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Kazakhstan : Chroniques de la crise sur la blogosphère

Les blogueurs du Kazakhstan continuent à suivre de près la situation dans le pays, ainsi que les tentatives du gouvernement de passer en mode de pilotage «manuel» dans l'économie et les autres sphères de la vie sociale.

Dass cite [en russe] le ministre du Travail, qui a déclaré en Conseil des ministres qu'environ 900.000 personnes sont fortement exposées au risque de chômage, 3,4 millions le sont modérément, et 11,4 millions ne sont pas exposées au risque de perdre leur emploi. Mais ces statistiques paraissent tout à fait étranges, comme il a été remarqué dans la majorité des commentaires de ce billet. Le ministre a compté, non la seule population active, mais tous les habitants du Kazakhstan, y compris les nouveau-nés et les vieillards, ce qui veut dire que plus de la moitié des actifs risquent de perdre leur emploi.

Slavoyara donne une appréciation très critique des projets du gouvernement consistant à obliger les fonds de pension à investir 70 % de leurs actifs dans les projets de travaux d'infrastructure [en russe]: 

La plus grande partie de notre épargne pour la retraite peut ainsi disparaître sous l'amas des marchés publics. Nous savons tous ce qu'il arrive d'habitude à tous ces «projets de chantiers galactiques» : l'argent est volé, partagé et porté disparu…

Au moment où l'opacité de l'activité des holdings d'Etat est sous le feu de la critique, le Premier ministre a ordonné de réduire les salaires des cadres dirigeants des compagnies nationales et des banques appartenant à l'Etat au niveau du sien, c'est-à-dire à environ 700.000 tenge (3.640 €). Megakhuimyak écrit [en russe] :

Le salaire des dirigeants du Fonds Souverain Samruk-Kazyna est de 8.054 $ (6.293 €). Les cadres dirigeants dans les banques ont des salaires de 20 à 25.000 dollars par mois (15 à 20.000 €). Les gens dans les compagnies nationales pleurent… D'un autre côté, tout citoyen kazakh peut comparer son salaire à celui du Premier ministre.

L'accroissement de l'intervention publique dans l'économie, même si elle a pour but avoué la guérison, provoque l'inquiétude, non seulement parmi les économistes libéraux, mais aussi dans l'intelligentsia. Le poète dergashew dit [en russe]:

Certes, je ne suis pas un politique, mais, à mon humble avis, il ne sortira rien de bon de la nationalisation actuelle des grandes entreprises dans notre pays. Il est clair que le gouvernement reste le seul acteur capable du marché parce qu'il accumule les revenus des matières premières, mais a priori, c'est un fait bien connu que les entreprises sont mieux gérées par les entrepreneurs que par l'Etat.

De son côté, a-strekoza est très sceptique quant au développement du contrôle gouvernemental sur les médias [en russe] :

[Les journaux] «Liter» et «Aikyn» ont été vendus [au parti au pouvoir] pour une bouchée de pain. Je suis très pessimiste de nature, et voici mon avis : comme le parti au pouvoir ne sera guère capable d'apprécier un tel cadeau, tout va péricliter – peu à peu les directeurs vont commencer à se chamailler, les annonceurs s'en iront vers d'autres journaux, les journalistes verront leurs salaires réduits et devront aussi apprendre à écrire différemment… C'est ainsi qu'agit toute nouvelle direction, mais l'Etat est beaucoup plus porté à ce genre de chose.

Pulemetchizza trace un parallèle ironique entre la crise et une expression célèbre de Mikhail Boulgakov :

La crise est arrivée dans les toilettes. Avant, nous avions du papier hygiénique double-épaisseur de haute qualité et des serviettes jetables dans les toilettes. A présent, nous avons le papier hygiénique le moins cher, et il n'y a plus de serviettes. Bientôt, semble-t-il, nous en serons à découper le journal.

Billet publié également sur neweurasia.

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