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Amérique latine : Le problème du travail des enfants – Partie II

Voir aussi la première partie de ce billet.
Le travail des enfants est une triste réalité en Amérique latine et, souvent, les habitants de nos pays y sont tellement habitués qu'ils n'y font plus attention. Qui n'a jamais utilisé les services d'un cireur de chaussures ou d'un enfant pour surveiller sa voiture ? Les campagnes de sensibilisation et d'autres mesures sont prises pour faire changer tout ça. A l'occasion de la Journée mondiale 2009 contre le travail des enfants du 12 juin [en espagnol comme tous les liens de ce billet], les membres de la section latino-américaine de Global Voices se sont rassemblés pour trouver des billets et des liens concernant la situation dans leur pays pour ce billet rédigé en deux parties.

Au Venezuela, l'association à but non lucratif Muchachos de la Calle a pour but de « permettre aux jeunes de devenir des citoyens en leur enseignement des techniques d'artisanat, afin de réduire le nombre d'enfants et d'adolescents qui vivent et/ou travaillent dans les rues », elle partage ses expériences sur son blog. Une autre organisation, l’Observatorio de Infancia y Juventud, cherche à « collecter des données pour permettre d'établir des politiques publiques et d'en faire le suivi, ainsi qu'à enregistrer des plaintes concernant les violations des droits de l'enfant et de l'adolescent au Venezuela pour leur venir en aide ».

Le blog Periodismo Guayanés écrit à propos du travail des enfants :

el hecho de que exista un número significativo de instituciones gubernamentales y no gubernamentales de atención a los niños, así como un ordenamiento jurídico favorable en la materia, no endosa el éxito, es necesario la implementación de los sistemas y el seguimiento de los mismos. Algunos expertos coinciden en que la anulación del trabajo infantil es viable, sólo si diseñan mayores posibilidades laborales para los adultos y sus comunidades, y que las soluciones están en brindar alternativas a las familias para que “rompan el ciclo de pobreza a través de cooperativas, y la adquisición de maquinaria agrícola, por ejemplo, no se sigan estancando los sueños de los más pequeños”. “Los costos de erradicar el trabajo infantil serían de 76 mil millones de dólares y los beneficios económicos netos para 2020 serían $330 mil millones de dólares. Es decir, habría un beneficio neto para la región si se eliminara el trabajo infantil” aseguraba en 2005, María Arteta, directiva del Programa Internacional para la Erradicación del Trabajo Infantil (IPEC) de la Organización Internacional del Trabajo.

Le fait qu'il existe un nombre significatif d'institutions gouvernementales et non gouvernementales qui ont pour tâche de répondre aux besoins des enfants et un cadre légal dans le domaine ne suffit pas à régler la situation. Il est nécessaire de mettre en œuvre des programmes et d'en faire le suivi. Certains experts s'accordent pour dire que l'abolition du travail des enfants est possible, à la condition que plus de possibilités de travail soient offertes aux adultes et à leurs communautés afin de fournir aux familles un moyen de  « briser le cercle de la pauvreté grâce à la création de coopératives et à l'acquisition de machines agricoles, par exemple, pour que les rêves des plus jeunes ne soient plus ignorés ». « Venir à bout du travail des enfants coûterait 76 milliards de dollars et les bénéfices nets pour 2020 seraient de 330 milliards de dollars. En d'autres termes, éliminer le travail des enfants engendrerait un bénéfice net pour la région », assurait en 2005 María Arteta, directrice du Programme international pour l'abolition du travail des enfants de l'Organisation internationale du travail.

Photo de David Sasaki, licence Creative Commons http://www.flickr.com/photos/oso/3602948325/

Photo de David Sasaki, publiée sous licence Creative Commons http://www.flickr.com/photos/oso/3602948325/

Un récent billet du blogueur mexicain Mario Luis Fonts décrit « l'atrocité du travail des enfants ». Il explique comment pour les familles à bas revenus, les pénuries, le manque de politiques gouvernementales adéquates font partie des causes qui poussent les enfants à travailler. Maricel Pérez, du blog Sinergia a.m. raconte la touchante histoire de Pablo, enfant travailleur :

Más conocido como “Pablito”, este pequeño se levanta a las 6 a.m. y alista todos sus útiles. Camina muchas cuadras y en la calle de Corregidora, esquina con Universidad, deja todos sus herramientas de trabajo; cierra los ojos, ora y le pide a Dios “que me vaya bien hoy Diosito, no quiero quedarme sin un peso esta noche”. […]

Ya se acerca la noche, y Pablito sólo recibe $20 pesos, que seguramente es muy poco para los lectores; pero él dice que “me sirve para comprar una coca y unos tacos o unas papas de paquete en la tiendita de camino a casa; lo que me sobre se lo doy a mi mamá que trabaja aquí cerca en otra esquina”

Así puede ser la situación de varios niños que trabajan en diferentes calles de las ciudades mexicanas; unos pueden sufrir más que Pablito, otros menos que él. Lo que yo pueda decir sólo es un pedazo de lo que viven los que jamás son escuchados, los que gracias a un poca cantidad de pesos son auxiliados para sobrevivir; pero muchos no nos damos cuenta de su sufrimiento, de la realidad que viven aquellos seres, una realidad que parece ser distante a la nuestra, sin embargo, habrá que darse cuenta de que hasta que no nos preocupemos por escuchar a los demás; y por romper esa indiferencia hacia los otros; la situación de nuestro México no mejorará jamás.

Mieux connu sous le nom de Pablito, cet enfant se lève à 6h et prépare ses affaires. Il se rend à quelques pâtés de maison de chez lui et à l'angle de la rue Corregidora et de la rue University, il pose ses outils de travail. Il ferme les yeux et prie : « Dieu, faites que tout aille bien aujourd'hui, je ne veux pas finir la journée sans un peso ».

Il fait bientôt nuit et Pablito n'a reçu que 20 pesos (environ 1,5$), très peu pour les lecteurs, mais lui dit : “Avec ça je peux acheter un coca et des tacos ou un paquet de chips dans le petit magasin sur le chemin du retour, ce qu'il me reste, je le donne à ma maman qui travaille à l'autre coin de rue”.

De nombreux enfants qui travaillent dans les rues de Mexico se trouvent dans une situation pareille, certains souffrent plus que Pablito, d'autres moins. Ce que je raconte n'est qu'une tranche de vie de ces gens que personne n'écoute, ceux qui survivent grâce à quelques pesos. Beaucoup d'entre nous ne réalisent pas la souffrance qu'ils endurent, la réalité dans laquelle ces être vivent, qui semble être si loin de la nôtre. Nous devons nous rendre compte que tant que nous nous préoccuperons par d'écouter les autres, que nous ne briserons pas cette indifférence, la situation de notre pays ne s'améliorera pas.

Le blog Un Boliviano en Argentina, rédigé par Juan Vasquez, un Bolivien émigré en Argentine, publie un billet sur l'aspect culturel du problème :

un tiempo atras en una conversacion con unos compañeros, discutimos por un tema puntual dentro de la colectividad, q es la del trabajo infantil. En medio de la charla una de las participantes dijo algo q me llamo muchisimo la atención….dijo: …”tenés q ver el lado cultural de la cuestión, alla en Bolvia también trabajan en las cosechas, las chacras, y los padres de esa forma les enseñan. Para ellos esa la unica forma de aprender todo lo q se refiere a la siembra y cosecha. En los talleres pasa algo similar, los chicos aprender un oficio y ayudan a sus padres”… Ese comentario me dejó mucho mas preocupado, ya q no solamente es un discurso q “naturalisa” esa forma de trabajo y explotacion sino q tambien ese mismo tema fué argumentado en el fallo de un juez argentino Oyarvide dijo q la forma de explotacion en la q los bolivianos trabajamos aqui se puede explicar como una especie de “Ayllu”.

Il y a quelques temps, dans une conversation avec des collègues, nous avons abordé le problème du travail des enfants. Au milieu de la discussion, une des participants a dit quelque chose qui a retenu mon attention: – « Il faut voir le côté culturel de la question, en Bolivie, les enfants travaillent dans les fermes, participent aux récoltent. C'est comme ça que leurs parents leur transmettent ce qu'ils savent, pour les enfants, c'est la seule manière d'apprendre en quoi consistent ces travaux agricoles. Dans les ateliers, c'est la même chose, les enfants apprennent un métier et aident leurs parents”. Ce commentaire m'a beaucoup inquiété, il rejoint le discours qui justifie le travail et l'exploitation. Le même argument avait été utilisé par le juge argentin Oyarvide, qui avait dit que cette exploitation existant en Bolivie pouvait être expliquée comme étant une forme d’ayllu (organisation en collectivité familiale typique des régions andines de Bolivie).

Pour ce qui est du Pérou, je cite un billet de mon blog Globalizado qui contient des faits et des chiffres relatifs au travail des enfants dans le pays, où il est estimé que 1,8 million d'enfants travaillent. Certaines estimations prévoient même ce nombre à 2,5 millions, selon un rapport disponible sur le nouveau site RPP.

Las causas y consecuencias de esto son muchas, y dada la crisis económica no creo que haya mejoras en la situación. El Fondo de las Naciones Unidas para la Infancia apoya a los niños sin embargo no es suficiente. Basta con recordar desde los casos de los niños esclavizados en las zonas mineras o las niñas que son víctimas de explotación sexual a los niños mendigos o los niños burrier para saber que hay mucho por hacer en este campo.

Les  causes et les conséquences du travail des enfants sont nombreuses, et je ne crois pas que la crise économique favorise une quelconque amélioration de la situation. Le travail du Fonds des Nations Unies pour l'enfance ne suffit pas. Les enfants esclaves dans les zones minières, les filles victimes d'exploitation  sexuelle, les enfants qui mendient ou ceux qui servent de “mules” pour le trafic de stupéfiants sont autant de preuves qu'il reste beaucoup à faire avant que ce fléau ne disparaisse.

Que peut-on faire pour traiter ce problème en Amérique latine et dans le reste du monde ?

Un grand merci à Luis Carlos Díaz, Laura Vidal, Issa Villarreal, et Eduardo Ávila qui m'ont apporté leur aide pour ce billet.

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