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Balkans : “A qui est cette chanson ?”

De nombreux blogueurs macédoniens ont récemment publié sur leurs blogs le documentaire «A qui est cette chanson?» de la réalisatrice bulgare Adela Peeva, et ont entamé une discussion en ligne à son sujet. Le documentaire résulte d'une idée qu'a eue la réalisatrice au cours d'un dîner à Istanbul avec plusieurs amis (un Macédonien, un Serbe, un Grec et un Turc), quand chacun a affirmé que la chanson qu'on entendait à l'arrière-plan était de son pays.

Le premier à publier (en macédonien) un bref compte-rendu du documentaire a été Arheo Blog :

[…] Bien que ce documentaire soit apolitique, la recherche de l'identité d'une chanson démontre la recherche d'identité et l'impatience nationale des nations des Balkans. Au lieu de les relier, ne connaissant pas la situation, par moments, Peeva doit faire face à la réaction émotionelle des personnes qu'elle interroge et qui croient qu'elle les insulte. En essayant de renouer l'héritage culturel des Balkans, cette fois par la musique, Adela Peeva conclut à la fin qu'il est presque incroyable à quel point une seule chanson d'origine inconnue peut créer la haine chez les gens. Ceci est montré à la fin du film, dans la scène où une fête se transforme en champ de flammes et est sauvée par des «gens de différentes ethnies». Cela se passe à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie.

Même si c'est un superbe documentaire, j'ai été intrigué par les deux faits cités dans le film – «Que c'est un chant de guerre et que le rythme vient d'Europe du Nord, parce qu'il n'est pas typique des Balkans». A vous de déterminer ce que c'est comme chanson.

Quand le billet d’Arheo Blog a été publié (en macédonien) sur Kajmak.ot il y a provoqué de nombreuses réactions :

Arwena :

Je ne sais pas pourquoi on a toujours tendance à chercher des arguments et des raisons pour le nationalisme. C'est toujours le cas dans les Balkans, parce que la politique est inévitablement liée à l'histoire. Je partage l'avis que «ce documentaire est apolitique», parce qu'il a été fait dans un autre but. Il n'était probablement pas motivé par cela au départ, mais le résultat montre quelque chose de tout à fait différent. C'est quelque chose que nous avons vu de nombreuses fois quand il y a un mélange entre l'héritage culturel et les réalisations de différentes ethnies et civilisations. Tout ce qui a trait à l'art et comporte davantage d'aspects, de par la nature de cette région amènera au nationalisme et sera considéré comme prétexte à des prises de position politiques.

Zlochko :

Oui, oui. Ça vient des raisons complètement naïves de trouver la véritable origine de la chanson. C'est pourquoi elle dit aux Bosniaques que ce sont les Serbes qui ont l'original (bien qu'elle n'ait pas encore été en Serbie), elle fait écouter la version bosniaque aux Serbes, et aux Bulgares elle dit que les Turcs revendiquent la chanson comme leur.

Il n'y a rien de naïf dans le documentaire… et s'il est plein de quelque chose c'est bien de politique. Mais c'est bien que ce soit fait de cette manière – il montre le mieux possible les nations d'ici.

Le blogueur Razvigor a aussi publié la vidéo et a écrit (en macédonien) :

[…] L'auteur du film a dit dans la partie sur l'Albanie qu'elle reviendrait, et c'est vraiment arrivé avec son film «Divorce à l'albanaise» (en macédonien). Ce film est-il aussi disponible sur Internet ?

Voilà de quoi je parlais quand je faisais des recherches sur le Michael Moore macédonien.

Il existe deux versions de la chanson en Macédoine : celle de la ville de Prilep “Oj ti Paco Drenovchanke”,  et celle de la ville de TetovoOj devojche, ti Tetovsko jabolche.”

1 commentaire

  • TABECH

    Je ne suis pas de cette région, mais j’aurais été avec Peeva Adéla dans ce restaurant turc, avec ses amis, j’aurais eu le même sentiment que eux : c’est un air qui fait partie de mon enfance. D’ailleurs, dès les premières mesures de la chanteuse turque du groupe, j’ai pensé a un chant andalou (de l’Andalousie arabo-musulmane). C’est rigolo : les égyptiens peuvent aussi revendiquer la paternité de cette chanson puisqu’ils ont la même : «banat iskandaria» (les filles d’Alexandrie) ! C’est dommage qu’Adéla Peeva (Ethnologue) n’a pas poussé la recherche plus loin.
    Par ailleurs, il est vrai que Adéla Peeva a parfois sur jouer ou forcer les questions pour saisir les sentiments, parfois extrêmes, que les uns et des autres (turques, grecques, albanais, bosniaques ou bulgares) peuvent avoir pour un air, une musique ou une chanson qu’ils considèrent issue de leur patrimoine, mais qui au bout du compte n’appartient à personne…

    Il reste que c’est un excellent documentaire, parce qu’à travers une chanson, malgré les différences de langues ou d’appartenances, elle donne la preuve du fond culturel commun eux pays des Balkans. Cela montre aussi l’universalité des sentiments à travers la musique, qu’on retrouve dans « Latcho Drom » de Tony Gatlif.

    C’est excellent documentaire ! et cela fait des années que je cherche à le revoir. Merci d’avance à celui où à celle qui parmi les participants à cette discussion (où le modérateur) peut m’indiquer où je peux me le procurer.

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