Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Thaïlande : rencontre à Oxford entre le Premier Ministre et l'universitaire exilé

Giles/Ji Ungpakorn [en anglais, comme tous les liens] est un universitaire thaïlandais en sciences politiques qui a critiqué la monarchie Thaïlandaise. Le mois dernier, il a écrit le manifeste “red siam” (voir ce billet) et s'est ensuite enfui au Royaume-Uni pour éviter l'infamante accusation de lèse majesté. Il est binational Thaïlandais-Anglais, il possède la nationalité britannique et est diplômé de l'Université de Durham.

Abhisit Vejjajiva est l'actuel premier ministre de Thaïlande. Il fait partie de l'élite, est né à Newcastle et a fait ses études à Oxford. Le parti qu'il dirige, le Democrat Party a été accusé de soutenir l'Alliance du Peuple pour la Démocratie (People's Alliance for Democracy (PAD)), un mouvement royaliste, lorsque celui-ci a occupé l'aéroport de Bangkok en novembre et décembre derniers. Le Democrat Party est également depuis longtemps accusé d'utiliser l'accusation de crime de lèse majesté contre ses opposants  dans l'histoire de la Thaïlande.

Le 16 mars 2009, Abhisit Vejjajiva était invité à St. John College, à Oxford, pour y faire un discours en tant qu’ ancien élève émérite. Giles assistait à la conférence et a posé des questions lors de la discussion qui a suivi. Voici la vidéo de cette conversation entre les deux dirigeants : tous deux ont fait leurs études au Royaume-Uni, mais avec des mantras totalement différents.

La transcription complète du discours d'Abhisit et un compte-rendu sur l'ambiance (y-compris les protestations) est disponible sur le site New Mandala. La traduction en thaïlandais est disponible sur le site Prachatai.

Voici un extrait des échanges sur la question du crime de lèse majesté :

Giles a commencé en indiquant qu'il était sous le coup d'une accusation pour lèse majesté provenant du gouvernement d'Abhisit pour avoir écrit un ouvrage universitaire, et que d'autres personnes en Thaïlande font face à la même accusation injustifiée.  Il a continué en critiquant le gouvernement d'Abhisit qui s'est reposé sur l'intervention militaire (en soutenant la faction du parlement qui l'encourageait) pour parvenir au pouvoir – des membres du cabinet ministériel  ont participé à la fermeture de l'aéroport – et pour avoir négligé de mettre en examen le général de l'armée qui a ordonné le massacre de Takbai.

Voici la réponse d'Abhisit :

Abhisit répondit à Giles en indiquant que le fait qu'il accepte de répondre aux questions (telles que celles de Giles) indiquait bien qu'il est un politicien démocrate, et qu'il serait surpris que d'autres personnes que Giles admirait lorsqu'ils étaient premier ministre acceptent de telles questions du public. Il expliqua ensuite que Giles déformait les faits, et qu'un certain nombre des accusations pour lèse majesté n'avaient pas été déclenchées pendant que son parti était au pouvoir, mais plutôt lorsque [le premier ministre destitué] Thaksin et ses successeurs étaient au pouvoir. Il a lui même affronté une accusation de lèse majesté sous le gouvernement Thaksin, mais la police a abandonné les charges. Il a ensuite affirmé que les démocrates doivent respecter la loi plutôt que s'enfuir, et qu'il considère que les accusations contre Giles sont légitimes puisqu'il a prétendu que la monarchie soutenait le coup d'état.

Abhisit a également mentionné la rencontre qui a eu lieu avec le mouvement pour la liberté d'expression Thai Netizen pour évoquer les questions de lèse majesté et des utilisateur thaïlandais d'Internet.

C'est la première fois qu'un premier ministre invite un groupe d'internautes pour déterminer comment régler les questions de contenu illégal sur Internet.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français

Non merci, je veux accéder au site