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Japon : Les enlèvements d'enfants du divorce toujours sans solution

Au regard du nombre croissant d'affaires [en anglais] dans lesquelles des enfants nés d'une mère japonaise et d'un père étranger sont enlevés par les mères japonaises et emmené au Japon sans l'accord du père, les États-unis, la France, le Canada et le Royaume-Uni ont récemment fortement conseillé au Japon de signer la Convention de la Haye [en anglais]. Ce traité, couvrant l'enlèvement international d'enfants, est entré en vigueur en 1983 afin de fournir des moyens légaux spécifiques pour le retour immédiat de l'enfant dans son pays de résidence d'origine.

A présent, le Japon est le seul  pays du Groupe des 7 nations à ne pas avoir signé le traité, ce qui signifie que le gouvernement japonais n'est pas obligé de fournir des informations concernant l'enfant ou la mère de l'enfant qui a ramené l'enfant au Japon, ou même de demander au parent de rendre l'enfant.

De plus, les Japonais sont peu informés du problème et les principaux médias ne contribuent pas à la sensibilisation de la population. Le blogueur et l'activiste Debito commente et critique [en anglais] la couverture du problème des enlèvements d'enfants par  NHK (groupe national de communication audiovisuelle du Japon) : les affaires couvertes et les informations fournies font preuve de discrimination envers les pères étrangers.

J'ai regardé les nouvelles du NHK ce matin, et j'ai été sincèrement très déçu. Après avoir communiqué des statistiques sur le divorce des couples mixtes (environ 20 000 cas l'an dernier, approximativement le double d'il y a 10 ans), le NHK a mentionné brièvement trois affaires : […]

NHK a même conclu en relativisant, de façon typique (à savoir, tout le monde le fait, donc les Japonaises peuvent le faire également), mentionnant au passage des affaires présumées d'enlèvement d'enfants à l'étranger par des mères non-japonaises  (ce qui veut dire que maintenant les pères japonais sont des “kawaisou” [des pauvres gens] ; le fond du problème est que le Japonais est “kawaisoué”). Le Ministère des Affaires étrangères a déclaré ne peut pas pouvoir faire de commentaire sur la signature ou non de la Convention de la Haye par le Japon.

NHK n'a pas mentionné le fait que les tribunaux japonais n'ont ordonné aucun retour d'enfant auprès du parent non-japonais (le contraire est faux) [en anglais], que les Japonais commettent des délits (et ne respectent pas les décisions des tribunaux étrangers sur la garde des enfants, comme dans l'affaire Murray Wood [en anglais], ou que (et je parle d'expérience, je n'ai pas vu mes enfants depuis environ cinq ans maintenant) le sytème Koseki (système japonais d'enregistrement des familles) interdira tout titre et tout accès aux enfants aux parents japonais divorcés [en anglais].

NHK fait trop d'efforts pour excuser les mères coupables d'enlèvement et la position japonaise en général (ils ne parlent pas des enfants ni de comment ils sont affectés par l'absence d'un des parents dans leur vie). Quel gâchis.

L'avocat Kawahara souhaite [en japonais] que les hommes et les femmes  politiques, quel que soit leur parti, soient plus réactifs et plus responsables.

Beaucoup d'affaires concernent des femmes japonaises qui divorcent de leur mari étranger et qui reviennent au Japon en amenant leurs enfants avec elles. Des pays comme  le Canada et les États-Unis critiquent de telles actions car le Japon n'a pas signé le traité. […]

Après l'élection de l'Assemblée Métropolitaine de Tokyo, il n'y a pas eu de débats supplémentaires à la Diète (parlement japonais) sur le traité. Mais, sans aucun doute, le travail des membres du Parlement devrait être de légiférer pour améliorer le fonctionnement de nos lois et de nos traités ? Même si la Chambre supérieure adopte une motion de censure contre le Premier ministre Aso, il est absolument irresponsable de la part des membres de la Diète de ne pas poursuivre les débats, avec l'excuse que les élections sont terminées. Beaucoup de projets de loi vont sans doute être abandonnés.

Et c'est dommage pour le Japon qui va tôt ou tard être écarté par la communauté internationale.

Même s'il est fort probable que le parti de l'opposition, le DPJ, gagne les prochaines élections, ils devraient collaborer avec le parti au pouvoir dans l'intérêt de la politique nationale, et agir avec dignité.

De même, un autre avocat, Mori, donne son opinion sur le problème d'enlèvement d'enfant mais n'est pas convaincu de l'”internationalité” du problème.

Une femme japonaise épouse un étranger et a un enfant. Cependant, la femme et son mari ne s'entendent pas et elle amène l'enfant avec elle au Japon. Nous, Japonais, réagissons à peine avec un “oh”.

Ici, des histoires où le mari “diabolique” rentre un jour chez lui après le travail et ne trouve personne à la maison parce qu'elle est retournée chez ses parents sont courantes et ne sont pas à l'origine de procédures de divorce.

Cependant, à l'étranger,  ceci est appelé “enlèvement d'enfant” et est considéré comme un délit.

En particulier, dans le cas de femmes japonaises, il existe souvent des cas où elles n'écoutent pas (leur mari), elles ignorent ses lettres et ne lui disent même pas où elles habitent.

[…]Pour cette raison, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France demandent au Japon de signer la Convention de La Haye.

Cependant, ici, certaines affaires ne relèvent pas du droit international mais du droit de la famille et il ne faut pas tout globaliser dans tous les cas. Chaque pays devrait être libre d'aborder le problème en fonction de sa propre culture et il n'est pas facile de déclarer sans hésitation si quelqu'un devrait ou pas signer le traité.

Le problème des enlèvements d'enfants n'affecte pas que les parents  des pays occidentaux, comme le fait remarquer [ en japonais] le responsable du blog d'une agence qui organise des mariages internationaux.

Environ 80 pays occidentaux ont ratifié la Convention de La Haye mais le Japon, la Corée, la Chine, les Philippines et d'autres pays asiatiques ne l'ont toujours pas fait.

J'ai entendu que le Ministre des Affaires étrangères s'occupaient de beaucoup d'affaires d'hommes japonais mariés à des femmes chinoises qui se plaignent et affirment : “Ma femme et retourné en Chine avec l'enfant sans prévenir. Je veux récupérer mon enfant !”

D'un autre côté, il existe des cas où un homme japonais épouse une femme chinoise, divorce au Japon et quand ils s'affrontent au tribunal pour la garde, souvent, la mère chinoise perd la garde de son enfant.

Je pense que le Japon devrait mettre en place une loi pour régler ce problème le plus rapidement possible.

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