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Union européenne-Ukraine: La question du rapprochement

[Note : ce billet a été publié le 21 septembre 2008 sur Global Voices en anglais] C'est à l'occasion du sommet Union Européenne (UE) – Ukraine, du 9 septembre dernier à Paris, qu'a été rendue publique l'intention, de la part de l'UE, de conclure un Accord de stabilisation et d'association (ASA) avec l'Ukraine en 2009 [tous les liens sont en anglais] .

« L'UE offre des garanties à l'Ukraine », titrait le site de la BBC. « L'UE ne fait aucune promesse à une Ukraine pleine d'espoir » écrivait le Irish Times. La Deutsche Welle constatait quant à elle que « l'UE laisse courir des rumeurs positives mais ne fait finalement qu'une offre très vague à l'Ukraine ». Enfin, le Times concluait: « Une UE nerveuse propose à l'Ukraine un espoir pour le futur, mais ne l'invite pas à s'asseoir à la table commune ».

L'appréciation partiellement négative des résultats du Congrès est due à la décision, par l'UE, de ne pas inclure les termes « perspective d'adhésion » dans la description des futures relations entre UE et Ukraine. Une expression qui, selon Vitaly, du blog « The 8th circle », «reconnaîtrait les aspirations européennes de l'Ukraine comme quelque chose de plus qu'une simple éventualité »:

“(…)Personnellement, je n'ai pas trouvé cela très surprenant. Avec une UE encore en train de digérer ses vagues d'élargissements successives de 2004 et 2007, par ailleurs touchée par le syndrome d'épuisement « Roumanie-Bulgarie », et ayant à résoudre le problème interne causé par le non de l'Irlande au Traité de Lisbonne, aborder des perspectives d'élargissement pour d'autres Etats a de quoi donner la nausée, et notamment des Etats aussi peuplés que l'Ukraine avec ses 46 millions de citoyens ou la Turquie et ses 70 millions. Cependant, des Etats plus petits, tels que la Serbie avec une population de 7 millions d'habitants, ont des perpectives plus réalistes, comme M. Barroso nous l'a récemment fait comprendre.”

Le blog The 8th Circle mentionne aussi une autre raison mise en avant pour justifier l'opposition à la « perspective européenne » de l'Ukraine (soit la crise politique actuelle qui frappe l'Ukraine), mais avance que « ce que l'Ukraine traverse actuellement présente quelque chose de très comparable aux valeurs européennes »:

“(…)Il n'est, de plus, pas évident de comprendre pourquoi le fait qu'une section se retire de la coalition en place -et l'élection anticipée qui pourrait résulter de ce retrait- ne serait PAS un exemple de valeurs partagées entre l'UE et l'Ukraine. En tant que démocratie, munie d'élections libres, équitables et menées en compétition ouverte, l'Ukraine cherche à trouver une solution institutionnelle qui satisfasse tous ses acteurs politiques.

C'est là un processus démocratique par lequel doit passer tout Etat qui se veut démocratique, s'il entend dépasser le stade du « gouvernement transitoire ». Des démocraties solidement installées, telles que le Canada ou le Japon, connaissent actuellement les mêmes phases de formation de coalition et d'élections anticipées. La Belgique a aussi mis pas moins de 196 jours, l'an dernier, avant de réussir à former une coalition, parvenant presque au record de 208 jours atteint en 1977.”

J Clive Matthews, du blog Nosemonkey's EUtopia, pense que l'UE doit adopter une attitude plus pratique dans sa manière de régler le cas ukrainien:

“(…) L'Ukraine n'est-elle donc pas autant la bienvenue que de petits pays comme l'Albanie et la Macédoine? Pas autant que la Serbie, pays construit à la suite d'une guerre civile et d'un génocide, et encore en conflit avec l'UE quant au statut du Kosovo?

Oui, vraiment, un grand merci pour tout cela, c'est très encourageant!

La promesse d'une intégration à l'UE peut être une source d'incitation à avancer vers des libertés démocratiques plus grandes et à renforcer le bien commun. Mais encore faut-il faire cette promesse. La technique de la carotte et du bâton est une méthode qui a déjà fait ses preuves pour obtenir ce qu'on veut des gens. Cela vaut aussi pour les pays. Mais dans le cas de l'Ukraine, la carotte brandie par l'Europe s'avère être une carotte imaginaire, alors qu'en même temps, les Ukrainiens savent bien que la Russie possède bien, elle aussi, un bâton et une carotte et n'hésite pas à en faire usage.”

Taras, sur le blog Ukrainiana, pose lui un regard très sévère sur les politiciens ukrainiens :

“(…)Évidemment, en matière européenne comme pour le reste, si l'on n'est pas en position de force, on prend ce qui vient sans se plaindre. Et surtout quand on arrive à la table de négotiation dans une confusion aussi grotesque.
En attendant, laissez nos oligarques élargir encore un peu leurs résidences à Monaco; peut-être qu'alors nous aurons nos chances de rejoindre l'UE?(…)”

Une partie du passage ci-dessus est en fait une réaction à la réponse positive, en apparence maladroite et inopportune, apportée par Victor Yushchenko à ce que Nicolas Sarkozy aurait dit, au nom de l'UE, à la fin du Sommet. Ukrainiana a mis en ligne un reportage réalisé par une chaîne de télévision ukrainienne, en ajoutant une traduction anglaise du doublage en ukrainien des paroles de Sarkozy:

Le président Nicolas Sarkozy: “Cet accord de stabilisation et d'association, (dont la signature est attendue en 2009) ne ferme aucune voie, et n'en ouvre aucune non plus. C'est tout ce que l'on a pu obtenir. “
Le président ukrainien Viktor Yushchenko: ” Nous sommes très heureux des objectifs atteints aujourd'hui.”

Or il s'est avéré que la remarque de Sarkozy a été mal traduite, et cette traduction incorrecte a ensuite été largement reprise par les médias ukrainiens et, dans une moindre mesure, occidentaux (plus de précisions en cliquant ici). L'affirmation originale – « (…) cet accord d’association ne ferme aucune piste, que même il en ouvre »- est, de fait, sensiblement plus encourageante.

« Voyons donc ce que cela donnera concrètement », conclut Ukrainiana, après avoir publié un correctif.
Pour The 8th circle, l'UE devrait continuer à s'impliquer dans ses relations avec son voisinage oriental immédiat et, d'ailleurs, le projet de « Partenariat oriental » polonais-suédois pourrait constituer un pas de plus dans cette direction. Voici pourquoi:

“(…)Ce partenariat démontrera mieux que toute autre chose que l'UE conserve son rôle de leader en Europe en restant impliquée avec ses pays voisins, lesquels présentent tous des niveaux de développement démocratique et économique différents.

(…)

Remarquez bien que la question n'est pas de faire ou non une promesse d'adhésion, comme membre ou d'abord simplement comme candidat, telle que celle faite par Barroso vis-à-vis de la Serbie. Il s'agit plutôt de donner un signal aux politiciens de Kiev et à la population ukrainienne, pour leur faire comprendre que s'ils le veulent, et s'il effectuent les réformes nécessaires, alors l'UE est une option viable pour leur avenir.”

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