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Ouganda : Des émeutes font 9 morts à Kampala

Mise à jour : les émeutes se poursuivent aujourd'hui dimanche 13 septembre. Lire ici.

Des manifestations à Kampala, la capitale de l'Ouganda, ont provoqué la mort d'au moins neuf personnes d'après la BBC, au cours de confrontations entre des Baganda et des forces de police et de l'armée ces jeudi et vendredi (10 et 11 septembre, ntd) [tous les liens sont en anglais].

Ces émeutes constituent une escalade dans une controverse entre le gouvernement central ougandais et le roi (ou “Kabaka”) de la tribu Baganda, Sa Majesté Ronald Muwenda Mutebi II. Les Bagandas appartiennent au Royaume de Buganda,* qui constitue le plus grand groupe ethnique d'Ouganda.

La semaine dernière, le roi a annoncé qu'il allait effectuer une visite officielle à Kayunga, un district situé à 45 Km (28 miles) de Kampala. Ce district fait partie du royaume de Buganda, mais il est aussi le lieu de résidence de nombreux membres du groupe ethnique Banyala, dont une bonne partie voudrait créer son propre royaume indépendant.

Les dirigeants Banyala  ont annoncé qu'ils allaient organiser une manifestation contre la visite et demandé au roi Mutebi de ne pas y aller. Le gouvernement central a répondu en invitant S. M. Mutebi à ne pas se rendre dans le district et en arrêtant plusieurs Baganda dans le district, qui installaient des stands et des tentes en vue de la visite.

Kampala on fire.  Photo courtesy of Rhino via Solomon King.Kampala dans les émeutes. Photo de Rhino via Solomon King.

Les nouvelles sur les arrestation ont fâché plusieurs Baganda. Mercredi, Flourescent a écrit depuis Kampala:

J'étais assise dans un taxi ce matin quand la station CBS a retransmis son journal parlé du matin. Naturellement, l'affaire de Kayunga était parmi les principaux titres. Devant moi, il y avait un homme si fâché qu'il a dit ceci : ”  Ye lwaki bajooga Kabaka waffe bwebatyo? …hmmm? …Tebamanyi nagwebazannya naye. Tujakubookya! Nze singa naliyo eyo ekayunga tewali munyala yandivuddewo mulamu!” (Pourquoi courtcircuitent-ils notre Kabaka? … Ils ne savent même pas de qui ils se moquent ainsi… Nous allons les BRULER! Moi, si j'étais à Kayunka, aucun Munyala  [Note: un Munyala appartient à la tribu Banyala] aurait survécu!”)

Malgré la tension qui monte, le roi Mutebi a continué les préparatifs pour sa visite à Kayunga. Cependant, le gouvernement l'a empêché d'entrer dans le district, pour des raisons de sécurité. A Kampala, des personnes qui soutenaient cette visite ont manifesté contre la décision du gouvernement. La police a réagi et la situation s'est détériorée rapidement en devenant une véritable émeute.

Le blogueur Fresh Apples a été témoin de ces manifestations, qui ont eu lieu toute la journée de jeudi. Il rapporte :

La police a tiré à balles réelles tout autour à la mitraillette AK et des grenades lacrymogènes sur les manifestants qui ont incendié un commissariat de police dans l'ancienne gare de taxis.

Je peux entendre de nombreux coups de feu. Les taxis sont renvoyés dans les banlieues. La police cogne contre les véhicules qui essaient de passer, cassant des vitres.

GayUganda, qui vit aussi à Kampala, décrit les manifestations :

Une révolte de gens de bonne foi.

Des tirs dans les rues. Des rues vides. Les principales artères sont fermées. Et le chaos règne en maître absolu. Et les chants des manifestants, des chants Buganda, résonnent. Mon Dieu, comment autant de gens ont su ça avant?

Les Ougandais de la capitale utilisaient aussi Twitter et Facebook pour raconter ce qui se passe :

@solomonking (il y a 20 heures): “Debout à côté de notre taxi, il est 20 heures, des gens passent les mains en l'air. Des tirs au milieu de la route.”

@solomonking (il y a 20 heures): “Okay. Il semble que nous cherchons à sauver nos vies.”

D'autres Ougandais (disposant de comptes privés sur Twitter) parlent de “Kampala en feu” ou “coincés au milieu de la ville en feu… la police tire du gaz lacrymogène et à balles réelles! Dieu, sauve-nous!”

@appfrica (il y a 4 heures): “Je sors pour acheter [cartes téléphoniques] pour mes infos pour les personnes qui ne peuvent pas quitter leur résidence.#kampala #ugandawitness”.

Araalingua, un Américain qui vit à Kampala, a trouvé des mises à jour sur Facebook d'amis dans la ville:

  • Emeutes à Kampala?!! Des commissariats de police brûlés et des morts dans les rues… Que veulent faire les Baganda pour obtenir leur propre état souverain ?
  • Pris au milieu de luttes dans lesquelles il n'a aucun rôle. Des tirs de balles, des barricades dans les rues, des foyers d'incendies, des policiers et des soldats partout. Mon pays me manque en ce moment.
  • le bruit des coups de feu au-delà de ma fenêtre me préoccupent … les gars, j'espère que vous allez tous bien

Tumwi sur Ugandan Insomniac se demande quel est la responsabilité du gouvernement dans ces manifestations :

Le nombre d'innocents tués pendant ces troubles me brise le cœur. Ces destructions n'étaient pas nécessaires. Mais elles étaient prévisibles … naturellement. C'est sûr que le Président Yoweri Museveni et son gouvernement pouvaient savoir qu'après plus de 20 ans de pouvoir, ils ne pouvaient supprimer les dissensions par la force. Cela n'a pas fonctionné pour eux dans les années '80, sapristi, cela ne pouvait pas plus marcher maintenant.

Note: Dans de nombreuses langues parmi celles qui sont parlées en Ouganda, des préfixes sont utilisés pour distinguer les personnes de leurs lieux d'origine. Par, exemple, Le roi de la tribu des Baganda gouverne le royaume de Buganda.

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