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République dominicaine : La Constitution n'autorise plus aucun avortement quelle que soit la situation

Après des débats intenses entre médecins, sociologues, représentants de l'Eglise catholique, organisations internationales de santé et classe politique, les législateurs de la République dominicaine ont ratifié un article de la réfome constitutionnelle qui rend illégale l'interruption de grossesse quelqu'en soit la raison [en anglais].

Cette décision, dont d'aucuns disent qu'elle a été influencée par l'Eglise catholique et l'imminence des élections parlementaires, fait entrer la République Dominicaine dans un groupe restreint de pays qui interdisent constitutionnellement l'avortement, y compris dans les cas de grossesses à risque où le foetus ou la mère sont en danger. Les femmes qui ont été victimes d'inceste ou de viol ne peuvent pas elles non plus prétendre à l'avortement. 

Banderole anti-avortement devant la cathédrale à Saint-Domingue. Photo Duarte 101, publiée avec son autorisation

Banderole anti-avortement devant la cathédrale à Saint-Domingue. Photo Duarte 101, publiée avec son autorisation

L'article en question connu sous le nom d'article 30 déclare ceci: “le droit à la vie est inaliénable de la conception jusqu'à la mort. La peine de mort ne peut être instaurée, décidée ou mise en application en aucun cas.”

Depuis l'approbation préliminaire en avril, l'opposition s'est manifestée de manière régulière [en espagnol]. Le sociologue Rosario Espinal écrit que désormais les femmes seront privées d'une vie digne et saine [en espagnol], et ajoute que les médecins pratiqueront des tarifs exhorbitants pour des avortements désormais illégaux et donc plus risqués.

Beaucoup pensent que le nombre d'avortements clandestins va augmenter suite à cette décision et de même, le taux de mortalité maternelle. Pourtant, les conditions d'approbation de cet Article sonbt aussi sujet à discussions pour beaucoup de blogueurs.

Luis José López du blog Ahí e’ que Prende [en espagnol] souligne que l'article 30 a été le plus polémique du débat sur la réforme constitutionnelle, et fait remarquer que même l'organisation de défense des droits de l'homme  Amnesty International, s'est dressée contre cette décision [en espagnol]. Selon López, la définition de la vie d'une personne mérite un débat approfondi et honnête, dans lequel tous les intérêts sont représentés, contrairement à ce qui s'est produit en République dominicaine:

El tema del aborto es un tabú en RD demasiado influenciado por las iglesias y las religiones. Mencionar la palabra es inclusive mal visto por muchos. Quienes se atreven a cuestionar el status quo, quienes se atreven a decir: “detengámonos a pensar” son inmediatamente censurados y condenados por el debate público.

La question de l'avortement est taboue en République Dominicaine, principalement à cause de la mainmise des églises et des religions. Le simple fait de prononcer le mot est mal vu par beaucoup. Ceux qui osent remettre en question le statu quo, ceux qui osent dire “arrêtons-nous afin de réfléchir” sont systématiquement censurés et stigmatisés par l'opinion publique.

Avec près de 89% de la population[en anglais] qui se déclare catholique romain, l'Eglise a une sérieuse influence à divers niveaux de la société. Malgré cette foi bien enracinée, certains blogueurs comme José Rafael Sosa, qui est lui aussi catholique romain, ne sont pas d'accord avec le fait que cette décision d'ordre personnel soit régulée par la Constitution [en espagnol]:

Respeto mi Iglesia pero ello no me impide analizar el dificil tema con mi optica. El espacio legal para enfrentar lo que se llama “Aborto Criminal”, no es la Constitución. Nadie en su sano juicio, puede apoyar que se aborte una criatura ya formada, genéticamente hablando, siempre que el embarazo sea producto de una decisión de la madre, no de una violación o que intervengan otras circunstancias clínicas. En primer lugar, el tema debió haber sido decididopor quienes traen hijos al mundo, no por puros hombres buscando votos de fe. En segundo lugar, no se buscaba consagrar constitucionalmente el derecho caprichoso a abortar. El aborto es una realidad social que no se gobierna con la dinámica de aprobación de leyes o artículos constitucionales. El aborto es una realidad social que ahora provocará un aumento de la mortalidad de las mujeres que tambien tienen una vida que ser preservada. Los culpables acaban de votar publicamente por esa posibilidad. Y eso es un crimen.

Je respecte mon Eglise mais cela ne m'empêche pas d'analyser ce sujet brûlant avec un regard critique. Le cadre légal dans lequel doit être jugé ce que l'on appelle l'”Avortement criminel” n'est pas la Constitution. Aucune personne saine d'esprit ne peut soutenir l'avortement d'un foetus, déjà bien développé au sens génétique, lorsque la grossesse est le résultat d'une décision de la mère, et non celui d'un viol ou d'une intervention clinique quelconque. D'abord, cette question aurait dû être résolue par ceux qui mettent au monde des enfants et non par des hommes qui recherchent les voix des croyants. Puis, personne n'attendait de la Constitution qu'elle bénisse le droit irraisonné à l'avortement. L'avortement est une réalité sociale qui ne peut être régulée par la dynamique d'approbation d'articles ou de lois constitutionnels. L'avortement est une réalité sociale qui conduira désormais à la mort de femmes, dont les vies aussi doivent être protégées. Des partis sont coupables d'avoir voté en faveur de cet accroissement de la mortalité, et ÇA c'est un crime.

Au final, des blogueurs pensent que les législateurs ont pris cette décision en suivant leurs intérêts politiques. C'est ainsi que María Isabel Soldevila pense que le Congrès “a tourné le dos au peuple. [en espagnol]”. María de Jesús, une lectrice du blog en espagnol Diario Libre résume ainsi son dégoût dans un commentaire [en espagnol]:

Sarta de hipocritas y a los que se creen que se votó por la vida, cuando una mujer tiene que abortar porque su vida esta en peligro y no lo hace SE MUEREN LA MUJER Y EL FETO! Balsa de ignorantes! La muerte va a tener un dos por uno en Republica Dominicana. Que vergüenza ser dominicana de ahora en adelante.

Ce sont des hyprocrites, ceux qui pensent avoir voté pour la vie car lorsqu'une femme doit avorter pour échapper au danger et qu'elle ne le fait pas, LA FEMME ET LE FOETUS MEURENT.  Que d'ignorance ! La mort touchera désormais 2 personnes à chaque fois en République dominicaine. Quelle honte d'être Dominicain maintenant.
Traduction des billets de l'espagnol vers l'anglais par Eduardo Ávila

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