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En Chine, les accros du Net sont soumis aux électrochocs

Un journaliste du 21st Century Business Herald, Guo Jianloong (郭建龍) a fait une enquête sur les cliniques spécialisées dans le traitement des dépendances au net en Chine. Son article ayant en partie été censuré par sa hiérarchie il l'a publié sur son blog [en chinois].

Une enquête censurée

Dans son article il révèle les pratiques inhumaines d’une clinique spécialisée dans le traitement des dépendances au net le « Centre chinois de traitement des dépendances au net » située à Shandong Lin-yi (臨沂que dirige Yeung Yongxin(楊永信. À la révélation des pratiques de sa clinique, Yeung a mobilisé les parents dans le but d’attaquer Guo. Que s’est-il donc passé dans cette clinique ?

L’article de Guo dit qu’il est allé dans ce centre le 21 avril pour leur dire que son frère était accro au net. Ce faisant, il a appris que des enfants étaient enfermés de force et soumis à des chocs électriques.

Une pyramide d’intérêts

Le journaliste nous explique que les traitements de dépendances au net sont devenus une pyramide d’intérêts en Chine. Au dessus se trouve un groupe d’experts qui définissent cette dépendance comme une maladie mentale. Ce type d'explication psychiatrique plait aux parents qui ne savent pas éduquer leurs enfants et le diagnostic des experts leur permet de s’en sortir à bon compte. La motivation des experts et bien sûre pécuniaire. Une seule de ces cliniques peut gagner plusieurs millions de yuans par an alors que les enfants seront traumatisés et auront peur à jamais.

La toile de fond de son article est l’histoire d’un jeune de 17 ans, Teng Fei. En avril 2008, son père lui avait demandé de l’accompagner à la clinique pour un bilan mais il a ensuite découvert qu'il avait été trahi par son parent. En effet, la plupart des « patients » qui ont entre 13 et 30 ans y sont envoyés par leur famille contre leur gré. Ils sont tous envoyés à la salle 13 pour un « bilan initial » lors de la première visite. Dans les deux heures ils auront tous signé une lettre acceptant le traitement. Pourquoi ? Parce que ce premier bilan inclut des électrochocs ! Teng Fei a subi une demi-heure d'électrochocs lors de cette première visite et s’il avait refusé de signer la lettre il en aurait reçu encore plus.

Chocs électriques jusqu’à l’acceptation

Après avoir signé la lettre d’acceptation, le traitement dure quatre mois et demi. Il a eu sept séances d'électrochocsen moins de 6 semaines. Avant de recevoir ces traitements en salle 13 le patient doit avoir reçu cinq critiques négatives lors des séances bi-journalières d’évaluation. Ceux qui ne sont pas assez coopératifs ou soumis reçoivent des critiques négatives.

Punition et humiliation

Chaque matin, il y a un rassemblement afin de soumettre à la pression ou plutôt à l’humiliation publique  les patients qui ne sont pas assez dociles. Environ 300 personnes forment le public et cela rappelle les jugements publics et les tortures morales de la révolution culturelle. Par exemple, on demande aux patients de confesser leurs fautes et de dénoncer celles des autres en public, les enfants doivent se courber devant leurs parents en signe de soumission. Malheureusement, les parents sont convaincus du l’efficacité de tel traitement.

Les patients sont soumis chaque matin à ces rassemblements publics et à ces examens-spectacle, l’après-midi à des entrainements militaires et le soir ils doivent de nouveau se confesser en public. Ils doivent aussi ingurgiter des calmants.

Après un mois et demi de ce traitement imposé Teng Fei a tenté de s’échapper. Mais comme ses parents n’étaient pas d’accord, il a dù retourner au centre. La nuit, il subissait environ une demie heure d'électrochocs et ensuite il devait se prosterner à la manière tibétaine (tout le corps touche le sol) 2-300 fois jusqu’à minuit avant d’avoir l’autorisation de dormir. Heureusement, son père a fini par comprendre qu’ils avaient pris une mauvaise décision et l’a donc fait sortir de cette clinique. Il a quand même dù leur payer 5.000 yuans pour rupture anticipée du contrat et 15.000 yuans pour les six semaines d’hospitalisation. Le traitement complet (quatre mois et demi) s’élève à 30.000 yuans.

6 heures en ligne font de vous un accro

D’après un rapport de diagnostic psychiatrique paru en novembre 2008 à Pékin, tout individu qui passe plus de six heures par jour en ligne peut être considéré comme dépendant. Le Centre chinois spécialisé dans le traitement des dépendances au net de Lin Yi fait partie des nombreuses cliniques psychiatriques qui se sont spécialisées dans le traitement des accrocs au net ces dernières années. Jusqu’à présent les média – qui sont contrôlés par le gouvernement – sont très favorables à ces traitements inhumains. Mais les blogueurs font circuler l’enquête de Guo sur leur site et en envoient le lien par Twitter et d'autre sites sociaux.

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