de l'aéroport à cause du PAD annoncent en fait une nouvelle ère politique pour la Thaïlande ? Serait-ce possible que quelque chose de positif ressorte de tout cela ? »

Un anonyme critique les organisateurs de la mobilisation :

« Je suis sûr que les groupes terroristes de l'Asie du sud-est ont remarqué le manque total de sécurité à l'aéroport et cela fera ainsi de lui une cible facile pour les groupes qui prévoient des attaques terroristes contre les avions et les passagers. Bangkok, plaque tournante des échanges aériens ? Je n'y crois plus. Quelle compagnie aérienne voudra arriver et partir de Bangkok quand les gardes de sécurité de l'aéroport ont fui comme des poules mouillées devant leur propre peuple ? Honte à la Thaïlande  pour avoir permis à ce groupe anti-démocratique d'agir comme des terroristes et de tenir un pays entier en otage. La Thaïlande va subir les conséquences de cette catastrophe et je plains les gens ordinaires qui n'ont pas participé à cette manifestation mais qui risquent de perdre leurs emplois. »

Gabriella Haynes décrit l'état d'esprit à Bangkok :

« Depuis le début des manifestations, l'atmosphère de Bangkok était dans l'ensemble calme, “les affaires continuent”, comme à l'habitude. Alors que les habitants de la ville ne prennent pas à la légère les accès sporadiques de violence, en apparence fortuits, et les pertes en vies et en revenu, il n'y a pas de sentiment généralisé de panique et d'inquiétude. Les agences de presse internationales rapportent le grabuge et interviewent les touristes affligés et épuisés, bloqués dans le pays. Toutefois, la plupart des Thaïlandais auxquels j'ai parlé ont exprimé leur inquiétude envers les risques potentiels de violence et la situation économique du pays. »

Mais n'oublions pas que les supporters pro-gouvernementaux sont aussi nombreux dans la capitale :

“Le PAD a cessé ses manifestations pour l'instant mais la capitale a également été inondée de supporters pro-gouvernementaux, ce qui veut dire que la situation n'est pas désamorcée.”

Photos de Ronn Ashore et Willie Lunchmeat sur Flickr

Thomas Wanhoff, du Vietnam, est désappointé de voir que les touristes se plaignent de vols manqués, alors que les opposants de Bangkok se battent pour une cause :

« C'est tout simplement incroyable. Il y a des gens en Thaïlande qui essayent de se battre pour la démocratie [bien sûr, ce qui est leur conception de la démocratie], en tout cas, qui se mobilisent contre le gouvernement corrompu, et les touristes se plaignent d'avoir manqué leurs vols. »

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