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Brésil : La délimitation controversée de terres indiennes confirmée

Cinq tribus indiennes du Brésil viennent de gagner une bataille de 30 ans pour récupérer 1.7 million d'hectares de leurs terres ancestrales dans l'Etat de Roraima en Amazonie, à la frontière avec le Vénézuela et la Guyana. Le 19 mars, la Cour Suprême du Brésil (STF) a tranché en faveur du maintien en l'état de la réserve indienne Raposa Serra do Sol, gardant intactes ses dimensions et ses limites en un territoire d'un seul tenant, à la déception des éleveurs et des riziculteurs qui convoitaient ces terres.

Les délibérations ont commencé en août 2008, mais le procès a été suspendu à deux reprises. En décembre, l'un des 11 juges examinant l'affaire, Marco Aurélio Mello, a requis l'ajournement de l'audience pour un complément d'information, bien que 8 juges se soient déjà prononcés en faveur de la démarcation actuelle. Les votes ont repris mercredi 18 mars, et en dépit du fait qu'il ne restait plus que 3 juges devant se prononcer, aucune décision n'avait été prise à la fin de la journée comme on le croyait.

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Indiens à la CourSuprême du Brésil à Brasília. Photo: Antonio Cruz/ABr utilisée sous licence Creative Commons 

Aurélio Mello a été le premier à parler hier, et a lu pendant six heures un avis de 120 pages. Il votait contre la démarcation actuelle de Raposa Serra do Sol parce que, “les erreurs commises au cours du processus devraient invalider la démarcation,” et arguait que le maintien de la réserve dans son état actuel pouvait mettre en danger la souveraineté nationale du Brésil. Il préconisait un nouveau processus de démarcation.

Mércio Gomes [portugais] déplore son vote:

Foi péssimo. Trata-se de um longo e caudaloso pronunciamento em que o ministro considera processo viciado pela falta de diversas ações, depoimentos, deslocamento da parte passiva, etc. O voto parcial do ministro Marco Aurélio requer que todo o processo seja “sanado”, o que exigiria uma série de providências que adiaria para as calendas gregas a decisão sobre o processo.

C'était affreux. C'était une déclaration longue et verbeuse, dans laquelle le juge considérait que le processus était vicié par l'absence de divers actes, dépositions, déplacement des défendeurs, etc… Le vote partial de juge Marco Aurélio requiert que le processus dans son ensemble soit d'abord “assaini”, ce qui impliquerait une série de mesures qui reporteraient la décision aux calendes grecques.

D'autres blogueurs ont, pour leur part, félicité Marco Aurélio de Melo pour avoir été le premier à voter contre la démarcation. Parmi eux, José Leite Mesquita [portugais] a estimé que le juge avait pris une décision tout à fait lucide :

O voto do ministro será resgatado pela história quando o Brasil deixar de ser um Estado Federativo, e tiver se transformado, conforme estará sacramentado pela maioria de votos favoráveis, num Estado de Nações, por conta do surrealismo que manterá a demarcação contínua das terras indígenas na Reserva Raposa Serra do Sol.

Assistimos espantados, e temerosos, pouco mais de 200 mil indivíduos, alguns já aculturados, ter a posse permanente de 13% do território brasileiro.

A Constituição é clara: a terra é da união. Os índios tem a posse permanente.

Ce juge sera racheté par l'histoire quand le Brésil aura cessé d'être un Etat fédéral et sera devenu une Etat de nations [indiennes]  formalisé par la majorité des votes [en faveur de la démarcation] en raison du surréalisme qui maintient les terres indiennes de Raposa Serra do Sol en une réserve unique. Nous avons observé, à notre étonnement et et frayeur, comment à peine deux cent mille individus, dont certains sont déjà acculturés, sont en possession permanente de 13% du territoire brésilien. La constitution est claire : la terre appartient à la fédération. Les Indiens en ont l'usufruit permanent.

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Devant la Cour Suprême à Brasília. Photo: Antonio Cruz/ABr utilisée sous licence Creative Commons 

Le juge Marco Aurélio Mello a terminé sa longue allocution mercredi en début de soirée, et il ne restait de temps que pour le vote d'un seul autre juge. Il n'a pas fallu beaucoup de temps à ce juge, Celso de Mello, pour voter en faveur des Indiens. Le vote final, celui du juge président de la Cour Gilmar Mendes, a été reporté au jeudi après-midi. Visionnant en direct un flux vidéo mis à disposition par Povos Indigenas, les gens ont posté des commentaires sur Twitter à travers tout le pays. Au bout de presque deux heures, @povosindigenas a annoncé [portugais]:

#raposa Placar 10X1 a favor da demarcação contínua….

#raposa Score 10 contre 1 pour la continuité de la démarcation….

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A la Cour Suprême à Brasília. Photo: Antonio Cruz/ABr utilisée sous licence Creative Commons 

Plus de 3.000 Indiens se sont rassemblés pour suivre le processus de décision de la cour, que ce soit à Brasília, où le procès a eu lieu, dans la capitale de l'Etat, Boa Vista, ou à Raposa Serra do Sol. A cause des tensions entre tribus et agriculteurs locaux par le passé, la garde nationale était stationnée sur place pour contenir toute violence éventuelle après le verdict.

Luiz Valerio Silva [portugais] couvre la procédure de jugement depuis la communauté Surumú, où 200 personnes attendent le résultat. Il rapporte que les journées de délibération s'y sont écoulées paisiblement :

Os índios favoráveis à homologação contínua da reserva índigena Raposa Serra do Sol dançam a parixara e a arerúnia desde as primeiras horas da manhã. Eles estão certos da vitória. Creem que a demarcação pernamecerá em área contínua. (…)

A vila Surumú comporta neste momento, entre moradores e indígenas que vieram de fora para comemorar o resultado do julgamento, algo em torno de 400 pessoas. Ao todo, cinquenta famílias moram na vila. A estimativa é que cerca de 200 índios foram trazido para cá pelo Conselho Indígena de Roraima (CIR). Antes, falava-se em cerca de 3.000 mil índios. (…)

Entre os que esperam com ansiedade pela voto dos três ministros do STF que ainda falta se manifestar sobre o assunto, já há preparativos para uma intensa noite de forró em comemoração à confirmação da demarcação contínua da reserva. Sob um sol de mais de 40 graus, índios se movimentam nas ruas empoeiradas do Surrumu, aguardando a decisão.

Les Indiens favorables à l'intégrité de la réserve Raposa Serra do Sol ont dansé les rituels parixaha and arerunia dès le début de la matinée. Ils sont sûrs de la victoire. Ils croient que la démarcation sera conservée en une surface continue . (…) En ce moment, le village Surumú compte, entre ses résidents et les Indiens venus d'autres régions pour fêter le résultat de la délibération, dans les 400 personnes. Environ 200 Indiens ont été amenés ici par le Conseil Indigène de Roraima (CIR). (…)        

Ceux qui attendent avec anxiété le vote des trois derniers juges sont en plein préparatifs pour une soirée animée de danse forró afin de fêter la confirmation de la démarcation définitive de la réserve. Sous un soleil de plomb, les Indiens déambulent dans les rues poussiéreuses de Surumú, dans l'attente de la décision.

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JDevant la Cour Suprême à Brasília. Photo: Antonio Cruz/ABr utilisée sous licence Creative Commons 

Après avoir confirmé le maintien en un seul tenant de la réserve, la cour a examiné l'annulation des titres des agriculteurs, les conditions et les délais accordés aux fermiers encore sur place pour quitter les lieux, et les 18 dispositions complémentaires auxquelles devront se conformer les Indiens. La plupart des éleveurs et certains riziculteurs ont déjà quitté le territoire moyennant des compensations publiques, mais un petit groupe de riziculteurs les a refusées. On exige à présent de ces fermiers, dont beaucoup étaient là depuis plus de vingt ans et jouissaient de l'appui de puissants intérêts régionaux, politiques et économiques, un départ immédiat (avec un délai jusqu'en mai), à défaut ils seront expulsés par la police.

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A Raposa Serra do Sol, un groupe d’ Indiens suivent la procédure à la télévision. Photo:Valter Campanato/ABr publiée sous licence Creative Commons.

On estime que 18.000 Indiens des tribus Macuxi,WapishanaIngaricó, Taurepangs and Patamona vivent dans la région connue sous le nom de Serra Raposa do Sol, une réserve crée par le gouvernement brésilien en 2005.

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