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Soudan : Un cyber-activiste raconte son arrestation

Le cyber-activiste et avocat soudanais Abdel Hakim Abdel Rahman Nasr a été arrêté [en anglais] lors d'une descente à son domicile dans la nuit du 5 mars. Il a été relâché le 11 mars.

Nasr a été arrêté à peine quelques heures [en arabe] après avoir exprimé un avis favorable envers le mandat d'arrêt de la Court Pénale Internationale à l'encontre du Président du Soudan Omar al-Bashir sur le Forum international pour la Nubie [en arabe], sur lequel il est modérateur.

Dans ce billet aux accents assez détachés [en arabe], publié sur le forum désormais ouvert aux seuls membres, Nasr raconte son arrestation dans les détails :

تم اعتقالي ليلة الخميس الجمعة 5-6 مارس الجاري في عملية تشبه حوادث السطو في المدن ولا يزال تاثير هذا الحادث يلقي بظلاله السالبة علي قراناالامنة فليست هذه هي المرة الاولي التي اعتقل فيها ولكن تاثير هذا الاعتقال لا يزال محفورا في ذهن اطفال اخي وجيراننا بل واطفال الاحياء المجاورة بل وتجاوز الامر الاطفال فحتي كبار السن اصبحوا لا يحسون بالامان

J'ai été arrêté la nuit du 5 mars dans des conditions qui ressembleraient à un cambriolage dans les grandes villes et les conséquences de cette opération se font encore sentir dans nos paisibles villages. Ce n'était pas la première fois que je me faisais arrêter mais cette fois-ci, les conséquences sont gravées dans la mémoire de mes enfants, de mes voisins et même des enfants des zones voisines. Les adultes, eux non plus, ne se sentent plus en sécurité.

Nasr raconte ensuite ses conditions de détention:

عوملت معاملة غير انسانية منذ اعتقالي فجر الجمعة حتي نهاية نهار السبت وهذا ما ساقصه بكل تفصيل ولا تزال اثاره باقية في جسدي حيث فقدت نعمة السمع في اذني اليمني وتاثير كبير في عيني اليمني وشعور بالدوار لم يفارقني ويمنعني من مزاولة عملي .
تغيرت المعاملة بعد ذلك وقام مدير جهاز الامن بالاعتذار بشدة اكثر من مرة وتغيرت معاملته لي حتي لحظة مغادرتي المعتقل ولكنني انسان اولا واخيرا .لا زلت اعاني من ويلات الطريقة التي بها اعتقلت فاسرتي فقدت الامان حيث ان اطفال اخي يعانون من الكوابيس ليلا وتظل الابواب مغلقة ليل نهار وتعاني اسرتي جراء ما حل بهم .وفقدت شخصيا نعمة السمع مما يمنع التواصل بيني وبين اخي مزمل الذي يعاني من فقدان السمع منذ سنوات.

Depuis mon arrestation vendredi à l'aube jusqu'à samedi en fin de journée, j'ai été traité d'une manière inhumaine, dont mon corps continue à montrer les signes de souffrance, comme je vais l'expliquer ici. Je n'ai plus d'ouïe à l'oreille droite et ma vue dans l'œil droit a été aussi touchée. J'ai fréquemment des étourdissements, ce qui m'empêche de faire mon travail. Par la suite, les conditions de ma détention ont changé, le chef de l'unité de sécurité m'a présenté ses excuses plus d'une fois et m'a traité différemment jusqu'à la fin. Pourtant, je n'en reste pas moins un être humain et je ne me remets ni de cette arrestation ni du fait que ma famille ne se sente plus en sécurité. Les enfants de mon frère font des cauchemars et nous verrouillons les portes de la maison la journée et la nuit, ce qui nuit gravement à ma famille. J'ai aussi perdu l'ouïe, ce qui m'empêche de communiquer avec mon frère Muzamil, qui lui même l'a perdue, il y a plusieurs années.

Il raconte ensuite en détails de quelle façon, il a été réveillé par un des onze hommes qui ont effectué la descente à son domicile :

ظننت ان اخي الكبير قد دخل الصالون لبعض اغراضه الا ان صوت المتحدث نبهني فازحت الغطاء عني فاذا باضواء كثيرة مسلطة علي وجهي وبادرني احدهم بالسؤال عن
اسمي واردف (ايوة قوم معانا بدون أي شوشرة واتعامل معانا كويس عشان نعاملك كويس)ووجدت يداي خلف ظهري وفوهة سلاحين خلف خاصرتي ومن طلب مني التحرك وعندما سالتهم عن هويتهم اسكتني احدهم وطلبوا مني الخروج عبر تسلق السور فرفضت ذلك وطلبت الخروج عبر البوابة فانصاعوا وطلبت منهم اخبار اسرتي فردوا بانهم سيقومون بذلك ولكن بمجرد وصولنا العربة التي كانت تنتظر بالخارج انطلقوا دون اخبار اهلي .

Je croyais que c'était mon frère aîné qui était entré dans le salon (où il dormait) pour prendre quelque chose, mais j'ai eu la surprise d'être réveillé par une voix inconnue. J'ai repoussé ma couverture alors qu'une lumière m'éclairait le visage. Un des hommes m'a demandé mon nom et a m'a dit : “Venez avec nous sans faire de bruit. Tenez-vous bien et on ne vous fera aucun mal.” J'ai senti des mains dans mon dos et deux fusils sur mes flancs, alors que l'on me demandait d'avancer. Quand je leur ai demandé de décliner leur identité, l'un d'entre eux m'a dit de me taire et ensuite, ils ont voulu me faire sortir de la maison en escaladant la clôture. J'ai refusé de sortir de cette façon en insistant pour passer par le portail, ce qu'ils ont accepté. J'ai demandé que l'on prévienne ma famille et ils m'ont dit qu'ils le feraient. Cependant, dès que nous avons atteint la voiture qui attendait à l'extérieur, ils ont accéléré et n'ont pas informé ma famille.

Les hommes l'ont conduit à travers des villages, ont changé de voiture et se sont arrêtés afin de prier. Nasr raconte ses souvenirs [en arabe]:

وصلنا قرية غرب سمت فتوقفوا لاداء الصلاة وعندها تبينت لي ملامحهم وبعد اداء الصلاة بدأ مسلسل التعذيب كانهم امروا بذلك اثناء السجود

Ils sont arrivés au village de West Samt, où ils se sont arrêtés pour prier. J'ai alors pu identifier les détails de leur physique. Après ces prières, ils ont commencé les tortures. C'est comme s'ils obéissaient à l'ordre de me torturer pendant leur Sujiud (prostration) [en anglais].

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