Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Egypte : Manifestations étudiantes

Le 21 février 1946 marque un souvenir  déplorable dans l'histoire égyptienne moderne. Ce jour là, des centaines d'étudiants qui manifestaient sur le pont à bascule d'Abbas sont morts tués par balles ou noyés dans le Nil, quand les officiels britanniques ont ordonné d'ouvrir le feu, puis de relever le pont.

Depuis lors, ce jour est commémoré lors de la Journée Nationale des étudiants égyptiens.

La blogueuse Zeinobia [en anglais] nous en dit plus sur le contexte historique pendant l'occupation britannique de l'Égypte :

La journée Nationale des Étudiants en Égypte marque la tragédie du pont d'Abbas, quand  les troupes britanniques avec ce qui était alors la police égyptienne ont attaqué des centaines d'étudiants furieux de l'Université du Caire et des écoles secondaires. Les étudiants étaient en route pour aller présenter un mémorandum au Roi, exigeant l'annulation du traité anglo-égyptien de 1936. Le pont Abbas était un pont mobile et, à cette époque, on l'ouvrait pour que les navires et embarcations puissent passer. La plupart des étudiants étaient sur le pont d'Abbas lorsque les forces britanniques l'ont relevé, des centaines de personnes étaient alors tombées dans le Nil. Et bon nombre d'entre elles se sont noyées. En dépit de l'horreur du jour, les Égyptiens ont prouvé leur noblesse et les hommes ont commencé à se jeter dans le Nil, même ceux qui ne participaient pas à la manifestation, et ce, pour sauver ceux qui se battaient pour leur vie.

Cependant, cette année, les étudiants égyptiens ont décidé de marquer cet anniversaire d'une manière différente. Plusieurs mouvements et groupes d'étudiants ont lancé un appel pour des manifestations au sein des campus exigeant ce qui suit :
1. Une éducation réellement gratuite
2. L'exclusion de la police des universités
3. L'annulation de l'actuel statut des étudiants et la rédaction d'un nouveau, qui garantisse plus de liberté aux étudiants.

Zeinobia écrit dans un autre billet publié ensuite :

Retour à aujourd'hui. Plusieurs groupes d'étudiants à l'Université du Caire ont décidé de manifester aujourd'hui à l'occasion de la journée nationale et la plupart de ces groupes sont des groupes politiques de la faculté de commerce. Parmi ces groupes, il y a notamment le groupe Les Jeunes du 6 avril, le MB [les Frères musulmans], Kefaya, les Nasséristes, les socialistes ainsi que le tout nouveau groupe “My right” (Ma droite). “My right”, je crois, est à la tête du mouvement dans l'université, plus que tout autre groupe. Le mouvement “My right” se définit dans son  propre blog officiel en tant qu'un mouvement indépendant, qui n'est associé à toute autre force politique, et qui s'occupe des droits et opinions des étudiants de l'Université.

“My right” aujourd'hui, revendique certains droits:

Le journaliste Per Bjorklund qui, était sur place et a pris la photo ci-dessus. Il décrit la situation dans son billet “The students’ first demand : Kick state security out!” (La première revendication des étudiants : dégagez les services de sécurité de l'État !):

Les étudiants d'un large éventail des courants politique, allant des Frères Musulmanes aux socialistes, des Nasséristes au mouvement du 6 avril, ont manifesté pendant plusieurs heures à l'université du Caire aujourd'hui, protestant contre des interventions des services de sécurité dans des universités ainsi que contre l'augmentation des frais d'études. Point n'est besoin de dire que la présence des services de sécurité à l'extérieur de l'entrée principale était massive. Les étudiants n'étaient autorisés à manifester qu'à l'extérieur du campus, entourés par des centaines des policiers anti-émeute, uniquement après avoir  tenté de forcer les grilles fermées.

Le 22 février, les manifestations ont continué et se sont propagées à d'autres universités. Au moins un activiste a été “enlevé”- un terme employé par les activistes pour dire que quelqu'un est détenu par les autorités et dont le lieu de sa détention n'est pas connu, pas même de sa propre famille ni de des avocats. Hossam rapporte :

Un autre jour des manifestations dans les universités égyptiennes, avec  Mansoura et Helwan sous état de siège de la police depuis début de la matinée…

La police a arrêté des étudiants de Mansoura, enlevé un activiste, du nom de Motaz Adel, à sa sortie de l'Université alors qu'il suivait les manifestants. Deux autres étudiants ont été pris par la police à Alexandrie…

Pour une couverture complète et détaillée de la première journée, veuillez visiter le blog Tadamon masr [en arabe].

Vous pouvez suivre des blogs lancés avant la manifestation : certains d'entre eux suivaient de près l'évolution avec des mises à jour publiées en temps réel tels que My right, Socialist students, A Socialist in Egypt, Resistance Students et Egyptian student national day (en anglais).

Des images peuvent être trouvées sur les blogs d’Ahmed AbdelFatah, My right post, Sara Carr , et sur le compte de Bjorklund sur Flickr.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
* = required field
Non merci, je veux accéder au site