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Egypte : 18 avril, journée contre le harcèlement des femmes

Une campagne en ligne sur Facebook qui appelle à une manifestation silencieuse le 18 avril contre le harcèlement des femmes et des filles en Égypte prend peu à peu de l'ampleur. La revendication, qui demande à ce que les femmes égyptiennes puissent se déplacer en sécurité dans leur pays, a été provoquéee par la remise en liberté d'un des agresseurs de Asser Yasser.

Sur son propre blog, Asser [en arabe] décrit [à la forme impersonnelle] ce qui lui est arrivé :

Asser Yasser, une blogueuse égyptienne, vient juste de s’installer avec sa famille dans les environs de Mokattam. En rentrant chez elle, elle croise un groupe d’adolescents dans des véhicules à l’arrêt d’où émane une forte odeur de hash. Ceux-ci l’insultent, la suivent, essayent de l’attraper et l’encerclent de leurs véhicules. La pauvre femme qui était accompagnée de sa nièce se sent piégée. Des personnes assistent à la scène de leur balcon mais nul ne lui vient en aide. Toutefois, malgré sa terreur, elle réussit à appeler la police de son téléphone portable et assez rapidement l’officier de police Mohab vient à son secours. L’une des voitures des agresseurs avait failli écraser Asser. Un des jeunes restés sur les lieux dit qu’il a juste assisté à l’agression depuis sa voiture, sans y participer. Asser l’identifie comme étant un des agresseurs et ils vont tous au poste de police afin de faire une déposition.

L’agresseur, âgé de 19 ans, est relâché mais Asser décide ne pas s’avouer vaincue, écrit Mohamed Hamdy :

تقول أسر بعدما حصل من تحرش بى على البراءه وجدت أن القانون به العديد من الثغرات , واملنا الوحيد فى الموافقة على القانون المطروح فى مجلس الشعب للتصويت لمواجهة ظاهرة التحرش , ووجدت أنه يجب أن يعرف السادة الأعضاء ان القانون مطلب جماهيرى من كل سيدات وبنات مصر وكل الرجال المحترمين فى مصر ايضا
Asser a dit : “Après la libération de mon agresseur, j’ai réalisé que la loi n’était pas adaptée et que notre seul espoir et de faire voter une loi anti-harcèlement ; les membres du parlement égyptien doivent se rendre compte qu’il s’agit d’un appel unanime de toutes les Égyptiennes et de leurs compatriotes respectables.

Parmi les slogans proposés pour cette campagne, il y a :

مش هسيب حقى
أنا ضحية مش جانى

Je n’abandonnerai pas mes droits, je suis la victime, pas l’agresseur.

Les blogueurs se sont rapidement joints au mouvement :

River Nael suggère [en anglais] de “marquer” les agresseurs à l’aide un tampon afin de les identifier et de leur faire honte.

Ceci étant dit, et au regard du nombre grandissant de cas de harcèlements sexuels dans la société égyptienne, on peut conseiller un remède qui prend en compte l’importance de l’image au sein de la communauté. […] Cela peut effectivement se faire en marquant les agresseurs au visage à l’aide d’une encre qui ne laisserait pas de traces indélébiles, comme celle utilisée lors des élections, lorsque ceux qui ont déjà voté trempent leur doigt dans de l’encre afin d’éviter les fraudes. Cette marque pourrait être visible pendant plusieurs jours ou semaines en fonction de la condamnation (et des progrès techniques). Produire une telle encre en quantité à un prix modique semble possible.

Afin d’éviter le regard des voisins, collègues, familles et la société en général, les agresseurs ainsi marqués choisiront certainement de rester chez eux. Ceci pourrait être très dissuasif.

A ce jour, le groupe sur Facebook compte 573 membres.

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