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Madagascar : “J'ai l'impression d'être dans un film de guerre”

La crise politique à Madagascar, qui s'éternise depuis la fin janvier, a pris une nouvelle tournure aujourd'hui, sur fond de coups de feu et de grenades lacrymogènes quand la police et les manifestants se sont affrontés dans tout Antananarivo, la capitale.

Depuis  la première rencontre entre le Président Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina il y a plus d'une semaine, l'espoir d'une sortie de crise rapide s'évapore, et les désaccords sur les termes des négociations ont conduit à un  appel à la grève générale d'une durée inconnue.

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La police anti-émeutes patrouille dans Antananarivo (photo de Avylavitra)

L'agence de presse XinHua et Gabonews rapportent que le 2 mars, le jour suivant l'appel à la grève, seule un petite partie de la population a timidement participé . On s'attendait cependant à ce que l'opposition adopte une position plus dure après l'interruption des négociations, comme l'explique Courrier International.

Le site malgache Topmada écrit que dans son discours public, le  3 mars à 9 heures du matin,  Andry Rajoelina a demandé à ses supporters de prendre note des sociétés qui ne suivraient pas son appel à la grève :

Citation de Rajoelina :

“On connaîtra à partir de demain (mercredi) les sociétés et entreprises qui roulent pour (le président) Ravalomanana”

Le 3 mars, Radio Antsiva, une des rares radios nationales, a annoncé qu'elle cesserait d'émettre pendant au moins 24 heures, ce qui a fait  craindre de nouvelles violences. Le jour suivant, les blogueurs sur place ont relayé que la radio nationale malgache (RNM) avait également cessé ses programmes pendant quelques heures. Ils signalaient aussi une présence militaire massive dans le centre-ville d’ Antananarivo.

Le 4 mars, la violence s'est répandue dans la ville, et les blogueurs ont publié des mises à jour sur Twitter et Facebook sur ce qui se passait dans leur quartier. Des informations croisées ont été publiée sur l'outil de crise Ushahidi pour Madagascar, pour vérification. Ci-dessous, une capture d'écran des dépêches envoyées du terrain par téléphone portable pour la journée du 4 mars à Antananarivo :

Ushahidi reports, March 4th 

Dépêches sur Ushahidi, 4 mars

Les messages sur la blogosphère/twittersphère malgache sont éloquentes sur la situation très tendue :

Thierry Ratsizehena sur Facebook Mobile

j'ai un mal de tête horrible apres avoir inhalé une partie de la fumée des grenades lacrymogènes en milieu de journée

Andry Rarivoson :

ils ont voulu balancer une voiture sur les militaires. en ce moment, les gens sont en train de prendre les pièces de la voiture abandonnée

Re_hita a envoyé des photos des affrontements  à Behoririka, dans le district d’ Antananarivo :

pas moyen de rentrer à la maison behoririka est un champ de bataille

Il ajoute (en malgache):

nisy mpianatra nendahana ka niboridana tanteraka tao ceg antanimena s/radio don bosco

Une lycéenne a été agressée et ses vêtements lui ont été arrachés au collège Antanimena (source Radio Don Bosco)

Tahina se trouvait à Ampefiloha, un autre district, quand il a publié ce message:

Coups de feu entendus à  ampefiloha mais je ne sais pas d'où ils viennent

Arinaiana avait envoyé ce message tôt le matin , et c'est l'impression qu'avaient beaucoup en fin de journée :

J'ai l'impression d'être dans un film de guerre. Je n'arrive pas à croire que c'est vrai. J'ai un fichue trouille.

2 commentaires

  • chacha

    madagascar est gouverné par un dictateur, un assassin, je ne trouve plus les mots tellement je suis dégoûtée; à quand la fin?

  • […] qui peut guider dans ce chaos. Lors de la crise politique qui a secoué Madagascar début 2009, les médias étant bâillonnés, la diaspora en savait plus sur ce qui se passait que les […]

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