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Bahreïn: “Nous avons besoin des Indiens comme nous avons besoin d'air”

Au début du mois, les autorités du Bahreïn ont annoncé la fin du système de sponsoring [en anglais] des travailleurs étrangers. Ainsi, dès le mois d'août, les travailleurs ne dépendront plus de leurs employeurs mais seront directement en contact avec l’ Autorité de régulation du marché du travail [en anglais], ce qui leur permettra de changer d'emplois sans avoir besoin de l'approbation de leurs employeurs. Cette décision a pour but de mettre un terme au sponsoring de masse de travailleurs étrangers [en anglais],venant généralement du sous-continent indien, par des Bahreïnis qui leur font payer des “frais de visa” s'ils veulent travailler pour quelqu'un d'autre.

Cependant pour certains Bahreïnis, dont le pays connaît des tensions démographiques [en anglais] et des problèmes de chômage de ses citoyens, l'idée de faciliter le travail des étrangers dans le pays est inquiétante.

Le blogueur Mohammed Marhoon décrit une expérience récente [en arabe]:

في صيف البحرين الحارق، وسط المنامة، بانتظار ضوء الإشارة الأخضر بعد مرور “الهوامير” تسند رأسك على زجاج السيارة لتهب نسمات مكيف السيارة البارد منعنشة غليل الإنتظار وجذوة الشمس عند آخرها، يقطع هذا الإكليل المنهك طرقات “هندي” على النافذة.. “طخ، طق، طق..”.
للوهلة الأولى افتكرت أنّه يريد ابتياعي “عبوة مياه”، إلا أني لم أرى أيّ عبوات بين يديه ونوضح هنا ما نقصده “ماي صحة”، بالهندي “بوني” وأولاد ميري يقولون “water” حتى لا نتعرض للمسائلة أو ننتمي للمنظمات الإرهابية على أي حال، فتحت النافذة، وإذا به يستجدي: “بابا.. فقيير أنا فلوس مافيي، الله يهرم واديك، فقييير بابا.. فقيير بابا”، أستغربت حينها، أكان صدفة أم أن هناك مثله مئات!؟ وهنا لن أسلّط الضوء على الفقر والعوز فمثله من جاليات أخرى قاطنون شوارع المنامة بطولها وعرضها وليس بغريب عليكم إلا أنّ هندي يشحذ، أول مرّة أشوف!
Dans la canicule estivale du Bahreïn, au centre de Manama, à l'arrêt au feu rouge, quand des voitures de hamoor [personnages importants] sont passées. Vous posez la tête sur la fenêtre de la voiture de façon à ce que le souffle froid de la climatisation apaise votre colère due à l'attente et la rage du soleil. Toute cette lassitude est interrompue par un Indien qui frappe à la fenêtre…toc, toc, toc
Au début, j'ai cru qu'il voulait me vendre une bouteille d'eau mais je n'en ai vu aucune dans ses mains. Je parle ici, d'eau minérale, en hindi, “pani”, et ce que “les enfants de Mary” [anglophones] appellent “eau”,pour que nous ne soyions pas interrogés ou accusés d'appartenir à une quelconque organisation terroriste.  De toute façon, j'ai baissé la fenêtre et ai constaté qu'il me demandait de l'aide: “Baba, suis pauvre…j'ai pas argent…Dieu bénit tes parents… pauvre, baba, suis pauvre, baba.” J'ai été stupéfait. Était-ce un accident ou en existe-il des centaines comme lui ? Je ne vais pas épiloguer sur la pauvreté et la nécessité ici, puisque de nombreuses communautés comme la sienne vivent partout à Manama et ce n'est pas très étonnant de les voir ici – par contre, c'était la première fois que je voyais un Indien en train de mendier!
طقوس.. يوم الجمعة..

تستقطب منطقة المنامة يوم الجمعة من ساعات الصباح الأولى الهنود وهم “ضاربي دهن الراس”، “وثياب مكوية”، “وأذواق مختلفة” وتلاقح ثقافات وطقوس، فتجدهم يتبادلون التحايا ويتحاضنون “Hug’” ويصطفون لصلاة الظهر، يتدفقون من كل حدب وصوب.. لينتهي الحال الجلوس على عتبات باب البحرين عصرا.. وارتياد الكورنيشات.. يوم حافل لديهم..

Les rituels du vendredi…
Les premières heures de la journée du vendredi attirent de nombreux Indiens dans les environs du souk de Manama, où ils viennent avec leurs cheveux pleins de brillantine, leurs vêtements bien repassés et leurs goûts si différents. Vous pouvez les voir se saluer et s'embrasser, puis se mettre en ligne pour leurs prières de la mi-journée. Ils viennent de partout et s'assoient dans l'après-midi vers Bab Al Bahrain [en anglais] ou visitent la corniche [la promenade du front de mer]. C'est un jour faste pour eux…
حاجتنا للهنود.. حاجتنا للهواء

إذا ما نظرنا للأعمال المتعددة التي يقوم بها “الهنود” في خدمة الشعب من أصغرها حتى أكبرها، فمن غسيل السيارات، بيع الياسمين في الطرقات إلى بناء الشاهقات، المحلات التجارية، رياض الألعاب، وصولا لمدراء و”كبارية” أينما “قلبت” وجهتك فثمّة “هندي” ولا غرو في ذلك!

Nous avons besoin des Indiens comme nous avons besoin d'air
En y regardant de plus près, on peut voir tous les métiers que pratiquent les Indiens au service de la population et ce du plus jeune au plus âgé: ils lavent des voitures, vendent du jasmin dans la rue, construisent des gratte-ciel, des centres-commerciaux et des parcs de jeux mais deviennent aussi responsables et même hommes d'affaires. Où que vous alliez, il y a un Indien et il n'y a rien de surprenant à cela !
A.T.M

تجدهم مصطفين بنتظام طابور طويل على آلة السحب الآلي “A.T.M” ذلك لأخذ كشف الحساب، على أرباب العمل أن يمنحوا الهنود شهادة راتب ليزيحوا بذلك العناء النفسي والهوس لدى عامليهم “يجي فلوس”،”ما يجي”، “ناقص موجود”،”أرباب كنجوز”.. ويخفوا علينا “شوي”.

الهنود هم أكبر الجاليات المنتشرة في العالم التي تقدر عدد أفرادها حوالي 25 مليون هندي يعيش حول العالم! شريحة واسعة في البحرين مع فتح باب “فري ويزا” راح يكون الوضع مرعب! أكرر أول مرّة أشوف هندي “بابا فقيير.. بيزات مافيي” يطلب في وضح النهار من السيارات المارّة هنا وهناك! اليوم متعقّد من الهنود صراحة..!!!

Distributeurs d'argent
On les voit en file en train d'attendre devant les distributeurs d'argent pour vérifier la situation de leurs comptes bancaires. Les employeurs devraient fournir aux Indiens des fiches de paie afin de soulager leurs travailleurs du stress du “Mon salaire est-il arrivé?”, “l'argent n'est toujours par sur mon compte”, “il m'en manque”, “mon patron est avare” et “c'est une misère”.
Les Indiens sont la communité ethnique la plus représentée dans le monde. On dit que 25 millions d'Indiens vivent à l'étranger. Un grand nombre d'entre eux réside au Bahreïn et l'ouverture aux travailleurs dotés de visas gratuits va rendre la situation vraiment inquiétante ! Comme je l'ai dit, c'était la première fois que je voyais un Indien en train de dire : “Baba, suis pauvre, pas d'argent.” Au vu et au su de tous, il mendiait de l'argent aux voitures qui passaient. Honnêtement, je pense qu'aujourd'hui, j'ai un complexe vis-à-vis des Indiens.

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