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Royaume-Uni : Les demandeurs d’asile racontent leur histoire

Un nombre toujours plus important d’organisations se servent des médias sociaux en ligne pour faire entendre les voix des demandeurs d’asile dans le cadre des campagnes de soutien et de recherche de fonds. Diffuser les témoignages des personnes concernées par ce biais permet de ne plus dépendre uniquement des médias traditionnels et de compléter les informations en les proposant directement aux donateurs et aux groupes de soutien.

Voici quelques exemples :

“Four years ago I was living a busy life [in Cameroon], running my own business. Now I am in the UK, waiting to hear the result of my asylum case. The reason for my altered situation is that in my home country there is a lot of prejudice and harassment of people who are gay. It is illegal to have a homosexual relationship, and sentences range from a fine to five years imprisonment.”

« Il y a quatre ans, j’avais une vie bien remplie [au Cameroun], je possédais ma propre affaire. Maintenant je suis au Royaume-Uni, en attente d’une réponse concernant ma demande d’asile. Si je me retrouve dans cette situation, c’est parce que dans mon pays les homosexuels sont très souvent victimes de préjugés et de harcèlement. Les relations homosexuelles sont illégales, les peines que l’on encourt vont de la simple amende à cinq ans de prison.»
  • Le Refugee Council. La responsable du site web de l’organisation, Kelly Arnstein, m’a indiqué qu’ils possédaient un blog, Poliblog, rassemblant des contributions des membres de l’organisation et des bénévoles, dont un grand nombre sont des réfugiés. En collaboration avec Refugee Action, cette organisation a aussi mis sur pied le projet BASIS. Le blog contient des vidéos sur le travail et le développement des Refugee Community Organisations, vous pouvez en voir des exemples ici et ici. Découvrez aussi la vidéo de Dan Cissokho, arrivé au Royaume-Uni en 2002 comme requérant d’asile, qui s’est vu octroyé le statut de réfugié.
  • Le Refugee Council enregistre aussi des podcasts avec les femmes engagées dans un projet s’adressant tout particulièrement aux femmes les plus vulnérables. Ces podcasts sont disponibles sur cette page.
  • Asylum Stories est un blog créé par un militant qui souhaite attirer l’attention sur la situation et les histoires que vivent les demandeurs d’asile. L’année passée, ce militant a campé à Parliament Square pour dénoncer le traitement réservé par son pays aux demandeurs déboutés.
  • Twitter: Anselme Noumbiwa, originaire du Cameroun, utilise Twitter pour faire connaître son histoire (http://twitter.com/anselmenoumbiwa) que vous pouvez découvrir sur le site web de la NCADC, une organisation qui s'oppose aux expulsions. Je n’ai malheureusement pas réussi à savoir quel était son statut actuel. Le dernier tweet (message) d’Anselme Noumbiwa date du 26 juin 2009 et sa page indique qu’il a été relâché du centre de détention mais que sa situation reste délicate. Par exemple, en mai 2009, il écrivait :

“Hi I am laying on the bed, watching TV and believe something will happen before the end of week.”

« Hello, je suis couché sur mon lit, je regarde la TV et pense qu’il y aura du nouveau avant la fin de la semaine.»
  • Le Testimony Project. Lancé récemment, ce projet est une entreprise particulièrement passionnante. Holly Pelham, membre de ce projet, m’en a présenté les objectifs. Pour elle, rien ne vaut des films. En diffusant par ce biais divers témoignages de femmes, elle espère que leurs cas attireront l’attention.

Elle suit la diffusion de ces histoires dans les médias traditionnels et sur la toile. « Un des points importants, c’est que le projet trouve sa place, dit-elle, je veux qu’il se développe de lui-même ». Quelques uns des premiers témoignages sont disponibles. Voici un extrait de celui de Mercy, victime de mauvais traitements et d’abus sexuels au Kenya qui s’est réfugiée au Royaume-Uni.

“I would rather die than go back to Kenya. I flew a thousand miles to be safe in this country, so if they take me back, it’s just like killing me. I’d rather die here tomorrow than go back there.”

« Je préférerais mourir que retourner au Kenya. J’ai fui à de milliers de kilomètres pour me sentir en sécurité dans ce pays, alors s’ils me renvoient, c’est comme s’ils m’achevaient. Je préfère mourir ici demain que retourner là-bas. »

Le site web du projet compte également un forum où des personnes ont commencé à demander de l’aide sous couvert de manière anonyme. Par exemple :

“My solicitor has said that she can no longer represent me, I don't really understand why and she's not picking up the phone when I call. Where can I get free legal advice? Can anyone help me?”

« Mon avocate m’a dit qu’elle ne pouvait plus me représenter. Je n’ai pas vraiment compris pourquoi et elle ne répond pas à mes appels. Où est-ce que je peux obtenir des conseils juridiques gratuits ? Quelqu’un peut-il m’aider ? »

En réponse, une personne a publié plus bas des liens et différentes informations.

  • La campagne visant à promouvoir des actions quotidiennes dans le cadre de la Semaine des réfugiés sur Twitter et sur You Tube. Ben Matthews de Brightone.org.uk, une agence de communication pour le  secteur tertiaire dirigée par des bénévoles, a aidé à la mettre en œuvre : « Cette campagne en ligne était géniale. Il s’agissait de promouvoir de simples actions à travers des médias sociaux pour sensibiliser les gens et les motiver à participer à la campagne qui se terminait par la Semaine des réfugiés. Environ 7 000 actions ont été accomplies. Elles ont suscité beaucoup d’intérêt sur Twitter et ont fait l’objet de nombreux billets dans des blogs, ce qui représentent des actions aussi ».

« Cette campagne visait à encourager les personnes à réaliser des simples actions au quotidien pour changer la manière dont les réfugiés sont perçus, ajoute Gerdy Rees, en charge du marketing et du web pour la Semaine des réfugiés en Grande-Bretagne. Il s’agissait de 20 actions que n’importe qui pouvait réaliser et qui visaient à apprendre à connaître les réfugiés et faire plus de choses avec eux. Grâce à toutes les personnes qui ont participé à la campagne et fait des actions pour et avec les réfugiés, nous avons pu faire tomber quelques barrières entre les communautés et nous rapprocher un peu plus du monde dans lequel nous souhaiterions vivre. Chaque voyage commence par un pas et de simples actes de bonté, de générosité et d’empathie sont autant de pas vers le changement. »

Alors, quels problèmes rencontrent ces organisations lorsqu’elles médiatisent des témoignages ?

Il n’est pas facile de communiquer au public des histoires de réfugiés qui soient nuancées et exactes. En théorie, l’accès à Internet devrait permettre aux demandeurs d’asile de raconter eux-mêmes leur histoire. Cependant, certains obstacles sont difficiles à surmonter.

« J’essaye de développer des moyens pour permettre à un plus grand nombre de réfugiés de témoigner en ligne, mais les difficultés pour avoir accès à un ordinateur et le manque de confiance ou d’aisance pour s’exprimer dans une autre langue peuvent être dissuasifs pour beaucoup », explique Kelly Arnstein du Refugee Council.

Par exemple, le Refugee Council a mené une campagne de recherche de fonds pour laquelle des citoyens ordinaires (qui ne sont pas sans ressources) devaient vivre avec 1£ par jour. Sur le blog, une personne soulève le fait qu’il serait difficile de bénéficier de l’accès Internet gratuit que propose la bibliothèque locale pour quelqu’un qui ne parle pas couramment anglais et qui n’aurait réellement pas d’argent.

« Nous espérons mettre sur pied un blog pour les bénévoles réfugiés qui travaillent sur un projet de lotissement à Leeds, plus tard dans l’année – beaucoup de monde s’est désisté pensant que son anglais n’était pas assez bon, dit Kelly Arnstein. »

Voix indépendantes

La plupart des exemples proposés sont des projets créés par des organisations ou en collaboration avec certaines associations. Si vous connaissez des personnes qui ont utilisé des blogs et des médias sociaux pour des campagnes de manière indépendante, vous pouvez le signaler dans les commentaires.

Aujourd’hui, si l’on souhaite diffuser une histoire, il est toujours plus facile de le faire sans devoir passer par les médias traditionnels. Si celle-ci est saisissante, elle peut atteindre les personnes nécessaires, sans qu’il ait fallu négocier chaque ligne. Ne plus dépendre des médias traditionnels permet de raconter des histoires dans leur intégralité, sans qu’elles ne subissent de modifications et en utilisant ses propres mots.

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