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Côte d'Ivoire : Entretien avec Israël Yoroba, lauréat du prix Best of Blog francophone

 Israël Yoroba Guebo est un journaliste multimédia ivoirien de 26 ans qui blogue sur son pays depuis plus d’un an sur Le blog de Yoro. Son travail vient d'être récompensé par le prix Best of Blogs, le prestigieux prix international de blogs organisé chaque année par la Deutsche Welle, dans la catégorie Meilleur blog francophone. L’année dernière, un autre blogueur africain avait été choisi comme meilleur blogueur francophone : Cédric Kalonji, de la République Démocratique du Congo, un ami de Global Voices, que nous avions interviewé à cette occasion. Aujourd'hui, nous avons eu la chance d’interviewer également Yoro. [Interview réalisée et écrite en français par Elia Varela Serra]

-Comment avez-vous entendu parler des blogs pour la première fois et quand avez-vous commencé à bloguer ?

Il y a longtemps que j’ai entendu parler de blogs, sans véritablement savoir ce que c’était. Mais je peux dire que j’ai découvert cet univers virtuel alors que je dirigeais la page internationale d’un quotidien où j’exerçais comme journaliste. J’ai découvert des blogs de journalistes, d’écrivains, de chanteurs… cela remonte à 2006. Puis mon rédacteur en chef à l’époque, Théophile Kouamouo, a crée son blog où il diffusait ses éditos et ses points de vue. J’ai vu quelqu’un de proche bloguer. Et cela m’a énormément stimulé.

Le 23 Juin 2007, je crée mon premier blog sur Afrikblog, où j’aborde tous les sujets d’ici et d’ailleurs. Sur ce blog, je n’ai pas de ligne éditoriale précise. Mes idées sont un peu éparpillées. Normal, c’est un peu comme un exercice pour moi. Enfin, en décembre 2007 la blogosphère ivoirienne ‘‘ouvre’’ sa première plate-forme, Ivoire-blog.com. J’y crée Le Blog de Yoro, qui vient d’être désigné Meilleur Blog francophone à l’occasion des prix Best of Blogs.

- Quelles ont été vos motivations pour ouvrir un blog ?

Ma première motivation était de faire connaître la Côte d’Ivoire sous un autre visage. Vous savez qu’à la faveur des cinq années de guerre que ce pays a connues, son image a été souvent salie. Il était bon de dire au monde qu’en Côte d’Ivoire il y a eu la guerre, certes. Mais que nous sommes sur le chemin de la paix. J’ai surtout voulu présenter la vie quotidienne à Abidjan, la capitale économique, mais aussi dans toute la Côte d’Ivoire. Je suis passé d’un simple exercice sur le Web, à une passion qui ressemble aujourd’hui à un métier.

- Pouvez-vous décrire votre blog pour quelqu'un qui ne l'a jamais lu ? Quels sont les sujets qui vous intéressent le plus ?

Alors, dans la forme, j’ai essayé d’être aussi simple que possible. Avec une bannière que j’ai faite moi-même. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que mon blog diffusent toutes les informations qui sont importantes pour les Ivoiriens (d’ici ou d’ailleurs), pour ceux qui s’intéressent à la Côte d’Ivoire et même pour ceux qui voudraient découvrir ce pays. Je diffuse surtout les infos que la presse ne publie pas toujours. Je donne aussi parfois mes avis sur certains sujets.

- Est-ce que votre famille, amis et collègues de travail connaissent votre blog ?

Oui, ils connaissent tous mon blog. Au départ, je les ai un peu forcés à venir voir chaque semaine mon blog. J’ai mis toutes leurs adresses e-mails pour la newsletter de mon blog. De sorte que chaque semaine il faisait un tour sur mon blog. Mais par la suite, il n’attendaient plus la newsletter pour visiter. Ils m’ont véritablement encouragé à (entre)tenir mon blog.

- Pourquoi avez-vous décidé d'écrire votre blog en français ?

Le français est la langue que je parle le mieux, c’est d’ailleurs la langue officielle en Côte d’Ivoire. Je ne parle pas très bien les langues locales.

- Pouvez-vous décrire la situation des blogs dans votre pays ? Est-ce qu'il y a beaucoup de blogs ?

En Côte d’Ivoire, le phénomène du blogging est encore nouveau et n’est pas très développé. L’Internet n’est pas encore très répandu, et il est très cher. Les gens n’en connaissent pas bien tous les usages et se cantonnent souvent au tchat et aux forums. Avant, je postais mes articles de blog d’un cyber-café mais cela n’était pas très pratique et c’est pour cela que j’ai investi dans un abonnement Internet à domicile. Cela me permet beaucoup plus de souplesse et de réactivité. L’abonnement à l’ADSL de 256 kb/me coûte 20 000 Francs CFA mensuellement (environ 25 euros). C’est surtout avec la création de Ivoire-blog.com que la blogosphère ivoirienne a commencé à prendre forme. On compte aujourd’hui plus d’une centaine de blogueurs ivoiriens en prenant en compte également les Ivoiriens (ou amis de la Côte d’ivoire) qui ont crée un blog sur d’autres plate-formes.

- Quelles sont les questions qui préoccupent les blogueurs ivoiriens ou qu'ils abordent le plus sur leurs blogs?

De façon générale, les blogueurs ivoiriens s’intéressent aux questions de développement de l’Afrique. Mais il y a des blogs spécialisés dans le domaine de la publicité, de la communication de développement, dans la stratégie de développement, dans la critique de l’actualité ivoirienne et mondiale. On trouve également des blogs qui ont fait du Web 2.0 et des NTIC [Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication]  en général, leurs sujets principaux.

Photo d'une scène de rue à Abidjan de Israël Yoroba

 – Est-ce que, à votre avis, il y a une liberté d'expression totale en Côte d'Ivoire ou il y a des sujets qu'il vaut mieux ne pas aborder pour ne pas avoir de problèmes ?

En Côte d’Ivoire, il y a une totale liberté d’expression. Dans les quotidiens ivoiriens, ont retrouve des choses qui dans d’autres pays mettraient la vie des journalistes en danger. Vous constaterez que sur mon blog, il n’y a pas de tabous. Je parle de tous les sujets. Et je laisse tout visiteur mettre ses commentaires comme bon lui semble. Je n’ai jamais eu de problèmes pour avoir dit ceci ou cela.

-Est-ce que vous avez rencontré d'autres blogueurs ivoiriens ou d'autres pays en Afrique grâce à votre blog ?

Les blogueurs ivoiriens, j’en ai rencontré. Il y a certains avec qui je suis devenu amis par le blog. Mais il faut avouer qu’au-delà, j’ai fait la rencontre sur le Net de beaucoup de personnes ici ou en Europe. Et ce, via le blog. Des personnes que je considère comme des amis (virtuels pour l’instant). Mais je suis convaincu qu’un jour on se rencontrera.

-Qu'est-ce que vous faites dans la vie, quand vous ne bloguez pas?

Il faut avouer que bloguer est devenu comme un métier pour moi. Je le fais presque tout le temps. Sinon, je suis aussi journaliste et je m’occupe d’une petite famille. 

-Quels sont vos intérêts et hobbies ?

La religion et la musique occupe une place de choix dans ma vie. Je suis chrétien. Et je suis aussi musicien. Mais j’aime la lecture et surtout le voyage. 

- Quel est votre souhait pour votre blog après ce prix ?

Je souhaite qu’il soit plus professionnel. Vous savez, je travaille par exemple avec un petit appareil photo qui n’est pas le mien. Je cherche actuellement à en acquérir un plus professionnel. Quand vous écoutez la qualité de son de mes interviews, c’est catastrophique. Je vais également chercher à avoir un microphone plus pro. Bref, il faut que mon blog devienne professionnel avec un nom de domaine. Et j’ai en tête un projet concernant les blogs en Côte d’Ivoire. Mais souffrez que je ne vous en dise pas plus. Retenez que j’espère qu’après ce prix je vais rencontrer d’autres blogueurs dans le monde entier afin de profiter de leurs expériences et de partager avec eux ma petite expérience de blogueur ivoirien. J’espère fortement que je serai invité et présent à de grand rendez-vous de blogueurs.

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