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Blogueur de la semaine : Haute Haiku, au Kenya

Haute Haiku est l'un de nos plus récents auteurs en Afrique sub-saharienne anglophone. Il écrit sur la blogosphère gay en Afrique, sur des sujets allant de la transmission du VIH entre homosexuels au traitement réservé aux lesbiennes et aux homosexuels en Afrique de l’est. Haute blogue aussi sur le fait d'être homosexuel en Afrique sur son blog personnel  : Single gay life in Kenya ( La vie au Kenya d’un homosexuel célibataire, en anglais, comme tous les liens].

Haute Haiku

Dans beaucoup de pays  africains sub-sahariens,  l’homosexualité est illégale et réprimée par des condamnations qui vont du payement d’amendes jusqu'à plusieurs années en prison, voire même la prison à perpétuité. D’après le Conseil International des droits  Humains et Homosexuels, plus des deux tiers des pays africains ont des lois qui criminalisent des relations sexuelles consenties entre les gens du même sexe. D'ailleurs, à travers le continent, les homosexuels font objet d'agressions physiques et de discrimination. Selon certains rapports, la difficile vie des homosexuels au Kenya devient plus facile, quoiqu'une législation punitive soit toujours en place : les homosexuels ( hommes, pas femmes) peuvent être envoyés en prison pendant 14 ans. Dans des pays comme le Kenya, l'Ouganda ou la Tanzanie, des lois comme celle–ci  ont été mises en place au temps de la colonisation, tandis qu’au Burundi la prohibition de l'homosexualité vient d’être mise en place en avril de cette année.
En conséquence, de nombreux gays et lesbiennes à travers l’Afrique vivent dans la peur que leur orientation sexuelle soit découverte.  Un petit nombre utilise les blogs pour diffuser l'information sur ce que cela signifie d’être homosexuel.

Comment as- tu commencé à écrire pour Global Voices ?

J’ai reçu un email de Ndesanjo Macha, notre éditeur  pour l'Afrique anglophone, me demandant si je pouvais faire des revues de blogs sur les problèmes des gays africains, et j’ai pensé « pourquoi pas ? ». Au départ j'étais sceptique, en me demandant combien de bons blogueurs avaient refusé son offre avant qu'il ne parvienne à moi.

Comment est-ce que tu en es arrivé à t’ intéresser et à écrire sur les problèmes des gays ?

Je lisais les blogs d’autres gens en vitesse, quand j’allais à l’école. J’ai pensé : je peux faire ça. Avant tout, je voulais connaître des gens auxquels je pouvais m’identifier, et quand j’ai commencé, je me suis promis de ne pas écrire sur la haine, l'homophobie ou les droits des homosexuels. Seulement sur la vie d’un homosexuel. Pourquoi on est célibataire,  ou pourquoi on sort avec quelqu’un, etc.   Ce qui a tout déclenché, ce sont des remarques homophobes faites par une personne du gouvernement. J’ai décidé de ne plus ignorer l’ homophobie.

Si tu devais le faire , comment caractériserais-tu la blogosphère africaine gay ?

En devenir. Chaque jour, des gens différents apparaissent : des jeunes, des vieux, des paumés. Il y a plus de 20 blogs homo au Kenya, et la majorité sont actifs. Chacun a sa propre croyance sur l'homosexualité.  Certains d’ entre eux croient dans l'existence d'un gène homo, d’autres pensent qu’ils représentent  à eux seuls le spectre des droits des homosexuels… et il y a ceux qui croient qu’ il n'est pas besoin d'être efféminé pour être gay.  C'est surtout une célébration de la diversité.

Quels sont les sujets sur le monde gay africain qui t'intéressent le plus, pour les communiquer au reste du monde ?

A part le mariage gay, je dirais qu'il faudrait parler  du safe sex, des relations sexuelles protégées, et du contrôle. Étant donné qu’il y a des gens de différentes orientations sexuelles, et que les autorités africaines ont refusé de le reconnaître, il devrait avoir une campagne de prévention pour les MSM ( men who have sex with men – les hommes qui ont de relations sexuelles avec des hommes). C’est triste pour eux, mais s'ils l’ignorent, ça va leur exploser au visage.  Ils ont fermé les cliniques spécialisées, et même celles qui sont encore ouvertes ne sont pas visitées par les homosexuels. Le staff aimerait pouvoir aider, mais les politiciens disent qu’il n’y a pas de place pour les homosexuels en Afrique.

Combien de langue parles-tu ? Comment as-tu décidé de bloguer en anglais ?

Deux, l’ anglais et le swahili, et peut-être trois, si on tient compte de ma langue maternelle.  Je crois que beaucoup des gens en Afrique de l’est bloguent en anglais, et en ont tiré un lectorat conséquent.

Qu’est-ce que tu fais quand tu n’es pas en train de bloguer ? Quels sont  tes intérêts ou hobbies ?

Je fais toujours des études, en gestion des affaires. Mon intérêt, c’est de faire de la poésie en slam,  une poésie orale.

Les revues de blogs de Haute Haiku peuvent être lues ici.

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