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Croatie : Polémique autour de la liberté d'expression

Les Croates sont mécontents de leur gouvernement actuel, doutant de sa capacité à conduire des réformes économiques réalistes, et le font savoir dans la rue comme sur Internet. Ce mécontentement s'exprime notamment à l'encontre du Premier Ministre Ivo Sanader, et un Groupe d'opposants s'est même créé sur Facebook Group, intitulé :  “Je parie qu'on va trouver 5 000 utilisateurs de Facebook qui n'aiment pas Sanader !” [en croate]. Bien entendu, ce Groupe a dépassé cet objectif et compte maintenant 15 000 membres, comme le montre cette capture d'écran.

Facebook Group
Capture d'écran de Facebook.

Le créateur de ce Groupe, Niksa Klečak, a eu dernièrement des ennuis, comme nous l'apprend un billet de Svetlana Gladkova [en anglais] sur Profy :

Le principal problème avec ce Groupe est que ce type n'est pas un simple citoyen mécontent du Premier Ministre et de la politique économique de son Gouvernement : il est le président d'une section locale des jeunes du SDP (Parti Social-Démocrate), qui est dans l'opposition au Gouvernement actuel de la Croatie… Mais ce qui lui arrive est tout simplement scandaleux : [le 28 novembre 2008] il a été arrêté par la police qui l'a accusé de détention d'insignes et de propagande nazis chez lui. N'ayant pu trouver aucune preuve, elle l'a ensuite accusé d'avoir des liens avec la pornographie pédophile. La police a finalement libéré Niksa Klečak faute de preuve, mais le réseau social et les médias locaux commentent abondamment cette arrestation.

Vesna Škare Ožbolt [en anglais] est l'une des personnalités les plus en vue, en tant qu'ancien membre du Gouvernement Sanader, à dénoncer l'absurdité de cette arrestation. Ella a écrit ceci sur son blog, Funky Politika [en croate] :

En France on peut vendre des poupées vaudou de Sarkozy.
En Croatie, les rassemblements virtuels sur Facebook sont interdits.
Je ne préfère pas imaginer ce qui arriverait à ceux qui voudraient vendre en plein Zagreb des poupées vaudou représentant celui dont il ne vaut mieux pas citer le nom.
…L'incident à propos de Facebook nous envoie à tous un message. Le message est que ceux qui se battent pour la liberté d'expression dans ce pays doivent être plus forts.

Sur Reci.hr, T-Zombix réagit à sa façon [en croate] :

Il est à présent clair que la tâche principale de notre police est le nettoyage de la Mafia, qui est la Mafia, et où est la Mafia. Et la Mafia est sur Internet, et très active sur Facebook où elle inflige des dommages incalculables à notre pays.

Le Premier Ministre Sanader s'est voulu respectueux des libertés, et a affirmé que cette arrestation n'était pas de son fait, selon ce que la BBC a rapporté [en anglais], en déclarant que “personne ne devait être arrêté ou détenu en Croatie pour avoir exprimé des opinions différentes”. Bien entendu, Klečak est persuadé du contraire, comme l'écrit Marko Biočina sur Tyche [en croate] :

Klečak, qui ne participe pas à l'organisation de la manifestation de protestation du 5 décembre [2008], a dans ses premières déclarations soutenu que l'ordre de son arrestation a été donné directement depuis la capitale.

Cette “initiative de protestation” fait partie d'un mouvement qui s'est développé ces derniers jours, et qui a poussé un grand nombre de personnes à appeler à l'action, comme le fait ce billet sur Opurba [en croate] :

C'est super d'être dans le monde virtuel si courageux, sans peur, défendant ses opinions, et de souhaiter une nouvelle révolution par Internet.
Mais certains de ces cybermilitants devraient à présent abandonner le monde virtuel pour descendre dans les rues des principales villes croates.

Cet appel est relayé par ce billet de Marko Biočina [en croate] :

… si tout se passe comme prévu, [des manifestations] auront lieu le 5 décembre sur les places centrales de huit villes de Croatie, Zagreb, Split, Osijek, Rijeka, Zadar, Sibenik, Pula et Požega.

Le journal croate Jutarnji [en croate] a estimé que la plus importante de ces manifestations a rassemblé 2 000 personnes à Zagreb. Il sera intéressant de voir quel impact auront ces événements, au moment où la Croatie se trouve à un tournant important de son histoire contemporaine, avec en ligne de mire son adhésion à l'Union Européenne. Vesna Škare Ožbolt en est très consciente en concluant son billet [en croate] :

Ainsi la poursuite de la répression et les soubresauts de la lutte pour le pouvoir pourraient continuer, et même nous pousser à la fabrication à la chaîne de poupées vaudou, bien sûr… seulement quand on aura rejoint l'UE, très bientôt, n'est-ce pas ?

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