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Equateur : La presse soumise à un contrôle qualité

Le président équatorien Rafael Correa a entretenu jusqu'ici des relations tendues avec les médias et les journalistes du pays. Et cela pourrait empirer, selon le quotidien La Hora [en espagnol], vu ce que son gouvernement prévoit de faire avec la loi de Responsabilité sociale des médias radio-télévisés. En plus des restrictions appliquées à la publicité, la loi demanderait qu'entre au moins 15 minutes par jour et 70 minutes par semaine soient réservées à l'Etat sur les chaînes de télévisions et radios publiques et privées [ en espagnol] (note du traducteur : il faut s'inscrire pour accéder à l'article en ligne). Les critiques sont d'autant plus inquiets que cela intervient alors que des élections se profilent.

La proposition, qui devrait être mise en application par Conartel, le Conseil national de la Radio et de la Télévision [en espagnol], appelle aussi à la création de commissions d'”usagers”, lesquels auront le droit de se plaindre et d'intervenir lors d'une émission en direct. Le bruit circule également que ces commissions pourront participer au “processus d'élaboration, de mise en place et d'évaluation des programmes afin de formuler et d'orienter directement une forme d'éducation critique des médias”. Tout cela visant à responsabiliser les médias et les journalistes.

A la suite des révélations faites par le journal, Conartel a démenti l'existence d'un tel projet [en espagnol]. Si on fait abstraction des affirmations du journal et du gouvernement, tout cela a ouvert un débat autour de la question de la qualité des journalistes dans le pays et de leur rôle dans le jeu politique.

Quelques blogueurs sont d'avis que les médias ont besoin d'un certain encadrement. C'est le cas de Muluncayense qui expose sur le blog Mi Diario Relativo [en espagnol] sa vision très négative des journalistes, estimant qu'ils n'exercent pas un vrai métier. Il fait également référence à un incident, lors duquel les chaînes de télévision équatoriennes ont diffusé des informations inexactes au sujet d'un crime commis contre l'un de ses amis. Les versions diffèrent et deux ou trois journaux offrent des descriptions divergentes d'un même événement et, de manière générale, de fausses informations.

Ruben Dario Buitrón pense pour sa part que les médias entretiennent bien trop souvent des relations proches de la collusion avec des intérêts supérieurs [en espagnol]. Mais il défend finalement son métier, sous le feu des critiques, et plus particulièrement, le domaine du journalisme d'investigation [ en espagnol] :

Se equivocan quienes piensan que el periodista de investigación es una suerte de detective, policía o investigador privado. Pero también se equivocan quienes piensan que el papel de la prensa es acusar, sentenciar, condenar, encarcelar.

Ceux qui pense que le journalisme d'investigation est une sorte de travail de détective, qu'il soit de la police ou privé, se trompent. Mais se trompent aussi ceux qui croient que le rôle de la presse consiste à accuser, juger, déclarer coupable et incarcérer.

Ricardo Vasconcellos démontre sur le blog Desde mi Trinchera [ en espagnol] combien il est difficile aux journalistes équatoriens de ne pas présenter qu'une version d'une information, mais aussi comment ils ont été minimisés par le gouvernement de Correa :

Responsabilizar al periodismo de tener un pacto con el pasado para obstaculizar la labor del régimen no ha sido todo. Correa ha imputado irresponsablemente a los periodistas no alineados con la “Revolución Ciudadana” la comisión de un delito de muy graves repercusiones: terrorismo.

La última vez que insultó a los periodistas fue en la sesión solemne por los 184 años de la independencia de Portoviejo. Según El Diario de esa ciudad del 25 de junio de este año “En tono molesto el presidente de la república Rafael Correa dijo (..) que el accionar del gobierno ha sido transparente y pidió a los asistentes no dejarse llevar por ciertos periodistas a los que calificó de terroristas”.

La dernière fois qu'il a insulté les journalistes, c'était à l'occasion de la cérémonie célébrant les 184 années d'indépendance de Portoviejo. Selon le journal de la ville El Diario, daté du 25 juin 2008, “le président Rafael Correa, très en colère,  a affirmé que son gouvernement agissait avec transparence  et a demandé à l'assistance de ne pas se laisser induire en erreur par quelques journalistes qu'il a décrits comme étant des terroristes.
Dire que les journalistes ont conclu un pacte par le passé pour mettre des bâtons dans les roues du gouvernement ne règle pas tout. Correa a de manière irresponsable, accusé ceux d'entre eux qui n'étaient pas en ligne avec la “révolution citoyenne” de terrorisme, entraînant de sérieuses répercussions.

Que la loi sur la responsabilité des médias soit présentée ou pas, les relations entre les journalistes et le gouvernement continueront d'être un sujet de discussion pour les blogueurs équatoriens.

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