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Venezuela : Débat autour d'un documentaire d'Oliver Stone sur Hugo Chavez

La bande-annonce du documentaire tourné par le réalisateur américain Oliver Stone, intitulé ” Au sud de la frontière ” [en anglais] et qui dresse le portrait du président vénézuélien Hugo Chávez, alimente les discussions sur la blogosphère du pays.

Se basant sur la bande-annonce, beaucoup font des spéculations quant au contenu du film, qui n'est pas encore sorti au Venezuela. D'un côté, quelques blogueurs pensent que le documentaire avantagera le président et lui permettra de contrer l'image négative qu'il a chez lui comme à l'étranger. D'un autre côté, certains blogueurs pensent que le film ne montrera pas tous les tenants et aboutissants de l'histoire.

Oliver Stona et Hugo Chávez au festival du film de Venise. Photo de nicogenin sous license Creative Commons.

Oliver Stone et Hugo Chávez au festival du film de Venise. Photo de nicogenin sous licence Creative Commons.

Carlos Caridad Montero estime sur le blog Blogacine que le documentaire est un portrait du président vénézuélien [en espagnol] qui fait part des avis d'autres chefs d'états latino-américains, lesquels font une apparition dans le film avec, entre autres, l'Argentine Cristina Kirchner, l'Equatorien Rafael Correa et le Bolivien Evo Morales. Selon Caridad-Montero, la plupart de ces dirigeants partagent la même idéologie.

Le choix des chefs d'états invités à participer au documentaire n'a pas échappé à Julia qui écrit sur le blog Anti-Patritotic Venezuelan [en anglais] :

Peut-être s'agit-il d'un documentaire très objectif qui essaie de montrer le vrai visage de Chávez et d'autres dirigeants sud-américains en allant au-delà de ce qui est raconté sur eux dans les dénommés ” médias traditionnels “. Mais en dépit des changements intervenus en Amérique latine, des gens comme le Colombien Uribe ou le Péruvien Alan n'ont pas été interrogés par Oliver Stone – pour ce que j'en sais en tout cas, si je me trompe, j'espère qu'un lecteur me corrigera par le biais d'un commentaire. Peut-être le film parle-t-il de beaucoup de choses. Mais pour moi, il s'agit d'un nouvel exemple de propagande politique déguisé sous forme de ” documentaire “, pour moi, cela risque fort de ressembler au tristement célèbre ” The Revolution will not be televised “.

Le film a été présenté au festival du film de Venise [en anglais] début septembre et a été récemment projeté à New York en présence de Ugo Chávez, qui était là-bas à l'occasion de l'Assemblée générale de Nations unies.

Sur son blog Panteflo Negro, Harold critique sévèrement le réalisateur et parle du ” cri désespéré ” de Oliver Stone pour ” attirer l'attention ” [en espagnol]. Il ajoute que ses autres films consacrés à une personne en particulier ne racontent pas l'histoire dans sa totalité et pense que celui-ci ne fera pas exception :

Lo de Stone el día de ayer en la alfombra roja con Chávez es, a todas luces, un desgarrador grito por atención. Y es que Stone lleva años tratando de crear “polémica” para hacer prensa a como de lugar. Desde su apología a la figura de Fidel Castro en Comandante, hasta las críticas a los presidentes republicanos como en la nombrada W, o en la mucho más antigua Nixon. Ni las excelentes actuaciones de Josh Brolin o Anthony Hopkins pudieron rescatar la mediocridad de ambas cintas…

Ce que Stone a fait hier sur le tapis rouge était, à l'évidence, une navrante tentative pour attirer l'attention. Stone tente, à n'importe quel prix, de créer de la ” polémique ” pour être dans la presse. Depuis son éloge de Fidel Castro dans le film Comandante jusqu'à sa critique des présidents républicains, comme dans le célèbre W ou le beaucoup plus ancien film Nixon. Ni l'excellente performance d'acteur de Josh Brolin, ni celle d'Anthony Hopkins n'ont pu sauver ces deux films de la médiocrité…

L'auteur du blog Waiting for Godot suppose que le documentaire a été financé par l'état vénézuélien [en espagnol]. Il ajoute qu'Oliver Stone aurait dû tourner un film d'action au Venezuela afin que les gens puissent réellement voir ce qui se passe dans le pays.

NO, Oliver Stone, no podemos ver tu película como un documental informativo, porque a nosotros un Chávez como el que presentas igualado a una promesa de futuro es tan ficción como el que tú seas un hombre revolucionario y socialista.

Non, Oliver Stone, nous ne pouvons pas considérer votre film comme un documentaire instructif, car l'idée que Chávez soit présenté comme une promesse pour le futur appartient autant au domaine de l'imaginaire que celle selon laquelle vous êtes un révolutionnaire et un socialiste.

Cependant, l'auteur du blog Aporrea évoque le contraste entre l'accueil réservé à Chávez au festival cinématographique et ce qui se passe sur certains réseaux sociaux [en espagnol] :

La calurosa acogida al líder venezolano contrastó con la fría y escasa respuesta que días atrás tuvo en Europa y el resto del mundo la convocatoria a marchas bajo la consigna “No más Chávez”, promovida por la derecha internacional a través de la página de internet Facebook.

L'accueil chaleureux offert au dirigeant vénézuélien contraste avec les réactions froides et maigres émises à son encontre lors de manifestations menées sous la banderole ” A bas Chávez “, et soutenues sur Facebook par l'organisation International Right.

Quelques blogs étrangers donnent aussi leur avis sur comment le film aidera à nuancer ce qui est véhiculé à propos de Chávez. La Canadienne Sabina Becker écrit ainsi sur son blog News of the Restless [en anglais] :

Durant tout le week-end, les médias n'ont parlé que du fait que tout le monde, chiens compris, était sorti manifester contre ce ” diabolique dictateur Chávez ” (oh, vraiment ?). Bon, les médias se sont finalement aperçus qu'il y avait une autre facette à l'histoire. (…)

En fait, il n'est pas diabolique du tout. Il y a du bon, n'est-ce pas ? Oui, tout à fait. Alors pourquoi cela a-t-il pris tant de temps aux médias pour le comprendre ? Bon, ils n'avaient Ollie Stone sous la main pour l'interviewer. Et ils ne pouvaient pas vraiment se servir de son dernier documentaire comme d'un scoop sans lui parler. Et, oh, pas de chance pour eux, il n'a dit que du bien de Chavecito et asséné des claques à ses détracteurs.

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