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Bloguer sur la pauvreté et le développement dans le monde arabe

Selon un récent rapport de l'ONU [PDF en anglais comme tous les liens cités], deux personnes sur cinq dans le monde arabe sont pauvres. Le rapport 2009 sur le développement humain dans les pays arabes dit que, dans certains pays, plus de la moitié de la population ne mange pas à sa faim et vit dans la misère. Dans ce billet, nous présenterons certains blogs qui traitent de la pauvreté et de développement dans le monde arabe.

Liban

L'année dernière, Rami Zurayk a écrit un billet sur la région la plus pauvre du Liban:

Akkar est le district le plus pauvre du Liban ; un récent rapport du PNUD a constaté que 63% des familles sont dans le besoin et subissent une grande pauvreté. Située dans l'extrême nord du pays, Akkar est une zone agricole, la population est rurale à 80%, le taux le plus élevé au Liban. […] Akkar était un état quasi- féodal jusqu'à une époque récente ; les relations sociales et économiques sont encore fortement imprégnées de cette histoire. […] Il en résulte d'énormes inégalités sociales et économiques: D’après le PNUD, Akkar connait les inégalités les plus fortes au Liban. L'État libanais a une grande responsabilité dans cette situation : les investissements publics dans les infrastructures ainsi que les services de base tels que la santé et l'éducation, mais aussi le développement agricole et les petites industries, ont été minimes. La pauvreté et les inégalités conduisent à l'extrémisme et aux violences politiques. D'importants investissements sont urgents dans ces secteurs de base que sont la santé et l'éducation, mais aussi dans l'agriculture, afin d'aider les pauvres à construire des sources durables de revenus.

Bahreïn

La pauvreté ne vient pas à l'esprit lorsque l’on pense aux pays du Golfe, mais il existe d'énormes différences de niveau de vie dans certains de ces pays. Khalid écrit de Bahreïn :

قد يكون في المتوسط انه لا يوجد فقر مدقع في البحرين تحت معيار العيش علي اقل من دولار واحد في اليوم .. بالرغم من التحفظ الشديد علي هذا المعيار الذي يخص فقراء أفريقيا بالذات والذين يفترشون الأرض و يلتحفون بالسماء ..!!! إلا إن هناك بحرينيين يعيشون علي اقل من 5 دولار في اليوم…!!!! أصحاب المعونات 50 دينارا..!!! وهناك من يعيشون في مملكة البحرين ليس علي الدولار أو الدينار.. بل يعيشون علي الصدقات من أهل الخير .. بسبب فقدانهم أوراقهم الثبوتيه بأنهم مواطنون بحرينيون ..!!!
ما هو مفهوم الحياة الكريمة التي كفلها الدستور للمواطن ..؟؟!!
Si on prend comme critère de pauvreté le fait de vivre avec moins de 70 centimes par jour, alors il n'y a pas d’extrême pauvreté à Bahreïn, – bien que la plus grande prudence soit nécessaire en ce qui concerne ce critère, qui concerne surtout les pauvres en Afrique, ceux qui dorment par terre et n’ont que le ciel pour se couvrir … Néanmoins, il existe des Bahreïni tes vivant avec moins de 3,40 euros par jour ! Des personnes qui reçoivent 50 dinars [90 euros] d’aide sociale ! Et il ya ceux qui vivent dans le Royaume de Bahreïn ni en euros ou en dinars, mais de la charité des gens bien – parce qu'ils ont perdu les papiers d'identité prouvant qu'ils sont bien des citoyens de Bahreïn!
Qu’entend la Constitution lorsqu’elle dit qu’elle garantie ‘une vie décente aux citoyens ?!

Maroc

Duncan est un volontaire du Peace Corps (Corps de la Paix) au Maroc, et en début d’année, il a décrit ses impressions sur la pauvreté de la région dans laquelle il travaille :

La pauvreté est perçue de manière différente selon les communautés et les groupes de personnes. Aux États-Unis, le seuil de pauvreté se situe autour de 12350 euros par an, ce qui correspond à environ 34 euros par jour. Dans le reste du monde, une personne est considérée comme pauvre si elle vit avec moins de 70 centimes par jour. Ici, dans ma communauté, les gens sont entre ces deux chiffres. Il est plus difficile de mesurer la richesse des gens ici, comme la plupart sont des agriculteurs indépendants dont la production n'est pas vendue, mais consommée par la famille. Certains hommes travaillent dans les grandes villes, loin de la communauté et ont un salaire, mais une partie infime de cet argent parvient jusqu’ici. La principale source de revenus est l'élevage et la vente d’animaux. […] À ma connaissance personne ne meurt de faim par ici. Certains ne mangent que du pain, mais je crois que les gens arrivent toujours à se nourrir. Il y a quelques problèmes de santé dus à la malnutrition, mais rien de grave. Il existe de maladies dues à la qualité de l’eau, mais pas comme dans d'autres parties du tiers monde. Vivre dans des montagnes peu peuplées signifie que la plus grande partie de l'eau s'infiltre par les sources, sans trop de risques de contamination. Comme il y a peu d'accès aux soins de santé (et les gens n’en profitent que peu), les soins aux nourrissons et aux mères posent problème mais je ne crois pas que les taux de mortalité infantile et maternelle soit aussi élevé qu’ailleurs. Ce que j'essaie de dire, c'est que la vie dans ma communauté est difficile et que les gens sont pauvres mais il y a d'autres parties du monde où c’est bien pire. Dépendre de l'agriculture et de l'élevage ne procure pas beaucoup de surplus, mais les gens ont assez pour s'en sortir.

Toutefois, dans un billet plus ancien, Cabalamuse exprimait une opinion plus pessimiste :

Alors que les touristes se font bronzer sur les plages et mangent dans des stations élégantes, alors que quelques milliers de Marocains mènent grand train, dans les zones rurales reculées, des millions de Marocains mal nourris, sans ressources, en sont réduit à gratter la terre pour survivre et s’abritent dans des habitations si peu meublées et mal construites qu'elles ressemblent à des grottes. En cette ère post-apocalyptique, ils dorment enveloppés de tous les vêtements et toutes les couvertures qu’ils possèdent pour éviter de mourir de froid, ils se font à manger dans des boîtes de conserve, leurs femmes saignent à mort en accouchant , leurs enfants meurent de maladies que le monde moderne pense éradiquées ; leurs hommes sont découragés ; lorsque le temps le permet, ils mettent des heures par des chemins de terre sales et tortueux à atteindre le bas des montagnes et enfin une route pavée. Ils partagent ce pays avec nous, mais ils vivent une réalité différente. Le seul signe du gouvernement qu'ils voient dans leur région est un drapeau en lambeaux fouetté par le vent.

Pour plus d'informations sur la pauvreté au Maroc lire ce billet.

Égypte

Néanmoins, les initiatives de développement qui naissent dans la région donnent de l'espoir à certains. En Égypte, Lozah a récemment rendu visite à certains centres de jeunes à Assouan qui participent à une initiative encourageant les jeunes filles et les femmes à utiliser les espaces traditionnellement occupés par les hommes :

Alors que le taxi filait dans la ruelle aux innombrables nids de poule, j'ai regardé autour de moi en essayant d’imaginer le centre de jeunes qui allait finir par sortir de ces décombres. Un pneu crevé plus tard, nous avons finalement réussi à atteindre le centre, qui n'était en fait qu'un bâtiment très délabré de deux étages. Mon entrée dans le centre fut accueillie avec enthousiasme par un groupe de femmes et jeunes filles ainsi que par la directrice Sayed Hagg. Elles m’ont parlé du travail accompli afin d’impliquer plus de filles dans les activités et davantage de femmes dans le fonctionnement du centre. […] Ces centres de jeunesse offrent un espace indispensable et sûr aux enfants où ils peuvent simplement être des enfants, un endroit où ils peuvent s'ébattre et jouer et se livrer à des activités constructives. Mais ces centres ont longtemps exclu les filles, en grande partie en raison des traditions de la société. L'idée que les centres de jeunesse sont inadaptés aux filles est profondément enracinée dans la communauté (et probablement dans tout le pays) et de nombreux parents s’inquiétaient de la réputation de leurs filles si elles devaient participer aux activités du centre. C'est pourquoi, avant la mise en œuvre de l'initiative elle-même, il était important de d'abord établir la confiance avec la communauté locale. […] Peu à peu, les opinions et les perceptions ont changé.

L’étape suivante était d'obtenir que les filles puissent faire du sport. […] Aujourd'hui, elles gagnent de nombreux trophées au foot, en haltérophilie, au ping-pong de table entre autres. En outre, les hommes du centre, autrefois sceptiques devant la participation des filles aux tournois, les encouragent avec enthousiasme. Quant aux filles, il était impossible de ne pas remarquer combien elles étaient fières. […]Constater de visu les changements qui sont intervenus dans ces communautés a été très inspirant. Cela ne veut pas dire que tout est maintenant parfait là-bas. Gardez à l'esprit que ceux sont là quelques-uns des villages les plus pauvres d’Assouan, certains des plus pauvres d’Égypte.

Ces villages sont confrontés à une multitude de problèmes liés à la pauvreté, l'illettrisme, le chômage, le manque de soins de santé, le manque d'eau potable, la pollution et les autres problèmes qu’ils partagent avec la plupart des villages égyptiens. Ces enfants sont privés de beaucoup de choses et beaucoup de leurs droits sont violés. Mais cette initiative a réussi à améliorer quelque peu les choses s'acquittant d'un droit très important : au moins maintenant, ces filles ne soient pas privées de leur droit à une enfance.

Le billet suivant parle du rôle des femmes dans le développement de l'Égypte.

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