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Ouganda : un incendie détruit le plus grand marché de Kampala

Un énorme incendie n'a laissé debout que les murs du marché Owino de Kampala, tôt dans la matinée de mercredi, blessant grièvement cinq personnes et détruisant des milliers d'étals. On estime que pas moins de 25.000 commerçants, pour la plupart des femmes, ont subi des pertes.

Owino, connu aussi sous les noms de Cour de Nakivubo Park et Marché St Balikuddembe, est le plus grand marché de Kampala et a été au centre de plusieurs polémiques concernant les droits de location. De récents projets de construction d'une nouvelle gare routière au Stade Nakivubo voisin ont éveillé la colère des vendeurs, qui perdront leurs emplacements si l'installation se réalise comme prévu.

Le journal ougandais Daily Monitor rapporte [en anglais, comme tous les liens de ce billet], que le feu a pris dans une brèche du mur qui sépare le marché du stade, et de nombreuses victimes accusent d'incendie criminel la compagnie de bus qui veut construire le terminal. Certains blogueurs partagent cette opinion.

Phantom, sur Even Steven, écrit :

On a mis le feu au Marché. Je reste d'avis qu'il s'agit d'un incendie criminel, parce que ceux qui devraient le savoir, même s'ils l'ont dit dans les affres du chagrin, persistent à dire que quelqu'un a réduit leurs vies en cendres. A entendre P.K. Bbosa le soir, alors qu'il recevait quelques commerçants, il s'est avéré que le ministre Matiya Kasaija et son homologue le ministre d'Etat de la Prévention des catastrophes, Musa Echeru, étaient tombés sur ce qui aurait dù aussitôt être mis sous scellés en tant que preuve capitale : un kaveera (note de l'éditeur : un sac en plastique) et un petit récipient qui à l'évidence avait contenu de l'essence. Que la police n'ait pas saisi ces objets est très inquiétant.

Geria, sur Ariaka, se demande si les pompiers ont joué un rôle, et note :

Il se trouve que le siège du service de lutte contre l'incendie, la brigade des pompiers de la police, est situé à un jet de pierre de Nakibuvo. Selon ce qu'a rapporté la presse, ils sont arrivés avec 90 minutes de délai.

Tumwijuke, du blog Ugandan Insomniac, déplore la disparition de tant de gagne-pains, et affirme : «Chaque tragédie est une opportunité de changement, mais nous sommes en Ouganda. Notre courbe d'apprentissage est en forme de L.» Elle accuse les nombreux politiciens qui ont passé leur mercredi au marché de ne l'avoir fait que pour la posture politique :

On devrait avoir une Journée Nationale des Coups de bâton à tous les politiciens. J'ai passé une grande partie de l'après-midi au Marché Owino mercredi. En l'espace d'environ trois heures, j'ai compté 17 politiciens locaux et nationaux qui ont visité le marché pour «témoigner leur sympathie» aux marchandes. Les leaders de l'opposition ont reproché au gouvernement de ne pas investir dans la sécurité de la population. Les ministres du cabinet ont fait des promesses irréalistes de dédommagements. Des députés ont dit que ça suffisait et qu'il était temps que la population exige davantage en échange de ses impôts. Aucun d'entre eux n'a cité l'évidence, à savoir que les vendeurs étaient assis sur une bombe à retardement, que les politiciens le savaient tous et qu'ils ont choisi de ne faire absolument rien.

Spartakuss critique lui aussi les politiciens ougandais qui «ont l'audace de brailler des promesses creuses tout en couvrant le gouvernement d'insultes.» Il écrit :

J'y ai fait mes achats jusqu'à l'âge adulte [non, je n'ai pas cessé, ça fait seulement longtemps que je n'ai pas acheté d'habits], et j'ai appris du type chez qui j'achetais mes chemises que les bons costumes qu'ils déballaient étaient en fait vendus aux magasins haut de gamme pour y atteindre des prix d'1 million d'UGX (note de l'éditeur : environ 395 €) ! A présent cette population est prise au piège, ils ont contracté des prêts, emprunté, englouti les économies de toute leur vie là-dedans. 25.000 vies ont été bouleversées par un seul acte. Que vont devenir tous ceux qui dépendent d'eux, leurs familles, leurs enfants qui étudient ? Ça équivaut à du terrorisme !

A la fin du compte, ce sont les gens qui travaillent, triment, suent et mangent ce qui passe dans les égouts traversant leur lieu de travail, qui paient pour tout ce que convoitent et consomment les politiciens. Ce sont eux qui votent, qui prennent des emprunts, qui envoient leurs gosses à l'école, qui achètent tout ce sucre et ce thé de l'agriculture commerciale ! Qui achètent ce foutu temps d'antenne ! Ce sont eux la raison d'être des banques ! C'est grâce à eux que des impôts sont payés à Kampala ! Ils portent sur leurs épaules cette ville et le pays quasi en entier ! Sur leurs seules maigres épaules.

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