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Arménie-Turquie : Réactions mitigées au discours d'Obama à Ankara

Alors qu’il avait promis de reconnaître comme génocide le massacre et la déportation de 1,5 million d’Arméniens vivant dans l’Empire ottoman lors de la première guerre mondiale s’il était élu président, le groupe très influent de la diaspora arménienne à Washington s’attendait à ce que le président des États-Unis Barack Obama tienne sa promesse de campagne, lors de sa visite en Turquie.
Mais soucieux de ne pas compromettre  les fragiles négociations entre l’Arménie et la Turquie pour résoudre les problèmes du passé, établir des relations diplomatiques et ouvrir une frontière commune fermée depuis le début des années 90, Obama a évité d’utiliser le terme lui-même. Alors que pour le moment, la plupart des blogueurs arméniens ont très peu réagi au discours, la réaction dans le reste du monde a été mitigée.

Rappelant la promesse de campagne d’Obama qui avait pour but d’attirer l’électorat arméno-américain [anglais], Enotitan Revolution est déçu.

Les compétences diplomatiques du président Obama ont été mises à l’épreuve lors de sa visite en Turquie. Bien qu’il soit en faveur de la reconnaissance du génocide arménien aux États-Unis, il a gentiment survolé le problème, conscient de ne pas utiliser le terme « génocide », afin de ne pas froisser ses hôtes turcs. Pourtant, durant sa campagne pour l’élection présidentielle, celui qui était à l’époque Sénateur Obama, avait ouvertement déclaré : « l’Amérique a besoin d’un dirigeant qui parle honnêtement du génocide arménien ». Je suppose qu’en fait  la justice et les droits de l’Homme ne servent qu’à obtenir des aides financières durant les tournées électorales de la campagne.

Conservative Insider est de cette opinion [en anglais].

Chose curieuse, il existe des Américains d’origine arménienne qui détestent les Turcs, et dont certains membres de la famille sont morts aux mains des Turcs, mais aujourd’hui, en Turquie, Obama s’est rétracté sur la conclusion du génocide et l’a à peine qualifié d’ «opinion ».

Si vous êtes arméniens, vous pouvez vous considérer comme officiellement trahis.

Mais si certains blogueurs avaient le sentiment qu’Obama n’avait pas tenu sa promesse, d’autres comme Gateway Pundit pensaient le contraire [en anglais].

C'était soit courageux, soit téméraire…

Aujourd’hui, à l’intérieur du Parlement turc, Barack Obam a vilipendé la Turquie pour le génocide arménien de 1915, un acte courageux pour le jeune président qui a démontré des lacunes dans le domaine de la politique étrangère.

Il s’agit d’un sujet très sensible en Turquie.

Pass/Fail en est également arrivé à la même conclusion [anglais].

Le massacre de plus d’un million d’Arméniens par l’Empire ottoman après la première guerre mondiale a été un des principaux sujets abordés durant cette visite. Lors de la campagne électorale, le président Obama était resté fidèle à l’opinion selon laquelle ce massacre de masse devait en effet être reconnu comme un «génocide ». En présence du président turc Abdullah Gul, Obama a affirmé qu’ « il n’avait pas changé d’opinion » à ce sujet. Lors de son discours au parlement turc, le président a plus tard déclaré qu’ «un processus qui aborderait le passé d’une manière honnête, ouverte et constructive serait  la meilleure façon d’avancer pour les Arméniens et les Turcs ».

Comments from Left Field a été impressionné [en anglais].

Une autre chose qui m’a fait plaisir : Obama a mentionné le génocide arménien (même s’il n'a pas utilisé ce terme). Mais il a fait comprendre que l’Histoire est importante, et que lorsque certains événements douloureux du passé ne sont pas reconnus ou résolus, cela « peut être un lourd fardeau ».

Je pense qu’il a fait passer le message. Plus encore, ce message a eu beaucoup plus de poids car, avant de mentionner l’Arménie, il a parlé de l’héritage douloureux de notre passé [américain]. Il a dit que le travail de la démocratie n’était jamais achevé.

Je vous le dis, je suis vraiment impressionné par Barack Obama. Oui, sans aucun doute, il m’a déçu sur certains points, mais avant tout il est, je pense, un visionnaire, quelqu’un d’unique, une voix unique dans notre histoire politique. Il est un leader – un vrai leader.

Grand Rants n’est pas de la même opinion [en anglais].

Obama a rapidement non seulement démontré un manque d’expérience en tant que dirigeant politique, mais il s’est également avéré être un homme d’Etat qui ne respecte pas ses engagements.

Dans la blogosphère arménienne, ou du moins parmi les blogueurs qui ont laissé des commentaires sur le discours, les réactions étaient également contrastées, tant parmi les membres de la diaspora que ceux de la république arménienne.

Selon Sevana de Life in the Armenian Diaspora, les mots d’Obama, ou l’absence d’un mot en particulier, n’ont pas été très bien accueillis [en anglais].

La première chance d’Obama de reconnaître ouvertement le génocide est passée. Il a reculé. De façon très, très décevante. Sa prochaine chance aura lieu le 24 avril. J’espère qu’il ne va pas également la laisser passer.

Exprimant les sentiments communiqués par les médias de son Arménie natale, cependant, The Armenian Observer, n’est pas d’accord [en anglais].

Le président des États-Unis Barack Obama, le premier jour de sa visite en Turquie, a déclaré que son opinion sur le massacre de masse des Arméniens par les Turcs Ottomans en 1915, qu’il a défini de génocide, n’avait pas changé.

Cependant, Obama a dit qu’il préférait ne pas se focaliser sur ses propres opinions, afin d’encourager le dialogue sur l’ouverture de la frontière entre l’Arménie et la Turquie.

Auteur sur Global Voices Online, Simon Maghakyan, sur Blogian, est du même avis [anglais].

Alors que certains Arméniens semblent ne pas être satisfaits des déclarations d’Obama – il existe maintenant un groupe SHAME ON YOU OBAMA (Honte à toi Obama) sur Facebook – je pense que les mots d’Obama étaient, diplomatiquement, plein de tact mais fermes. En particulier, il a déclaré que 1) La Turquie a commis un génocide mais je n’utiliserai pas le mot étant donné que 2) il existe un véritable espoir de normaliser les relations entre la Turquie et l’Arménie, 3) mais la Turquie doit démontrer que le processus de normalisation est réel, et 4) ceci devrait automatiquement inclure la reconnaissance du génocide par la Turquie. Selon les mots du professeur turc Taner Akcam « [Obama] repousse réellement les frontières, d’une façon positive et très intelligente ».
De plus, sa comparaison avec l’histoire des indiens d'Amérique, qui est sans aucun doute un génocide aux yeux des Turcs, était également parfaite (sans mentionner que c’est exactement ce que j’avais suggéré dans un article précédent :D).
Beaucoup de choses peuvent être dites sur la façon dont Obama a géré la situation. Je suis personnellement satisfait sur la façon dont il l’a fait si on prend en considération le lieu et la courte durée de son séjour.

Quoi qu’il en soit, le problème existe toujours, et beaucoup de personnes attendent maintenant de voir ce qu’Obama fera le 24 avril, jour où les Arméniens du monde entier commémoreront les massacres [en anglais]. En attendant, certains problèmes qui joueront certainement un rôle dans la décision d’Obama [en anglais]sont mentionnés dans le blog Frontline Club.

Il est essentiel pour lui d’envoyer le bon message de la Turquie laïque jusqu’au monde islamique afin de réparer les dégâts causés par son prédécesseur, George W Bush. De plus, les États-Unis ont toujours besoin de l’aide de la Turquie en Irak et en Afghanistan. Depuis la guerre du mois d’août 08 entre la Géorgie et la Russie, le rôle de contrepoids de la Turquie à l’influence de Moscou dans la Caucase du Sud est devenu évident.

La normalisation des relations entre l’Arménie et la Turquie devrait bénéficier à la stabilité régionale et contribuer à une solution de paix au conflit de longue date entre les Arméniens et les Azéris. D’autres considèrent simplement que l’Arménie et la Turquie sont sur le point de régler leurs différends eux-mêmes […] et ce fait seul influencera vraisemblablement la décision d’Obama, à savoir, encourager de tels efforts plutôt que de risquer de les faire dérailler.

L'opinion générale exprimée par les blogueurs, hormis leur opinion sur le discours d’Obama, est que la Turquie doit assumer son passé. Ils ne sont pas d’accord, il semblerait, sur la façon dont cela doit être fait.

1 commentaire

  • mbala nkenge toni lévi

    je pense que le président n’avait tord de ne pas citer ” le terme genocide” pour la seule raison son objectif c’est la réconciliation de ce deux peuple.
    IL a utilisé les termes plus sages pour faire comprendre les deux
    parties ce qui’lis avaient dans les avenirs.

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