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Pérou : Un journal critique le niveau d'espagnol d'une membre du Congrès d'origine autochtone

Le journal Correo de Lima a publié en première page [en espagnol, comme tous les liens de cet article] un article faisant étant du mauvais niveau d'espagnol d'Hilaria Supa, membre du Congrès, dans lequel il est avancé qu'un représentant au Congrés doit avoir un certain niveau d'éducation. Suite à cet article, différentes opinions ont été exprimées dans la blogosphère péruvienne. Certains pensent que les politiciens devraient être capables de s'exprimer correctement par oral et par écrit, d'autres dénoncent une sitaution raciste et discriminatoire.

Nila Vigil, du blog Instituto Linguístico de Invierno s'indigne de l'article paru dans “Correo” et du rédacteur en chef Aldo Mariátegui :

Cuando he leído lo escrito en Correo me he llenado de rabia e indignación. Se ha descalificado a la congresista Supa porque no tiene una escritura “correcta” del castellano y se ha pretendido que en el parlamento no pueden estar representados todos los peruanos sino solo los que saben leer y escribir “bien” (aunque sabe Dios qué signifique eso). O sea, la palabra no vale sino que “papelito manda”. Yo no creo que es así y por suerte tampoco el Congreso lo cree y ha condenado al diario Correo y se ha solidarizado con la congresista Supa.

La lecture de l'article paru dans Correo m'a fâché et indigné. Il discrédite Mme Supa parce qu'elle n'écrit pas « correctement » en espagnol et il prétend que seuls les Péruviens qui savent « bien » lire et écrire (et Dieu sait ce que ça veut dire) peuvent être représentés au Parlement. Soit que la parole ne compte pas, que seuls les titres et les diplômes sont reconnus. Je ne pense pas que ce soit le cas et heureusement le Congrès non plus. Il a condamné les déclarations parue dans Correo et est solidaire de Mme Supa.

Miguel Rodríguez Mondoñedo du blog La Peña Linguística cite des exemples de différences linguistiques et explique que le journal essaye de signaler des erreurs d'orthographe et de grammaire, mais que dans le fond il offre une opportunité de « ridiculiser un adversaire politique». Gustavo Faverón du blog Puente Aéreo n'hésite pas à traiter le rédacteur en chef Mariátegui de raciste et à l'accuser de juger la personnalité de Mme Supa à travers son niveau d'espagnol à l'écrit.

Silvio Rendón du blog Gran Combo Club s'exprime à propos du contexte politique et de la propositon faite d'exiger un niveau plus élevé d'éducation pour les membres du Congrés :

Bueno, la intención es clara: excluir las opciones políticas con las que no se coincide. La democracia actual estaría permitiendo que las opciones “humalistas” tengan una numerosa representación congresal. Se trata de cerrarles el paso cambiando los requisitos para ser elegidos. Hace cuarenta años los analfabetos no podían votar, con lo cual en el departamento del Cusco sólo votaba el 5% de la población en edad de votar. Los campesinos más pobres e indígenas que eran analfabetos no tenían representación, con lo cual el congreso no pasaba leyes que los pueda beneficiar. Hoy se trata de erigir barreras de entrada a la actividad política, con un objetivo parecido.

L'intention est claire, il s'agit d'exclure les options politiques divergentes. Avec la démocratie actuelle, les sympathisants de l'ancien candidat aux élections présidentielle, Ollanta Humala, ont la possibilité d'obtenir un grand nombre de sièges au Congrès. Ils essaient de changer cela en modifiant les conditions à satisfaire pour être élu. Il y a quarante ans, les personne illettrées n'avaient pas le droit de vote. Dans le département de Cuzco, par exemple, seul 5% des personnes en âge de voter en avait le droit. La tranche la plus pauvre de la population, les paysans et les autochtones étaient illettrés et par conséquent pas représentés. C'est pourquoi le Congrès ne passait aucune loi en leur faveur. Aujourd'hui, on parle d'ériger de nouvelles barrières pour filtrer la participation aux activités politiques, dans le même objectif.

Tout le monde ne partage pas cet avis, sur le blog de Sale Caliente, on peut lire:

una congresista (Hilaria Supa) se ha sentido humillada por que un periodista (Aldo Mariátegui) dice que escribe mal, y muestra pruebas. O sea, ¿ahora ya no se puede hablar mal de nadie? ¿y donde quedó la libertad de opinión y expresión? A este paso terminarán bajandose a todos los diarios, programas de radio y televisión, y ¡cuidado! hasta a los bloggers. … Es muy fácil hablar de racismo y discriminación. Nada se puede criticar. O sea, la señora se agarra del tema del racismo para tapar una gran verdad: no sabe escribir en castellano, es más, tampoco lo habla bien. … Pero, saber hablar y escribir si es importante. Y en vez de sentirse ofendida y discriminada, la congresista Hilaria Supa debería sentirse avergonzada, y debería preocuparse por estudiar.

Une membre du Congrès (Hilaria Supa) s'est sentie humiliée par un journaliste (Aldo Mariategui) qui a publié des preuves de son mauvais niveau d'expression écrite. On ne peut plus dire du mal de quelqu'un? Qu'en est-il de la liberté d'opinion et d'expression ? Si ça continue, ça va être la fin des journaux, des radios, des programmes de télévision, et faites attention, peut-être même des blogs… C'est très facile de parler de racisme et de discrimination. Rien ne peut être critiqué. Cette femme utilise le racisme pour éclipser la vérité : elle ne sait pas écrire en espagnol, et elle ne le parle pas bien non plus.. Mais pouvoir parler et écrire est important. Et au lieu de se sentir offensée et victime de discrimination, Mme Hilaria Supa devrait avoir honte et penser à étudier.

L'auteur du blog Perú es Babel soulève quelques questions à propos de ces affirmations :

Por otra parte eso de querer hablar en quechua todo el tiempo en el congreso cuando sabe bien que sus interlocutores no le van a entender, ir con ropas “típicas” y hacerse la discriminada de todo y por todo no son más que una pose para hacerse la más peruana de todas las peruanas del ande. Pose y nada más. Más allá de la pose cabe la pregunta: ¿Qué hace en el congreso la Sra. Supa? Es decir ¿Qué ha hecho hasta ahora?

De plus, vouloir parler en quechua tout le temps en sachant que les autres ne vont pas comprendre, porter des habits « traditionnels » et se plaindre d'être victime de discrimination, c'est une manière de se faire passer pour la plus Péruvienne des Péruviennes andine. Un tactique et rien de plus. Cette histoire soulève une autre question : qu'est-ce que Mme Supa fait au Congrès? Ou plutôt, qu'a-t-elle fait jusqu'à ce jour?

Matt de The ONE Blog soutient l'abandon du vote obligatoire :

ME INDIGNA QUE EN EL CONGRESO DEL PAÍS EN EL QUE VIVO, HAYA GENTE GANANDO MILES DE SOLES OBTENIDOS DE MIS IMPUESTOS ESCRIBA PEOR QUE UN REGGAETONERO DE 10 AÑOS MANDANDO SMS EN UN CELULAR SIN DOS TECLAS. Mariátegui se mide, pide que se cancele el voto obligatorio y se instaure el voto preferencial; yo sigo pidiendo lo de hace años, cancelen el voto obligatorio, olviden el voto preferencial e instauren el voto restringido para la gente con un mínimo de conocimientos prácticos para elegir a los más capacitados. Ciérrenle la puerta a todos los ignorantes e incapaces ya sea que se apelliden “Supa”, “López”, “Fuentes del Río” o “Goldstein” y permitan que ingresen los “Quispe”, “Linares”, “Posada de Gamboa” o “Levesque” que tienen la suficiente experiencia profesional como para dirigir este país y llevarlo a buen puerto.

JE SUIS SCANDALISÉ DE VOIR QU'AU CONGRÈS DE MON PAYS, IL Y A DES PERSONNES QUI GAGNENT DES MILLIERS DE SOLES QUI PROVIENNENT DE MES IMPÔTS ALORS QU'ELLE ÉCRIVENT MOINS BIEN QU'UN CHANTEUR DE REGGAETON DE 10 ANS QUI ÉCRIRAIT DES SMS SUR UN PORTABLE AUQUEL IL MANQUERAIT DEUX TOUCHES. Mariategui est mesuré, il a demandé l'abandon du vote obligatoire et la mise en place d'un vote préférentiel. Ce que je réclame depuis des années pour que ne puissent voter que les personnes dotée d'un mimimum de capacités afin de choisir les plus qualifiées. Fermons la porte à tous les ignorants et les incapables du nom de « Supa », « Lopez », « Fuentes del Rio » ou « Goldstein » et permettons à « Quispe », « Linares », « Posada de Gamboa » ou « Levesque », qui ont assez d'expérience, de diriger ce pays et de le faire aller de l'avant.

Mme Supa s'est adressée au Congrès, disant qu'elle était fière de ses origines et qu'elle n'avait aucunement l'intention de s'incliner devant qui que ce soit. Elle ajouté que depuis ce jour, toutes ses interventions au Congrès seraient en quechua. Il apparaît qu'il n'y ait pas d'opinion consensuelle pour ce qui du racisme au Pérou, cependant, il est intéressant de voir les différentes positions sur la question et de tirer le meilleur de chacune d'elles.


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