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Guadeloupe: l'essence est trop chère, la population débraye!

Après le blocage général en Guyane [en français], c'est maintenant au tour de la Guadeloupe, Antilles françaises, de se réveiller paralysée.

L’île en forme de papillon  reliée par les ponts de la Gabarre et de l'Alliance, est paralysée des deux côtés:  la Grande-Terre et la Basse-Terre. Gwada, dans Bienvenue sur Karukéra, parle des principaux barrages auxquels sont confrontés les chauffeurs, qui doivent se déplacer sur l'île: 

Depuis deux jours les routes principales sont bloquées. Des barrages ont été installés sur les axes et carrefours principaux: Montebello, Capesterre, Gourbeyre, Baillif, La Boucan… en Basse-Terre; La Jaille, La Voie Verte, Saint-Félix, Morne à l'Eau… en Grande -Terre….
Il n'est quasiment pas possible de circuler, sauf sur tout petits périmètres….

Tout a commencé le lundi 8/12, quand les chauffeurs de camions, de transports en commun et de transports d'élèves, ont mis à exécution leur menace et ont bloqué les routes principales de l'île, en signe de protestation contre le prix de l'essence. A l'instar des Guyanais juste avant, les Guadeloupéens s'interrogent sur la raison pour laquelle le prix du gaz et de l'essence à usage professionnel et domestique n'a pas baissé, alors que les informations venant de l'extérieur laissent entendre que le prix du baril de brut est en constante baisse. 

Le jeudi 04/12, après une décision du Gouvernement motivée par la crise guyanaise, les Guadeloupéens pouvaient remplir leur bac à essence pour 1,36 euros le litre contre 1.51 euros, mais cela ne semblait toujours pas suffisant à côté d'1 euros le litre de sans-plomb en France métropolitaine aujourd'hui.
Bien sûr cette situation soulève la question de la façon dont est fixé le prix de l'essence par le gouvernement français. Gwada explique ici l'équation complexe qui répond à cette question:

Il faut savoir….. Dans les DOM, le prix des carburants est fixé par arrêté préfectoral… Dans tout le département, il est le même, quelque soit la marque du distributeur, quelque soit le lieu de distribution. L'équation qui sert à fixer ce prix est complexe, et verrouillée par les distributeurs eux-même…. Pas de concurrence, sous le regard bienveillant de l'état….

Ainsi en signe de mécontentement et d'incompréhension, les socio-professionnels se sont passé le mot de barrer l'accès aux routes le lundi 08/12. Après ce “Lundi Noir”, la blogosphère guadeloupéenne et les médias traditionnels se sont mis à réagir pour expliquer les raisons d'une telle mobilisation et échanger des informations pour se déplacer et éviter les barrages. Géraldine en Guadeloupe écrit La Gwada bloquée à quelle point il est difficile de rejoindre Jarry aujourd'hui:

Aujourd'hui, ils remettent ça accompagnés cette fois par les transporteurs. Et le blocage se durcit. Comme on peut le voir sur la carte, pas question d'aller plus loin que Jarry qui est complètement désert alors qu'il s'agit de la plus grosse zone économique de l'île.

La raison la plus évidente de bloquer Jarry est de rendre la mobilisation plus visible, mais il y a une raison plus officieuse qui est que Jarry accueille le Port Autonome de l'île ainsi que les dépôts de pétrole. Le but est de mettre la pression sur la SARA, unique raffinerie des Antilles française, qui détient le monopole du pétrole en Guadeloupe et en Martinique. Comme l'explique Gwada ci-dessus, ce monopole place donc la SARA en position de partenaire privilégié du préfet, quand il s'agit de fixer les prix des carburants. La classe politique guadeloupéenne se sent en général écartée de ce type de décisions et a opté cette fois pour le soutien au mouvement et même pour être le porte-parole des électeurs.

Quelque soit la solution à ce conflit, les manifestants peuvent s'enorgueuillir d'avoir donné une dimension nationale à leur mobilisation dès le départ. Cette vidéo de LCI, une des principales chaînes d'informations françaises, montre à quel point la France hexagonale ne peut plus rester sourde aux revendications ultra-marines. Mycho, dans Critiqart Guadeloupe, qui tente de suivre le mouvement jour après jour, attend le discours d’ Yves Jégo, le Secrétaire d'Etat aux Départements Outre-Mer, qui doit normalement apporter un solution au problème lors d'une visio-conférence ce jour.

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