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Cuba : Six ans après le “Printemps noir”

Les 18-20 mars marquent le “sixième anniversaire” du Printemps noir cubain [en anglais]. Les blogueurs cubains se souviennent…

La veille de l'anniversaire, le blog Along the Malecón [en anglais] a publié un hommage à Las Damas de Blanco (les dames en blanc),célébrant leur force et leur courage dans leur obstination à réclamer la libération de leurs proches :

J'ai interviewé le leader du groupe, Laura Pollan, au-dessus à  gauche sur la photo, pendant mon dernier voyage à Cuba. Elle et d'autres membres du groupe disent que leur vie a changé dès que leurs proches ont été arrêtés et emprisonnés en 2003. Les femmes n'ont plus eu peur. Elles ont commencé à manifester chaque dimanche en dépit du risque d'arrestation. Beaucoup disent qu'elles n'ont rien à perdre. Et elles ont fait le vœu de ne pas renoncer jusqu'à ce que leurs parents soient libérés.

Havana Times republie un article de Inter  Press Service [en anglais] sur la manifestation récente de Las Damas à La Havane, alors que la blogueuse de Along  Malecón continue son analyse :

Pour la plupart des Cubains, combattre le gouvernement socialiste reste trop douloureux, trop risqué. Beaucoup de dissidents sont mis à l'écart. Ils sont  détenus de façon routinière pour être interrogés. Certains sont emprisonnés. D'autres perdent leur emploi. Ils sont mis sous  surveillance. Leurs fils et filles sont harcelés.

Tout ceci permet au gouvernement de contenir l'opposition.

Les fonctionnaires cubains affirment que la grande majorité des gens soutiennent le régime socialiste. Ils accusent les États-Unis de financer  ce qu'ils décrivent comme une opposition  « fabriquée ».

Ses mots prennent une signification spéciale alors que l'on annonce que « la veille du 6ème anniversaire du Printemps noir de Cuba, 15 adversaires du régime de Castro ont été arrêtés à Santa Clara.». Blog for Cuba [en anglais] précise :

Leur crime ? Exiger que Cuba respecte les conventions des droits de l'homme que le régime de Castro avait ratifié. Cuba avait signé les conventions des droits de l'homme, quand les mettra-il en application ? Raul Castro n'a-t-il pas promis le changement?

Le blogueur croit également que six ans après le Printemps noir, il n'y a toujours pas de respect des droits de l'homme à Cuba :

Si l'on met de côté toute l'agitation médiatique sur le changement à Cuba, aucun des 75 prisonniers politiques n'a été libéré, si ce n'est pour raisons de santé ou parce qu'ils avaient effectué la totalité de leur peine, et 55 restent incarcérés dans des conditions inhumaines terrifiantes. Il n'y a eu aucun allègement de la répression dure contre la dissidence à Cuba.

The Cuban Triangle donne sa position très clairement sur la question [en anglais]  :

Il y a un débat à Cuba, et j'ai entendu aussi une partie de ce débat aux États-Unis, au sujet des 75 et de leurs activités, et des accusations selon lesquelles ils travaillaient en tant qu'agents d'une puissance étrangère. Je n'étais pas pour la politique de Bush [à Cuba], que j'ai trouvé très contre-productive à presque à chaque égard – mais je ne le crois pas, et  je ne crois certainement pas qu'une telle accusation pouvait être étayée et prouvée d'une manière satisfaisante  dans le temps très bref qu'a pris l'arrestation, le procès et la condamnation de ces personnes. Elles méritent d'être libérées.

Un autre blogueur de la diaspora, A Cuban in London [en anglais], donne sa propre perspective :

Bien que ce blog ne s'occupe pas manifestement de politique, c'est ma conviction qu'on devrait permettre à des auteurs, artistes, interprètes et journalistes d'exprimer leurs points de vue sur les questions contemporaines sans aucune crainte de représailles.

Sur plus de 70 intellectuels cubains arrêtés il y a six ans dans ce qui est devenu le Printemps noir de Cuba, de triste mémoire, plus de vingt demeurent toujours dans les prisons cubaines dans des conditions moins qu'humaines. Elles ont été torturées et leurs droits ont été piétinés en même temps. C'est pourquoi ce soir, moi, avec d'autres blogueurs joignons nos forces pour exiger que le gouvernement cubain libère tous les prisonniers politiques qu'il maintient toujours en prison et qu'il ouvre la voie à la démocratie en permettant à ces personnes de se former et de voter pour les partis politiques dont le manifeste politique est différent de la ligne du parti officiel. Seulement en se tenant face à un miroir  peut faire avancer société, devient plus indépendante et réussi. Actuellement, hélas, cela n'est pas le cas dans mon pays.

Uncommon sense [en anglais] saisit l'occasion de parler des « centaines, sinon des milliers de prisonniers politiques à Cuba, en raison de leur opposition à la tyrannie et de leur attachement à la liberté… » :

Leur douleur n'est pas moindre que celle éprouvée par ceux arrêtés pendant « le Printemps noir, » et ils ne méritent pas moins prières et solidarité.

Mais le groupe des 75 – qui s'élève maintenant à 55, après une série de libérations pour raisons de santé  et la sortie de Reinaldo Labrada Peña qui a accompli sa peine – mérite une considération spéciale parce qu'ils étaient en première ligne de la lutte pour apporter le vrai changement à Cuba, apporter rien d'autre que la démocratie, la liberté et les droits de l'homme, qu'il s'agisse des activistes recueillant des signatures pour le projet Valera [en anglais] ou des journalistes racontant l'histoire de Cuba, du vrai Cuba, pour que le monde sache.

Uncommon sense et Cuba Independiente [en espagnol] publient des photos du “groupe des 55″ qui restent prisonniers, alors qu’El Tono de la Voz [en espagnol] écrit :

Seis años son muchos para cualquiera –hágase el ejercicio de recordar
todo lo que cada uno de nosotros ha hecho con su vida desde entonces.
Piénsese entonces en lo que significan para inocentes que fueron a
parar a cárceles infectas y cuyas vidas cambiaron de golpe entre el 18
y el 20 de marzo de 2003.

Cincuenta y cuatro de aquellos hombres continúan tras las rejas y de
ellos ni saben ni quieren saber sus compatriotas. Las movilizaciones
en Cuba con motivo de este funesto aniversario no involucrarán a más
personas que a los familiares de los presos -las ejemplares Damas de
Blanco- y poco más. Tampoco la diáspora cubana hará mucho más que
articular protestas que seguirán unos pocos.

Six ans est beaucoup pour quiconque – essayez de vous rappeler ce que chacun de nous a fait durant ce temps. Imaginez alors ce que cela signifie pour les innocents qui ont été envoyés dans les prisons infectes et dont les vies ont été soudainement changées entre les 18 et 20 mars 2003.

Cinquante-quatre hommes continuent à vivre derrière les barreaux et leurs compatriotes ni ne savent, ni ne veulent le savoir. Les manifestations à Cuba liées à cet anniversaire terrible n'impliqueront personne, exceptées les familles des prisonniers – les exemplaires dames en blanc – et quelques autres. La diaspora cubaine ne fera pas grand chose pour relayer ces protestations.

La diaspora cubaine semble  faire ce qu'elle peut. Le billet Le Printemps noir du blog Uncommon Sense, qui restera en page d'accueil du blog jusqu'à la fin de la semaine, indique :

L'action de Fidel Castro  en 2003 n'était pas simplement une atteinte à la liberté cubaine, c'était un assaut contre la liberté partout. Tant qu'un Cubain est emprisonné en raison de quelque chose qu'il a écrit ou parce qu'il a cru chaque Cubain devrait avoir le droit au vote, nous sommes tous moins libres.

Il continue avec un appel à l'action :

C'est pourquoi il est normal que nous fassions tous quelque chose au nom du groupe des 55 :

Dites à quelqu'un pourquoi l'embargo devrait demeurer en place.

Dites à quelqu'un que Raul Castro n'est pas différent de son grand frère.

Racontez à quelqu'un l'histoire d'Oscar Biscet [en anglais]. Et celle de ses compagnons prisonniers.

Faites une prière.

Faites quelque chose. Votre liberté, notre liberté, la liberté du groupe des 55, en dépendent.

Eduardo Avila a contribué à ce billet.

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