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Kenya : Les Kenyans se mobilisent pour faire interdire le pesticide Furadan

Un lionceau empoisonné dans le Masai Mara

Les défenseurs de l'environnement au Kenya marquent des points dans leur campagne pour faire interdire définitivement le Furadan, un pesticide à base de carbofuran qui a jusqu'ici empoisonné 76 lions, et est actuellement retiré du marché dans ce pays.

Le député de la circonscription de  Naivasha, l’ Honorable John Mututho, s'est désormais joint à l'appel pour une interdiction totale de ce poison devant le parlement. Le 2 juin dernier, le blog  Baraza [en anglais, comme tous les lien]s a publié des exemplaires scannés des articles de presse relatant que l'Honorable John Mututho avait demandé au Ministre des forêts et de l'environnement d'interdire définitivement le produit, avec le soutien unanime des autres parlementaires.

Dans les journaux d'aujourd'hui, il y a deux articles sur les lions empoisonnés du  Masai Mara. The Standard dit que le Ministre des forêts et de l'environnement, le Dr Noah Wekesa, disait que les lions mourraient dans le Masai Mara et que le Furadan les avait empoisonnés. Mais il a quand même dit à John Mututho d'adresser sa demande d'interdiction au Ministre de l'Agriculture et à l'agence de contrôle des pesticides.

Dans l'autre article, celui du Daily Nation, le service de l'environnement du Kenya (KWS), qui est le gardien de la faune au Kenya, accuse les paysans d'avoir empoisonné un lion, des hyènes et  35 charognards au Masai Mara. Le KWS a dit qu'ils avaient trouvés des traces d'un produit rose sur les carcasses qui avaient servi d'appâts à ces carnivores et aux rapaces.

Le ministre, même s'il reconnait que le Furadan a empoisonné de nombreux lions dans un pays qui n'en compte plus que 2100 (contre 30 000 il y a quelques dizaines d'années), a en effet renvoyé l'appel à l'interdiction du produit au Ministre de l'agriculture et à l'agence gouvernementale qui contrôle les pesticides au Kenya.

Les associations de défense de la nature au Kenya se battent depuis le milieu des années 90, quand des empoisonnements multiples de canards sauvages ont été remarqués dans la région des rizières irriguées du Mwea, dans un province de l'est.  Mais ce n'est que depuis la diffusion récente du reportage de  la chaine américaine  CBS sur les lions empoisonnés que ce problème est devenu un problème politique pour le gouvernement kenyan. Le député John Mututho avait précédé cette prise de conscience en demandant l'interdiction du produit en 2008, après l'empoisonnement de lions au Masai Mara.

FMC Corporation, le fabricant du Furadan, dont le siège est à  Philadelphie aux États Unis, a annoncé un retrait immédiat du produit chimique du Kenya, de l'Ouganda et de la Tanzanie, quelques heures seulement après que la chaine CBS aux États Unis ait diffusé son reportage dans l'émission  60 Minutes, mais les lions et d'autres animaux sauvages meurent toujours du Furadan. Martin Odino, un chercheur kenyan attaché au Musée National du Kenya, lance un cri d'alarme sur son blog Stop Wildlife Poisoning à propos d'oiseaux empoisonnés qui seraient ensuite vendus comme gibier.

Un mois après le retrait du Furadan par son fabricant FMC, Baraza Blog a signalé qu'un lionceau de huit mois avait été empoisonné après avoir mangé une carcasse de vache empoisonnée avec un pesticide supposé être du Furadan.  Plusieurs hyènes et environ 40 charognards auraient été aussi empoisonné par la même carcasse. Le lionceau faisait partie d'une famille de quatre lions dont on ne sait pas ce qu'il est advenu.

Ces cas d'empoisonnements ont rendu les militants très actifs dans leur campagne pour l'interdiction. Le  9 juin 2009, ils se sont réunis dans les bureaux de  WildlifeDirect à Nairobi et durant cette réunion, ils ont exposé la grave situation des oiseaux. Si l'empoisonnement des lions est maintenant connu, celui des oiseaux est tout aussi catastrophique. Un rapport du KWS indique que le nombre d'oiseaux morts se compte maintenant en “bennes de camions”.  WildlifeDirect, qui avait organisé cette réunion, a aussitôt publié un communiqué sur le  Baraza Blog.

Le Baraza Blog permet à ses lecteurs de faire des dons en ligne.

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