Russie : L'abandon des campagnes

Sur son blog WindowonEurasia [en anglais], Paul Goble résume le point de vue exprimé sur LiveJournal par Oleg Dubov [en russe], le chef du district d'Olenino, dans l’oblast de Tver. Pour ce dernier, il y a maintenant “deux Russies”,  qui “ne se comprennent pas” et n'ont que des contacts “minimaux” entre elles, celle d'une part des grandes villes, à l'économie développée, qui attirent les jeunes diplômés qui y trouvent des opportunités de carrière et de bons revenus, et d'autre part celle des petites villes et villages, “qui n'a jamais soutenu les réformes et idées libérales”, et dont les habitants ont l'impression d'être “des vaincus dans leur propre pays”. Pour Oleg Dubov, cette Russie rurale a été “trois fois trompée, volée et saignée à mort”. Tout d'abord par une politique “d'optimisation”, à partir de 2004, des dépenses d'administration, à savoir qu'on leur a fixé le même niveau par habitant, sans tenir compte des particularités locales, avec pour résultat la fermeture massive d'écoles et de bibliothèques, d'hôpitaux et de maternités, dans les régions rurales et la “destruction de la sphère sociale” des villages, alors que les ruraux, qui ont pourtant plus de dépenses (déplacements…) doivent payer autant d'impôts que les urbains. Ensuite par l'autorisation donnée aux promoteurs immobilier d'acheter “pour presque rien” les terres agricoles, pour construire des dachas pour les riches urbains, là où le paysage est remarquable, ou tout simplement pour spéculer. Enfin par le remplacement des municipalités élues par des fonctionnaires nommés. Oleg Dubov pense que ce mépris pour la Russie profonde, qui “ne s'est jamais considérée comme faisant partie de la civilisation occidentale”, est une erreur, et que le pouvoir russe devrait en tenir compte.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français

Non merci, je veux accéder au site