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Premier Rapport “Liberté sur le Web” : Interview de Robert Guerra

La Freedom House , [en anglais] une organisation qui évalue chaque pays et les classe conformément à leurs droits politiques et à leurs libertés civiques vient de publier son nouveau rapport sur la censure sur le Web.

L'étude la “Liberté sur le Web” [en anglais]  a évalué 15 pays en se basant sur deux éléments clé, à savoir l'accès au Web et aux technologies mobiles ainsi que la libre circulation des informations qui en découle. L'étude couvre la période 2007-2008, et met à jour les nouvelles menaces qui planent sur Internet.

Code couleurs : vert = libre, jaune = liberté limitée, violet = non libre

Le rapport nous apprend également que non seulement le Web jouit d'une plus grande liberté que la presse mais que les activistes en ligne y font preuve de plus en plus d'imagination pour faire face aux atteintes des gouvernements à leur liberté d'expression.

Dans la vidéo de l'entretien ci-dessous, réalisé par Global Voices Advocacy, Robert Guerra – directeur du Programme mondial pour la liberté sur le Web de la Freedom House nous parle de cette nouvelle initiative et nous livre quelques unes des ses réflexions quant aux menaces planant sur la liberté de l'information en ligne.

Le communiqué de presse

Washington -1er avril, 2009 - Une nouvelle enquête de Freedom House avertit que les libertés liées à Internet et aux téléphones mobiles sont de plus en plus menacées car les gouvernements – aussi bien les dictatures que les démocraties – s'avèrent de plus en plus prompts à surveiller et contrôler les activités sur le Web.

À ce sujet, le rapport  La liberté sur le Web met à jour de grandes disparités parmi les quinze pays étudiés et pointe les tendances qui consistent, de la part de gouvernements autoritaires, à « sous-traiter la censure » à des entreprises privées et à recruter des agents afin de manipuler les conversations en ligne. Le rapport nomme aussi bien des démocraties que des dictatures qui surveillent le Web et n'informent pas correctement les utilisateurs quant à la surveillance dont ils font l'objet.

Jennifer Windsor, Secrétaire Général de Freedom House explique : « Plus d'un milliard de personnes envisagent le Web et la téléphonie mobile comme un nouvel espace de liberté, où elles peuvent s'exprimer sans répercutions mais à mesure que l'accès en est facilité, les gouvernements emploient des méthodes diverses et sophistiquées afin de piloter, censurer et punir ses utilisateurs».

La Freedom House a conduit cette étude afin de mieux comprendre les nouvelles menaces qui planent sur la liberté d'expression sur le Web. La liberté sur le Web évalue chaque pays en se basant sur les difficultés à l'accès, les restrictions sur les contenus ainsi que la violation des droits des utilisateurs. Elle met à jour les actions des gouvernements mais note également la résistance que ces mêmes gouvernements rencontrent de la part de leurs citoyens.

Les résultats de cette étude couvrant la période 2007-2008 sera révélée de manière officielle  mercredi 1er avril lors d'une conférence à Berlin en Allemagne, devant plus de mille blogueurs. Freedom House espère inclure tous les pays dans son étude.

Cuba a reçu l'évaluation la plus faible car le régime du président Castro contrôle quasiment tout accès au Web. Trois autres pays ont reçu une évaluation Non libre : la Chine, l'Iran et la Tunisie. La plupart des pays a reçu une évaluation Liberté limitée : Égypte, Géorgie, Inde, Kenya, Malaisie, Russie et Turquie. L'Estonie se classe en tête car elle octroie le plus de liberté. Les autres pays avec l'évaluation Libre sont: Brésil, Afrique du Sud et Royaume-Uni.

Le cas de la Chine montre un paradoxe particulier : un pays dont les usagers d'Internet sont estimés à 300 millions mais qui exerce également la censure la plus développée. La Chine dispute à Cuba le flambeau du pays enfreignant le plus la liberté des utilisateurs.

Madame Windsor poursuit : « À la Freedom House, nous sommes touchés par le fait que des citoyens, même dans des pays aussi répressifs que la Chine, Cuba et l'Iran, s'opposent de manière créative et courageuse à cette escalade du contrôle gouvernemental sur le Web. Les démocraties devraient non seulement apporter leur soutien à ces voix mais également montrer l'exemple d'une meilleure pratique en ce qui concerne leurs politiques respectives sur les médias numériques ».

Évolutions générales

  • Accès facilité. Menaces: dans six (40 %) des pays évalués, l'accès à internet a été multiplié par deux entre 2006 et 2008. Le nombre de téléphones mobiles a été multiplié par deux dans trois (20 %) pays. Dans cette même période, six pays (40 %) ont condamné un blogueur à de la prison et un tiers des pays ont introduit une nouvelle législation plus restrictive sur Internet. Les méthodes visant à contrôler et censurer les médias traditionnels s'infiltrent dans ce nouveau média mais ne sont pas encore courants. En plus des peines de prison ferme, de la torture et des méthodes d'intimidation des activistes sur le Web, les gouvernements mettent également en place des méthodes de harcèlement tel que le piratage ou la fermeture des sites Web.
  • La censure se répand : onze pays (73 %) avaient en ligne de mire les contenus politiques dans un exemple au moins, une censure et un contrôle généralisés existaient dans tous les pays évalués. Les techniques de censure incluaient le filtrage technique, le retrait manuel sur ordre gouvernemental, l'intimidation, des décisions judiciaires ainsi que des manipulations sophistiquées des conversations en ligne par des agents .
  • Sous-traitance de la censure : de plus en plus de gouvernements exigent que les acteurs du secteur privé, les fournisseurs d'accès à Internet, les plateformes de blogs, les employés des cybercafés ainsi que les opérateurs de téléphonies mobiles surveillent et censurent les utilisateurs. Cette sous-traitance affecte les compagnies locales aussi bien que les opérateurs internationaux.
  • Plus de liberté sur le Web que dans la presse : pour tous les pays de cette étude, à l'exception du Royaume-Uni, leur note était meilleure que celle qu'ils ont obtenu pour l'«Étude sur la presse» de Freedom House ; étude qui examine les média radio ou télédiffusés et imprimés. Cette différence est plus accentuée dans les pays Moyennement libres tels que le Kenya, la Russie et la Malaisie.
  • Accroissement de l'activisme en ligne : les citoyens s'opposent au contrôle gouvernemental en bloguant, en utilisant des codes pour contourner les mots interdits et en organisant des manifestations et des groupes d'activisme en ligne grâce aux réseaux sociaux tels que Facebook.

Principales conclusions par pays

  • Cuba est l'un des régimes qui répriment le plus l'accès à Internet, bien qu'elle ait rendu l'achat  d'ordinateurs et de téléphones mobiles un peu moins difficile en 2008. Le courrier électronique est pratiquement la seule application accessible sur le Web mais avec une surveillance exacerbée. Cuba est l'un des seuls pays s'étant doté d'une législation spécifique au Web et qui en interdit certaines activités.
  • La Chine abrite la population la plus importante d'utilisateurs, mais ses maîtres ont à leur disposition la répression la plus sophistiquée, sur plusieurs niveaux et sur  la grande échelle au monde. Les cyber-dissidents y sont plus emprisonnés, ils étaient au moins 49 mi-2008. Les peines de prison y sont également plus longues qu'ailleurs et on assiste a une poussée de certaines formes de harcèlement et de violence qui échappent aux lois. Les autorités et les fournisseurs d'accès privés emploient des centaines de milliers de personnes qui régulent, censurent et manipulent les contenus en ligne.
  • L'Iran utilise sur son territoire un arsenal répressif assez complexe qui consiste à filtrer les contenus, à intimider, détenir et torturer les blogueurs ainsi qu'à restreindre l'accès aux routeurs, tout ceci afin de limiter les libertés d'expression. En 2008, les autorités ont détenu et interrogé plus d'une douzaine de blogueurs. Ces derniers sont passibles de la peine de mort, par une loi qui est passée en première lecture au parlement.
  • La Russie ne fait pas vraiment de blocage et de filtrage techniques du Web mais les autorités suppriment de plus en plus de contenus par des pressions anonymes. La liberté du Web y est menacée par une augmentation des agressions et des crimes ayant pour cibles des blogueurs ; le gouvernement manipule les discussions en ligne par la création de ses propres sites de propagande.
  • L'Égypte ne s'engage pas dans une censure a grande échelle du Web et le gouvernement y a encouragé l'accès aux nouvelles technologies. Mais les services de sécurité et leurs alliés sont connus pour surveiller les usagers et employer des méthodes telles que l'intimidation, la détention, l'emprisonnement et la torture afin de réduire au silence les militants blogueurs.
  • L'Afrique du Sud jouit d'une importante liberté dans le domaine des médias numériques, mais une majorité de ses habitants n'a pas accès à Internet parce que les coûts sont élevés et qu'il existe une barrière linguistique. Les contenus politiques ne sont pas censurés et les blogueurs n'y sont pas poursuivis pour leurs activités sur le Web. Contrairement aux autres pays étudiés, plus de personnes accèdent au Web par leur téléphone portable que par ordinateur en Afrique du Sud.
  • Le Royaume-Uni a l'un des environnements les plus libres au monde. Mais on s'y inquiète de plus en plus de la rétention des informations des utilisateurs d'Internet par les fournisseurs d'accès et cet environnement tolérant permet aussi le « tourisme de la diffamation » (par lequel le Royaume-Uni autorise des individus, provenant souvent de régimes dictatoriaux, a poursuivre des auteurs dont les œuvres sont disponibles au Royaume-Uni, versions en ligne incluses). Les procédures utilisées par la Internet Watch Foundation pour effacer de la Toile des contenus jugés nuisibles manquent de transparence et les procédures permettant de faire appel pourraient être améliorées.

Freedom House, une organisation non-gouvernementale indépendante qui soutient  la liberté dans le monde, évalue les droits politiques et les libertés civiques  dans le monde depuis 1972.

La liberté est importante.

Freedom House fait une différence.

www.freedomhouse.org

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