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Guadeloupe : “Je me demande où nous allons”

Après des semaines de manifestations largement pacifiques dans les départements d'outre-mer de la Guadeloupe et de la Martinique, un délégué syndical a été tué par balle à Pointe-à-Pitre mercredi 18 février, après une deuxième nuit de violences en Guadeloupe. La situation s'est dégradée lundi, quand les manifestants et les forces de police se sont affrontés à Pointe-à-Pitre, préfecture de la Guadeloupe. Les manifestants protestent contre le chômage en explosion et le coût toujours plus élevé des produits de première nécessité, dont beaucoup sont importés de la métropole. Quatorze personnes ont été arrêtées mercredi dans la préfecture de Pointe-à-Pitre suite aux nouvelles violences de la nuit de mardi à mercredi.

 Voici les réactions de quelques blogueurs depuis lundi. [note de la traductrice : ces réactions ne couvrent pas la journée de mercredi 18 février, des mises à jour seront publiées]

 Sur Agoravox, Illiouchine, un métropolitain, décrivait la Guadeloupe le week-end dernier, et le calme qui a suivi les violences de la nuit de lundi.

Temps magnifique ce matin, grand soleil, pas un nuage ni une pique de vent. Le sommet de la Soufrière est parfaitement dégagé. On voit très bien les fumerolles qui s’élèvent droit dans le ciel depuis le plateau du volcan.

La nuit a été chaude en Grande Terre. Les alentours de PAP (Pointe-à-Pitre) ont été le siège de scènes de violence : incendies, pillages de magasins. Bien sûr on n’a pas pillé des épiceries : ce sont des magasins d’articles de sport et d’accessoires auto qui ont fait les frais des vols. Nouveaux barrages un peu partout ce matin. Le préfet reste calme mais explique qu’il va continuer à dégager les routes. Pour le moment, Saint Claude a son visage habituel, les magasins sont ouverts, les gens vaquent à leurs occupations

La Guadeloupe en colère écrivait mardi  :

Hier matin, de nombreux barrages routiers avaient été érigés par les militants grévistes dans certains points stratégiques.

…les nombreux escadrons de gendarmerie, envoyés sur l'île depuis le début du conflit, ont donc procédé à l'évacuation des barrages. Ce qui devait arriver arriva. Devant la résistance des grévistes, les forces de l'ordre n'ont pas hésité à faire usage de la force. De nombreux manifestants ont été interpellés, une cinquantaine environ, tous seront relâchés dans la journée après une courte garde à vue.

Je déplore cette dégradation de la situation, là où la violence s'exprime c'est que le dialogue a échoué… La faute à qui ? L'Etat? Le collectif? Les patrons? Tout le monde est responsable car ils connaissaient tous l'issue!

Je me réveille péniblement. J'apprends, choquée, que la boutique de la presse (tabac-presse), rare îlot de culture, a été incendiée. Je sens l'angoisse me gagner.

Je me résous à aller au travail, trop consciencieuse ou zélée sûrement. La direction nous contacte et nous demande de rentrer chez nous, estimant la situation trop tendue.

Je m'en vais… Des feux de poubelle émaillent les rues…

Pour la première fois, je me demande où nous allons…

Dans un commentaire, f parfait écrivait :

Sans justifier tous les événements, gardons à l'esprit que la société guadeloupéenne n'a que 400 ans d'existence et moins encore pour le peuple guadeloupéen ( abolition de l'esclavage en ?). Nous sommes une société en genèse, combien de temps a-t-il fallu à la France pour arriver à sa situation actuelle?…

Caro, dans un commentaire sur le site Rue89, expliquait ce que sont selon elle les racines du conflit actuel :

La grosse erreur, à mon avis, a été de vouloir régler les barrages de Guyane en décembre (car c’est bien de Guyane que sont partis les premiers mouvements), sans rien faire pour la Guadeloupe et La Martinique, où tout le monde savait que se préparait une grève générale.Le gouvernement a bien laissé pourrir la situation, alors qu’il connaissait le ras le bol de la population, le chômage qui explose, les produits de première nécessités importés de métropole, de plus en plus chers etc. Les DOM reçoivent beaucoup d’argent, non seulement de la métropole, mais aussi des fonds européens (ils font partie de l’Europe …), mais cet argent ne sert pas à la population, toujours plus pauvre…S’il ne veut pas une explosion de tous les DOM (la Guyane serait prête à repartir dans la grève dès la fin du carnaval, ça bouge aussi à La Réunion), le gouv a intérêt à vite fait trouver comment mettre la main au portemonnaie en favorisant la population et non les patrons. Mais ça, c’est contraire à sa philosophie patronale.Comment cela va-t-il se terminer ? On peut être inquiet. Il faudrait un gros soutien des métros, montrer que nous sommes solidaires. Ce qui se passe là-bas nous concerne aussi.

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